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LES DEBUTS DE L'IMMIGRATION JUIVE EN PALESTINE


Un organisme français basé en Palestine, l'Alliance israélite universelle, créé en 1864, se propose de "regénérer" les populations juives d'Orient : il s'agit de construire des écoles, des établissements de formation professionnelle, tous liés à l'agriculture. La France accorde sa protection consulaire à l'ensemble des établissements de l'Alliance en Palestine, où l'enseignement est systématiquement dispensé en français. Les autorités ottomanes, qui peuvent en tirer profit, soutiennent ces actions, mais les Juifs de Palestine sont plutôt hostiles à cette idée de "regénération" par le travail de la terre. Ces œuvres agricoles accueillent donc surtout des immigrants juifs d'Europe de l'Est qui fuient les massacres à la fin du XIXème siècle, et ce malgré l'interdiction ottomane d'immigration juive : une première vague d'immigrants arrive en 1881 après une série de pogroms en Russie et en Roumanie. Ces populations sont prises en charge par l'Alliance et s'installent dans des colonies agricoles financées par des banquiers européens comme le Français Rotschild. Des cultures se mettent en place, mais cette entreprise demeure marginale, certains colons repartant même au bout de quelques années, une majorité d'entre eux s'installant à Jérusalem. Les colonies, en échec, font même appel à des travailleurs arabes, moins payés, pour palier à leur manque de main d'oeuvre et de moyens.


LES PREMIERES REACTIONS ARABES


Dès 1897, la presse arabe de Palestine se fait l'écho du programme du congrès de Bâle. D'abord sceptiques, les intellectuels arabes identifient au début du XXème siècle le projet sioniste comme cherchant à créer un Etat juif en Palestine.

Au début du XXème siècle, une nouvelle crise antisémite en Russie amène une nouvelle vague d'immigrants juifs en Palestine, qui pour beaucoup sont plus éduqués et politisés (nombre d'entre eux sont des activistes socialistes) que les premiers. En 1907, lors du huitième congrès sioniste, le "sionisme pratique" obtient la majorité des suffrages.

En 1908 ont lieu à Jaffa des émeutes entre Juifs et Arabes : les colons socialistes réclament l'arrêt de l'emploi d'Arabes dans les implantations agricoles, ce qui renforce bien-sûr l'hostilité arabe à l'égard des colons. Ces derniers se tournent en fait vers une agriculture collectiviste ou coopérativiste, non tournée vers le marché.

Petit à petit se forge au sein de l'Empire ottoman un nationalisme arabe, et en Palestine, l'opposition au sionisme devient un facteur de structuration de ce nationalisme naissant. Les organisations sionistes décident alors de prendre contact avec certains comités autonomistes arabes hors de Palestine : c'est ainsi qu'en 1913, les membres du Parti de la décentralisation administrative ottomane semblent donner leur accord pour une immigration juive, avec comme garantie l'égalité des droits entre Arabes et sionistes. Les responsables sionistes s'entretiennent ainsi facilement avec des Arabes à l'extérieur de la Palestine, mais jamais directement avec les Arabes de Palestine, qui ne sont pas considérés comme des interlocuteurs politiques, tant par les sionistes que par les voisins arabes.



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