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LE SIONISME PENDANT LA PREMIERE GUERRE MONDIALE


Pendant la Première Guerre mondiale, l'Organisation sioniste a proclamé sa neutralité, mais entretient des relations suivies avec l'Allemagne, alliée de l'Empire Ottoman, pour maintenir les liens avec la Palestine. En Angleterre, Chaïm Weizmann, chimiste de renom, devient président de la fédération sioniste britannique ; il rencontre des personnalités du gouvernement britannique comme Lord Balfour, qui devient en 1916 directeur des affaires étrangères sous le cabinet de coalition formé par Lloyd George. Ce gouvernement, sensible aux "affaires d'Orient", souhaite une action militaire. La Grande-Bretagne plaide pour un protectorat britannique ou américain en Palestine, et les projets sionistes intéressent Londres, puisqu'ils permettent de justifier la mise en place d'un protectorat et de constituer une zone tampon entre la Syrie (protectorat français) et l'Egypte. Les actions en faveur du sionisme sont renforcées par l'éclatement de la Révolution russe : en effet, les Alliés pensent que les Juifs ont joué un rôle dans la révolution de février 1917 et qu'il faut donc favoriser leur départ pour la Palestine, afin que la Russie reste en guerre.

A la fin de la guerre, l'Empire Ottoman étant mort, les Britanniques et les Français se disputent l'influence sur les anciens territoires ottomans.


LA DECLARATION BALFOUR


En juillet 1917 se constitue un projet de déclaration britannique, prévoyant l'établissement d'un foyer national pour le peuple juif en Palestine. Le président américain Wilson y est favorable mais ne souhaite pas s'engager officiellement.

Le 2 novembre 1917, Balfour adresse cette lettre à Rotschild : "Le gouvernement britannique envisage favorablement l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif et emploiera tous ses efforts pour la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte aux droits civils et religieux des collectivités non-juives existant en Palestine, soit aux droits et au statut politique dont les Juifs disposent dans tout autre pays".


LES REACTIONS ARABES ET LES PREMIERES TENTATIVES DE "CONCILIATION"


Les Arabes sont définis dans la déclaration Balfour comme une "collectivité non-juive", ne disposant pas de droit politique. Après la guerre, des réactions de protestation se font entendre en Palestine contre cette déclaration ; le gouvernement britannique tente une entente entre Faysal (souverain de Syrie) et les sionistes, en résulte un accord très ambigu signé en janvier 1919 : l'immigration juive en Palestine sera libre, et l'Organisation sioniste aidera au "développement de l'Etat arabe". Mais cet accord est caduc à cause de l'échec des revendications arabes d'indépendance à Versailles. Faysal revendique la Palestine comme une partie du royaume arabe de Damas. Les nationalistes arabes d'origine palestinienne soutiennent ce projet et se rapprochent de la France : ils sont prêts à accepter une tutelle française à l'intérieur d'une "Syrie intégrale" si la France refuse tout projet sioniste.

Les Arabes demeurés en Palestine s'organisent : les grands notables urbains demeurent peu sensibles aux appels nationalistes de Damas. En janvier 1919 a lieu un congrès islamo-chrétien à Jérusalem ; les Arabes y demandent l'application du principe du droit des peuples ainsi qu'un rattachement à la Syrie, tout en refusant un mandat français sur la Palestine : le congrès souhaite une tutelle britannique, si toutefois les Anglais refusent les projets sionistes.

En mars 1920, les nationalistes arabes de Galilée opèrent un raid sur la Galilée et font quelques morts parmi la population juive. Dès lors, certains Juifs commencent à s'armer clandestinement. Les quartiers juifs de Jérusalem sont attaqués en avril 1920, faisant 9 morts et 224 blessés. Le maire arabe de Jérusalem est démis de ses fonctions par les autorités britanniques. En mai 1921, des troubles ont lieu à Jaffa puis dans le centre de la Palestine, les affrontements faisant 90 morts juifs et 62 morts arabes... C'est dans ce contexte qu'est établi le mandat britannique en Palestine, en 1922.



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