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LA PALESTINE SOUS MANDAT BRITANNIQUE DANS LES ANNEES 1920


La Palestine mandataireLa Palestine mandataire couvre le territoire qui s'étend du nord de la Galilée au désert du Néguev, et du littoral méditerranéen au Jourdain. Herbert Samuel est nommé haut-commissaire en juin 1920, il est favorable au sionisme et promet de mettre en œuvre les conditions de l'épanouissement du foyer national juif : il octroie des terres et des concessions industrielles aux sionistes et délivre des certificats d'immigration aux Juifs qui fuient la guerre civile russe. Il tente également de se concilier avec les Arabes, en amnistiant par exemple les émeutiers arabes condamnés en avril 1920.

Les Palestiniens abandonnent quant à eux l'idée d'unité arabe et le projet de Grande Syrie, et demandent l'arrêt du sionisme et l'établissement d'un Etat arabe sous influence britannique. Après les troubles de mai 1921, Samuel décide de suspendre l'immigration juive : en juin 1922, Londres publie un Livre Blanc qui affirme qu'il n'y aura pas d'Etat juif en Palestine, mais seulement le développement d'une communauté avec ses propres institutions. Cependant, les Arabes doivent reconnaître la déclaration Balfour s'ils veulent participer à l'hypothétique libre-gouvernement arabo-juif. Sur la base du Livre Blanc, la charte du Mandat est adoptée en juillet 1922, puis ratifiée par la SDN (Société des Nations) : son article 2 reprend en fait à peu près les termes de la déclaration Balfour.
Les Arabes refusent de reconnaître la déclaration Balfour et boycottent les institutions mandataires. Samuel a essayé de mettre en place une assemblée législative arabo-juive, mais les Arabes boycottent les élections. La seule organisation institutionnelle arabe est en fait religieuse, et occupe une place prédominante dans le monde arabe et musulman : autour du mufti de Jérusalem Hadj Amin Al-Husseini, les Musulmans s'organisent en communauté, tandis que les Juifs se constituent en peuple autonome refusant toute collaboration économique et sociale avec les Arabes. A cause de ce développement séparé, il n'y a pas de citoyenneté palestinienne, ni d'identité régionale associant les Juifs et les Arabes.

Le "retour à la terre", inspiré par les idées socialistes, dit que le travailleur juif ne doit pas exploiter d'autres travailleurs, il n'y a donc pas d'ouvriers arabes employés dans les entreprises juives. Mais la population juive de Palestine demeure essentiellement urbaine ; dans les campagnes, 90% des exploitations juives sont individuelles, le collectivisme voulu par les sionistes ne concernant qu'une minorité.

Une armature institutionnelle se constitue au sein de la communauté juive de Palestine, avec la création d'un Syndicat socialiste confédéré, de l'Agence juive (afin d'organiser le développement des implantations juives), mais aussi d'une milice armée, la Haganah. Les Juifs de Palestine prennent petit à petit le contrôle de l'Organisation Sioniste Mondiale, dont le leader, David Ben Gourion, devient le chef des socialistes juifs de Palestine.

La propriété juive en Palestine demeure essentiellement collective : résultant de l'achat de terres par les organisations sionistes, ces propriétés dites "inaliénables" ne peuvent être rétrocédées aux Arabes. Dans les années 1920, les sionistes acquièrent des lots importants par des propriétaires libanais et syriens ne résidant plus en Palestine. Les tenanciers arabes qui occupent ces terres sont expulsés, mais le gouvernement britannique exige un relogement aux frais des sionistes.

Une part des terroirs arabes est en propriété privée, l'autre est publique. Le taux de natalité arabe palestinien étant l'un des plus forts du monde, cela créé une surpopulation du monde rural arabe de Palestine et un exode vers les villes. Les sionistes ne peuvent désormais acquérir de terres qu'au prix d'une dépossession des Arabes.



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