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LES EVENEMENTS D'AVRIL 1936


Le 15 avril 1936, deux Juifs sont assassinés près de Naplouse par les membres d'un groupe arabe extrêmiste. En représailles, deux Arabes sont tués par des radicaux juifs. Le 19 avril, des ouvriers agricoles arabes tuent neuf Juifs dans la région de Jaffa. Le gouvernement britannique proclame l'état d'urgence, et les violences se poursuivent.
Les Arabes de toute la Palestine se lancent alors dans une grève spontanée, que les partis politiques arabes décident de soutenir. Ainsi, les partis créent le Comité suprême arabe, présidé par le mufti. En mai, les populations rurales entrent en jeu, des bandes attaquent britanniques et sionistes ; ils sont rejoints par des volontaires syriens. Les chefs d'Etat arabes appellent à la fin de la grève, ce qu'accepte le Comité suprême en échange de la garantie d'un soutien arabe face aux Anglais.


LE PLAN PEEL


Une commission d'enquête présidée par Lord Peel est mise en place ; ses investigations contribuent à apaiser les tensions en Palestine, tout comme la limitation de l'immigration juive pendant cette période. En juillet 1937, le rapport de la commission dit que la coexistence entre Arabes et Juifs dans une même entité nationale est impossible. Il préconise un partage de la Palestine : les Juifs recevraient la plus grande partie du littoral ainsi que la Galilée, les britanniques domineraient un "corridor" allant de Jérusalem à la mer, tout le reste formerait un Etat arabe fusionné avec la Transjordanie. Des transferts de population sont envisagés par les Anglais (transfert de Palestiniens des territoires juifs vers l'Etat arabe).

Le plan Peel est refusé catégoriquement par les Arabes (plusieurs raisons sont invoquées, en particulier le fait que la région juive est la plus riche sur le plan économique). Le comité suprême réclame l'indépendance immédiate ainsi que l'arrêt de l'immigration juive, les modérés veulent un Etat unitaire palestinien, tandis qu'une minorité radicale de sionistes crée sa propre force militaire, distincte de la Haganah : l'Irgoun. Pour Ben Gourion, le plan Peel accorde aux sionistes ce qu'ils n'espéraient plus : un Etat juif, une totale liberté d'immigration, et un territoire destiné à être ethniquement homogène ; cela marque l'abandon provisoire des revendications sionistes sur l'ensemble de la Palestine. Mais de très nombreux sionistes s'opposent au plan Peel, et ils sont majoritaires lors du congrès sioniste de 1937.

Après le plan Peel, la coordination des efforts arabes contre le sionisme s'intensifie. Les plus radicaux demandent la constitution immédiate d'un Etat arabe palestinien indépendant avec la garantie de la protection de la minorité juive. En 1937, l'agitation reprend en Palestine ; cette fois, le gouvernement britannique se veut plus ferme : la classe politique arabe palestinienne est durement touchée par la répression. En septembre 1937, le commissaire britannique pour la Galilée est assassiné par des activistes arabes car il est accusé de préparer l'expulsion des Arabes de la région. Le Comité arabe suprême est dissout par le gouvernement britannique, le mufti de Jérusalem est relevé de toutes ses fonctions officielles et s'enfuit au Liban.



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