La grande révolte des Arabes de Palestine éclate à
la fin de l'année 1937, dans toute la région ; elle a un grand succès dans les régions rurales où des
bandes armées paysannes solidement organisées attaquent les voies de communication et les implantations
juives. Dans les principales villes, les révoltés parviennent un temps à prendre le contrôle des vieux
quartiers du centre-ville. Tout Arabe accusé de collusion avec les sionistes ou les Britanniques est
exécuté : une véritable guerre civile se déroule en plus de l'insurrection. Les Druzes palestiniens
refusent d'entrer en rébellion et préfèrent collaborer avec les sionistes : les villages druzes sont
attaqués par les Musulmans. Les paysans en rébellion imposent un moratoire sur les dettes et une
taxation des notables pour financer le mouvement et obligent les citadines à porter le voile ; ils
portent le kefieh blanc et noir (coiffure traditionnelle des paysans), qui devient le symbole de la
lutte arabe palestinienne. La plupart des notables, inquiets, se rangent du côté britannique ou
s'enfuient vers les pays voisins. Les Britanniques détruisent les maisons suspectes et exécutent
sommairement ; ils utilisent également des commandos issus de la Haganah, tandis que l'Irgoun organise
des attentats à la bombe contre les populations arabes civiles.
Cette révolte dure près d'un
an, et s'essouffle fin 1938 ; elle a mobilisé un grand nombre de soldats britanniques, et la
Grande-Bretagne ne peut plus se permettre de dépenser autant de moyens sur un si petit territoire, les tensions
se faisant de plus en plus vives en Europe.
Durant la révolte palestinienne, des discussions
ont eu lieu entre sionistes et personnalités arabes non-palestiniennes, qui proposent un statut de
minorité pour les Juifs dans un Etat arabe palestinien, ainsi qu'un quota d'immigration. Les Anglais
désignent une nouvelle commission chargée d'étudier les conditions d'application du plan Peel ;
cependant, Londres est rapidement convaincu que le plan de partage est inapplicable : il faut arriver à
un accord entre Juifs et Arabes. En réaction à la remise en cause du plan Peel, certains sionistes
lancent une active campagne d'opinion aux USA, mais Roosevelt refuse d'intervenir dans la gestion du
dossier. La seule issue possible est une conférence.