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LA CONFERENCE DE SAINT JAMES


La classe politique arabe palestinienne est éliminée ou en exil, les Arabes sont donc représentés à la conférence par des représentants des autres Etats arabes : sont présents des délégués d'Egypte, de Transjordanie, d'Arabie Saoudite et d'Irak, la France ayant refusé la présence de Syriens et de Libanais. Ces représentants arabes facilitent la création d'une délégation palestinienne constituée par les partisans du mufti rappelés d'exil. La conférence a lieu en février 1939 à Saint James, en Grande-Bretagne : il s'agit d'une suite de rencontres bilatérales entre Arabes et Britanniques, et entre sionistes et Britanniques. Des entretiens entre Arabes et sionistes ont lieu officieusement, mais sans présence palestinienne.

Les Britanniques proposent que les Arabes aient un droit de veto sur l'immigration juive et les Juifs un droit de veto sur l'indépendance de la Palestine. Evidemment, les deux parties refusent, et la conférence est ajournée.


LE LIVRE BLANC DE 1939


Un nouveau Livre Blanc est publié en 1939 : la Grande-Bretagne déclare n'avoir jamais eu la volonté de faire de la Palestine un Etat pour les Juifs contre la volonté de la population arabe, mais de mettre en place un développement communautaire. D'autre part, la Palestine ne doit pas être partagée. Enfin, est proposée à nouveau la solution du double veto, pour aboutir à la mise en place d'institutions arabo-juives de libre-gouvernement et à l'établissement d'un Etat palestinien indépendant, qui a 10 ans pour s'établir.
L'immigration juive est pour la première fois limitée (et ce à la veille de la Shoah), les autorités ne pouvant délivrer que 75 000 certificats pour les cinq années à venir ; au-delà de ces cinq années, l'approbation des Arabes sera nécessaire.
De plus, une législation des transferts de terres limitera les ventes de terres arabes aux Juifs. C'est un succès considérable pour les Arabes, poussés à accepter par les Etats voisins. Mais le mufti et ses partisans rejettent car le projet britannique retarde la date d'indépendance de la Palestine d'au moins dix ans ; de plus, les membres du Comité suprême sont maintenus en exil et la répression se poursuit (6000 Arabes sont emprisonnés en 1939). Les sionistes rejettent évidemment catégoriquement le projet britannique, et se lancent dans une politique d'immigration clandestine et de création de nouvelles implantations, en dépit de l'interdiction des autorités, tandis que l'Irgoun poursuit ses attentats contre les Arabes mais également contre la présence britannique.


Sources

Paix et guerre au Moyen-Orient, Henry Laurens
Le Moyen-Orient au vingtième siècle, Henry Laurens et Vincent Cloarec
La question de Palestine, tome I et II, Henry Laurens


PJ
mise en ligne : 19.02.2003




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