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CHAPITRE II

VERS LA CREATION DE L'ETAT JUIF :
LA PALESTINE PENDANT ET APRES LA SECONDE GUERRE MONDIALE
DU LIVRE BLANC DE 1939 A L'INDEPENDANCE D'ISRAËL (15 MAI 1948)

QUELQUES DONNEES DEMOGRAPHIQUES ET ECONOMIQUES


En 1944, les Juifs, forts d'une importante immigration avant 1939 (surtout des jeunes adultes), représentent un tiers de la population totale en Palestine, qui compte 554 000 Juifs et 1 179 000 Arabes (dont 130 000 chrétiens).

La population arabe est dans une phase de rattrapage scolaire, et elle est la plus éduquée du monde arabe après le Liban à cette époque. 32,5 % des Arabes sont scolarisés (avec un taux très supérieur pour les chrétiens), contre 97 % des Juifs, l'écart entre les deux communautés s'expliquant en partie par le regroupement de la population juive dans les villes, alors que la population arabe demeure majoritairement rurale. La demande musulmane pour un effort de scolarisation est forte, mais les Britanniques n'en font pas une priorité.

Dans le secteur agricole, les exploitations les plus lucratives (exportant agrumes et bananes) sont globalement équitablement réparties entre les deux communautés, mais le reste du domaine agricole est majoritairement arabe, et ce malgré les efforts d'appropriation des terres par les sionistes. Pour les Juifs, le secteur agricole n'a pas pour principale finalité le commerce et l'argent, le but étant avant tout d'acquérir du territoire grâce à un "retour à la terre" volontariste.

Pendant le second conflit mondial, l'effort de guerre britannique contribue à l'enrichissement des deux communautés, ce qui permet au Yichouv (nom donné à l'implantation juive en Palestine) de s'industrialiser, tandis que le paysannat arabe se débarrasse de son endettement.

La répartition sur le territoire palestinien est la suivante : les espaces intérieurs des hauteurs sont essentiellement constitués de gros villages arabes ; la population juive est concentrée à Jérusalem et dans les régions littorales, qui sont également les régions les plus attractives pour les Arabes en exode rural. La répartition spatiale va en fait dans le sens d'un éparpillement en "cantons" juifs et arabes, et non dans celui de la constitution de grands ensembles territoriaux homogènes. Cette répartition implique l'impossibilité d'un partage satisfaisant : l'hypothétique Etat juif ne pourrait se passer des régions littorales peuplées majoritairement de Juifs, mais ce sont ces mêmes régions qui accueillent les paysans arabes en exode.



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