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BRITANNIQUES ET AMERICAINS


Le parti travailliste anglais, avant d'arriver au pouvoir, avait manifesté de la sympathie pour les sionistes et envisageait un "transfert" de la population arabe. Mais Ernest Bevin, nouveau ministre de l'intérieur britannique, décide de maintenir la politique du Livre Blanc de 1939.

Le président américain Truman déclare publiquement qu'il est favorable aux sionistes, et assure les Arabes qu'ils seront systématiquement préalablement consultés ; il a besoin du vote juif, et ce sont des Juifs qui ont constitués les fonds électoraux du parti démocrate ; il demande en juillet 1945 100 000 certificats d'immigration aux Anglais pour des personnes déplacées juives d'Europe. Les Anglais refusent, et les Arabes s'inquiètent du non-respect de ses engagements par le président américain.

En octobre 1945, Bevin propose la formation d'une commission d'enquête anglo-américaine sur le sort des Juifs d'Europe ; Truman étend l'enquête aux possibilités d'émigration en dehors d'Europe et spécifiquement en Palestine. Les conclusions de cette enquête sont les suivantes : il est nécessaire de maintenir un mandat ou une tutelle des Nations Unies, et il faut démanteler la plus grande partie des résolutions du Livre Blanc. Est proposée comme solution un développement économique des Arabes pour rattraper leur retard sur le niveau de vie des Juifs, ce qui constitue une illusion économique pour régler un problème politique et national. Ce rapport est jugé inacceptable par les deux parties, tandis que Truman insiste sur les 100 000 certificats et que les Anglais veulent une participation financière et militaire des Etats-Unis en Palestine, région dont la gestion devient un poids pour l'administration britannique, mais Truman refuse. La situation est dans une impasse totale.


L'ABANDON BRTANNIQUE ET L'APPARITION DE L'ONU


En juillet 1946, l'Irgoun fait sauter l'hôtel King David à Jérusalem où se trouve le quartier général de l'armée britannique et fait 92 morts. Ce même mois, les Anglais proposent un plan de division de la Palestine en provinces autonomes ; Truman est enclin à accepter ce projet, mais les Juifs influents aux Etats-Unis exercent de fortes pressions sur le président américain.

Les Etats arabes proposent aux Britanniques le constitution d'un Etat arabe palestinien sur le modèle du système confessionnel libanais, tandis que Truman se dit favorable à un partage de la Palestine entre Juifs et Arabes. Ben Gourion s'oppose à l'idée d'une Palestine binationale, et Abdallah de Jordanie propose aux Juifs un partage de la Palestine entre sionistes et Jordaniens, ou encore l'intégration de la Palestine à un grand royaume arabe où les sionistes bénéficieraient d'une large autonomie, projets auxquels s'opposent le mufti de Jérusalem et les autres Etats arabes.

En février 1947, Bevin propose une libre émigration juive contre l'indépendance de la Palestine dans un délai de cinq ans. Les sionistes avancent un projet de partage qui leur donnerait la plus grosse partie, tandis que les Arabes demandent l'indépendance immédiate de la Palestine.

Complètement dépassé par les évènements et la situation de plus en plus compliquée, Bevin décide de transmettre le dossier palestinien à l'ONU le 18 février. C'est l'abandon britannique.



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