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LA SIGNATURE DES ARMISTICES AVEC L'EGYPTE, LE LIBAN, LA JORDANIE ET LA SYRIE, OU LA PROMESSE DE MULTIPLES CONFLITS


Ralph Bunche, médiateur de l'ONU, organise les armistices :

- Les premières négociations ont lieu entre Egyptiens et Israéliens. Le 24 février 1949, l'accord d'armistice entre l'Egypte et Israël est signé et sert de modèle pour les autres Etats arabes. Dès le 4 mars 1949, les Israéliens s'emparent du sud du Néguev et de l'accès au golfe d'Aqaba : justifiée par le plan de partage, cette opération est baptisée "fait accompli". Le cessez-le-feu est rétabli le 11 mars, et l'Angleterre, inquiète pour la Jordanie, envoie des renforts à Aqaba. L'Egypte s'indigne et accuse les Israéliens d'avoir violé l'armistice ; elle ne reconnaît pas la conquête et s'oppose à l'accès des Israéliens à la Mer Rouge. C'est le début du contentieux qui causera les guerres de 1956 et de 1967.

- L'armistice avec le Liban est signé le 23 mars 1949, et Israël évacue quatre villages libanais. De chaque côté de la frontière est constituée une zone démilitarisée, dans laquelle chaque armée peut poster 1 500 soldats au maximum. Cette zone est le futur théâtre d'affrontements meurtriers.

- Avec la Jordanie, désormais souveraine sur la Cisjordanie, le débat se porte très vite sur le retrait des Irakiens du sud de la Cisjordanie. Les Irakiens, au nombre de 11 000 dans la Légion arabe, refusent de négocier avec Israël. Le 18 mars, Israël lance un ultimatum à la Jordanie, en déclarant qu'elle accepte la présence de la Légion arabe si elle acquiert du territoire en plus. Abdallah demande l'aide américaine, mais les Américains l'abandonnent. Les Jordaniens cèdent du territoire à Israël qui s'engage à respecter les droits des Arabes concernés. Mais 12 000 à 15 000 Arabes sont expulsés fin juin ; accusée d'avoir violé le traité, Israël répond qu'il valait mieux pour ces Arabes de ne pas retourner en Israël étant donné le traitement qui les attendait. L'armistice avec la Jordanie est finalement signé le 3 avril 1949, mais Israël ne reconnaît pas l'annexion de la Cisjordanie par la Jordanie et se réserve donc des possibilités d'action dans l'avenir.

- Avec la Syrie, la question porte sur le statut du territoire palestinien que les Syriens tiennent encore. Les Israéliens exigent le retrait des troupes ; Zaïm, nouveau maître de la Syrie, propose à Ben Gourion l'installation d'au moins 250 000 réfugiés palestiniens au nord de son pays. Ben Gourion demande de nouveau le retrait, et Zaïm propose d'accueillir 50 000 réfugiés de plus. Dans l'impasse, la Syrie s'engage finalement à évacuer la zone à condition qu'elle soit démilitarisée. C'est la naissance de la future question du Golan.

La droite israélienne nationaliste de Begin reproche à Ben Gourion de ne pas avoir conquis toute la Palestine ; ce dernier déclare que pour rendre les conquêtes irréversibles, il faut remplacer les Arabes par des immigrants juifs sur les propriétés confisquées : l'appropriation du sol doit passer avant l'expansion territoriale.

De nouvelles rencontres ont lieu à Jérusalem pour délimiter plus précisément les lignes d'armistice, mais elles sont un échec en raison de l'attitude d'Israël qui exige beaucoup et ne concède rien.


LE SORT DE JERUSALEM


La commission propose fin août 1949 que les deux zones (arabe et juive) de Jérusalem soient démilitarisées et que soit mise en place une supervision internationale pour les affaires communes. La Jordanie et Israël refusent ce projet, tandis que les autres Etats arabes veulent l'internationalisation de la zone. C'est cette dernière solution qui triomphera au vote de l'ONU le 9 décembre 1949.



La Palestine après la guerre de 1948-1949

La Palestine après la guerre de 1948-1949


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