LA CRISE DE SUEZ ET LA GUERRE DE SIX JOURS : OCCUPATIONS
ISRAELIENNES, RESISTANCE PALESTINIENNE, ET ETATS ARABES DE 1956 A "SEPTEMBRE NOIR" (SEPTEMBRE 1972)
LA CRISE DE SUEZ ET SES CONSEQUENCES DIRECTES
Le 26 juillet 1956,
le président égyptien Nasser annonce la nationalisation de la compagnie du canal de Suez,
compagnie à capitaux essentiellement français et britanniques. La France et la Grande-Bretagne préparent
une riposte avec l'aide d'Israël, qui s'inquiète de l'antisionisme virulent de Nasser. L'opération
militaire lancée par les trois pays le 29 octobre 1956 est condamnée par l'ONU ; l'URSS menace Français
et Britanniques d'intervenir ; les Etats-Unis font également pression sur leurs alliés, contraints à un
retrait humiliant, triomphal pour Nasser, qui se pose désormais comme leader du monde arabe et
personnage clé de la question palestinienne dans les années 60.
Après la crise de Suez, des
forces de l'ONU sont mises en place dans le Sinaï et à Gaza, territoires occupés par l'Egypte, tandis
que le roi Hussein de Jordanie reprend son royaume en main. La guerre des frontières est ainsi
provisoirement arrêtée, même si des incidents périodiques ont lieu entre Israël et la Syrie dans les
zones démilitarisées. La violence est donc au plus bas, mais les problèmes sont très loin d'être
réglés, les Etats arabes refusant de reconnaître Israël, et Israël continuant d'envisager la conquête de
la Cisjordanie.
LE PROGRAMME STRATEGIQUE ISRAELIEN
Ben Gourion met
en place une stratégie secrète d'encerclement des Etats arabes frontaliers : il s'agit de constituer une
alliance secrète avec l'Iran, la Turquie, l'Ethiopie et le Soudan, et d'ainsi permettre une collusion
entre alliés des Etats-Unis et ennemis du monde arabe. Cette entreprise renforce l'image impérialiste
d'Israël chez les Arabes. Dans le même temps, Shimon Pérès organise le programme nucléaire
israélien, soutenu par la France qui a promis d'aider Israël à se doter de l'arme nucléaire. Israël
continue également le détournement des eaux du Jourdain.