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LE SOMMET DU CAIRE ET LA CREATION DE L'OLP


En décembre 1963 se tient le sommet du Caire entre tous les monarques et chefs d'Etats arabes. Les Etats arabes ne peuvent pas faire la guerre à Israël, mais ils mettent au point un projet de détournement des eaux des affluents du Jourdain. Israël fait savoir que la mise en place d'une telle politique constituerait un casus belli.

La décision la plus importante du sommet est la création d'un organisme représentatif des Palestiniens, l'OLP, dont l'administration est confiée à Ahmad Al-Shuqayri. Nasser renonce à ses projets d'intégration de la Palestine dans une union arabe, et Shuqayri organise le premier congrès national palestinien (CNP) à Jérusalem en mai et juin 1964, avec 348 délégués ; le discours inaugural y est prononcé par le roi Hussein.

Le CNP décide de la constitution d'une armée de libération de la Palestine (ALP) composée de contingents militaires palestiniens intégrés dans les différentes armées régulières arabes. Une instance exécutive est élue (le CEOLP, Comité exécutif de l'OLP), présidé par Shuqayri. Le CNP se réunira régulièrement pour élire son Comité exécutif et définir l'orientation politique de l'OLP. La charte palestinienne prévoit la formation d'un embryon d'Etat disposant des institutions nécessaires pour exercer une action intérieure et extérieure, à travers la constitution d'institutions politiques, économiques, syndicales, culturelle et militaires.


LA REACTION DU FATAH OU LA NAISSANCE DE LA RESISTANCE PALESTINIENNE


Les radicaux du Fatah craignent un alignement trop grand de l'OLP sur la politique de Nasser, qui entraînerait la canalisation de la résistance palestinienne. En 1964, Arafat se rend à Alger où il obtient l'aide du président Ben Bella. Les militants du Fatah recevront en Algérie une formation à la guérilla. Abou Jihad, autre fondateur du Fatah, noue des rapports fructueux avec la Chine, l'URSS, la Corée du nord et le nord Vietnam ; il se rend avec Arafat à Pékin en 1964, et le Fatah entre ainsi dans la mouvance des grands mouvements révolutionnaires des années 60, et ce malgré son contenu fondamentalement nationaliste.

Le mufti à quant à lui vu la fin de sa carrière politique avec la création de l'OLP, qui doit faire face à une expression de plus en plus radicale de la part de la jeune génération palestinienne ; Shuqayri se lance ainsi dans un extrémisme verbal face à Israël, en préconisant l'expulsion des Juifs et la destruction d'Israël, et cet extrémisme coûte cher à l'OLP. Plus tard, Shuqayri sera durement jugé par les Palestiniens, qui voient en lui le responsable de l'image catastrophique donnée à leur cause.

Les radicaux palestiniens ne se contentent pas de discours : en décembre 1964, un commando sabote une installation israélienne de pompage des eaux du Jourdain ; d'autres opérations sont ainsi menées et revendiquées depuis Beyrouth par la branche militaire du Fatah, Al-Asifa ("la tempête").

Distincte de l'OLP, la résistance palestinienne véritable vient de naître. Les Etats arabes sont inquiets des conséquences de l'existence d'une telle organisation qui, en trois ans, va revendiquer près de 300 opérations. Elle est constituée d'environ 300 combattants de moins de 25 ans, génération qui n'a connu que les camps de réfugiés. Leur efficacité est cependant loin d'atteindre celle des commandos des années 50, même s'ils irritent considérablement Israël.

Outre le Fatah, le MNA est également une organisation importante pour la résistance palestinienne ; elle est au pouvoir dans le sud Yémen, s'oriente vers le marxisme-léninisme, et deviendra après la guerre de 1967 le FPLP (Front de libération populaire de la Palestine) dirigé par Habache.



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