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LA RESISTANCE PALESTINIENNE ET LES ETATS ARABES : TENSIONS EN JORDANIE ET EN SYRIE


Les responsables ont crée l'OLP pour éviter une radicalisation des revendications palestiniennes et pour ne pas risquer une guerre avec Israël ; mais ils ont été obligé de radicaliser leur discours et leur comportement, devant l'importance et l'influence du discours radical du Fatah.

L'OLP essaie de s'implanter en Cisjordanie, ce qui pousse la Jordanie à rompre ses relations avec l'OLP en 1966, rupture qui n'entraînera presque aucune réaction au sein de la population palestinienne de Jordanie, ce qui montre la faiblesse de l'OLP. L'Egypte critique la Jordanie et pratique une escalade verbale avec Israël. L'Egypte et la Jordanie ne font plus de différence entre Israël, les Arabes conservateurs, et l'impérialisme américain. La Syrie et l'Egypte se rapprochent sous l'influence soviétique, et se lancent dans une violente guerre de propagande contre la Jordanie. Le néo-bath, en Syrie, soutient l'OLP et les incidents se multiplient sur le Golan avec Israël. Pour la Syrie encore plus que pour l'Egypte, le combat contre Israël et indissociable de la lutte contre l'impérialisme et du conflit avec les régimes conservateurs arabes. Au début 1967, le monde arabe est très divisé et la Ligue arabe est impuissante.

Israël réplique par des opérations de représailles sur les commandos palestiniens, identifiés à la Syrie. Le village jordanien de Samou est attaqué par Israël qui veut montrer sa détermination face aux attaques des commandos du Fatah. Les réactions de la population palestinienne sont violentes, et le régime jordanien est mis en accusation. L'ancien mufti de Jérusalem est invité en Jordanie pour faire face à l'OLP ; Hussein est persuadé qu'Israël veut s'emparer de la Cisjordanie. Dans la zone démilitarisée à la frontière syrienne, les Syriens bombardent les implantation israéliennes, et Israël réplique, en mai 67, en multipliant les déclarations sur la possibilité d'une attaque contre Damas. Le 15 mai a lieu à Jérusalem une grande parade de l'armée israélienne, et le président du Conseil israélien Eshkol annonce une série de ripostes contre les Palestiniens terroristes entraînés en Syrie.


LA REACTION DE NASSER ET LA POLITIQUE D'ISRAËL : VERS UNE GUERRE INEVITABLE


Nasser est forcé d'aller au secours de la Syrie, il ordonne à son armée de prendre position dans le Sinaï le 15 mai. Le 16, l'Egypte demande à l'ONU de retirer ses forces de la frontière internationale avec Israël ; l'ONU accepte, mais elle se retire également de tout le territoire égyptien (donc de Gaza). Le 18 mai, Israël mobilise.

Nasser interdit le 22 mai le détroit de Tiran à la navigation israélienne, pour effacer les séquelles de la crise de Suez et revenir à la situation créée par les accords d'armistice. Mais Nasser va plus loin et déclare le 29 mai qu'il souhaite "revenir à la situation de 1948", ce qui est évidemment inacceptable pour Israël, dont la population s'inquiète du ton belliqueux de la presse arabe.

L'Egypte n'a pas les moyens de faire la guerre, et Nasser accepte les offres américaines de médiation, sachant que sa conduite lui permet de reprendre le leadership du monde arabe. Le 1er juin, la Jordanie signe un pacte de défense commune avec l'Egypte, Hussein sachant que les Palestiniens réfugiés en Jordanie ne peuvent admettre une abstention de son pays : le roi préfère mener une guerre contre Israël que faire face à une guerre civile. Le 4 juin, l'Irak se joint au pacte. Cependant, les Etats arabes sont plus inquiets et motivés par leurs rivalités que contre Israël, et ils sont toujours aussi méfiants les uns des autres. De plus, leurs armées n'ont aucune expérience de coopération.

L'inquiétude grandit en Israël, avivée par des déclarations bellicistes de Shuqayri, ce qui conduit à une crise politique interne : finalement, le 1er juin 1967, Dayan devient ministre de la Défense et Begin, chef de file de la droite nationaliste, entre au gouvernement d'union nationale, destiné à faire la guerre. Les Etats-Unis ne s'y opposeront pas, considérant cette guerre comme légitime, les excès verbaux de Shuqayri étant de surcroît d'une grande aide pour la propagande israélienne.

Cette guerre est due à l'affirmation du nationalisme palestinien pendant les années 60, et aux réactions des Etats arabes et d'Israël à ce phénomène.

La motivation essentielle d'Israël est la préservation des faits accomplis, donc la volonté d'expansion et le refus de faire des concessions aux Arabes de Palestine ; comme à l'origine, la Palestine est le théâtre d'une opposition entre le nationalisme palestinien et le mouvement sioniste.



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