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LE DEBUT DES NOUVELLES DISCUSSIONS : MADRID PUIS WASHINGTON


Finalement, la conférence de paix israélo-arabe s'ouvre à Madrid le 30 octobre 1991. L'OLP ne participera pas officiellement au processus, et les Palestiniens de la diaspora et de Jérusalem en sont exclus. Elles sont placées sous le principe de l'échange de "la terre contre la paix" et visent à l'application des résolutions 242 et 338 de l'ONU.

Les Israéliens affirment vouloir continuer la colonisation des territoires occupés, tout en demandant l'arrêt de toute violence. Les Palestiniens réclament un transfert de compétences pour les territoires occupés. Devant l'intransigeance israélienne et l'absence de perspective de discussions, la conférence est rapidement levée ; les Etats-Unis proposent une nouvelle rencontre à Washington. Les Palestiniens acceptent, mais pas les Israéliens, qui y sont finalement forcés par les Etats-Unis. Les premières rencontres ont lieu le 9 décembre, puis périodiquement. Mais aucun progrès notable n'en sort.

Au fil des sessions, l'OLP se trouve de plus en plus clairement et publiquement associée au processus, et des délégués de Jérusalem sont admis sur la table des négociations.


LA SITUATION EN ISRAËL ET EN PALESTINE A L'ARRIVEE DES TRAVAILLISTES AU POUVOIR


La violence demeure dans les territoires occupés, ainsi que les déportations de Palestiniens hors du pays. Les Palestiniens répliquent par des attentats individuels contre les colons.

Les Palestiniens (dont la délégation est composée de deux commissions, l'une majoritairement palestinienne mais composée d'aucun membre de l'OLP, l'autre jordanienne) proposent à Washington un plan comprenant le retrait des forces israéliennes et leur remplacement par des forces des Nations unies, ainsi que l'élection d'un gouvernement intérimaire chargé d'administrer les territoires, en attendant que leur statut définitif soit décidé. Shamir affirme que les colonies sont éternelles et qu'il ne faut pas avoir peur du plan d'autonomie, qui ne portera atteinte ni au développement des colonies, ni à la sécurité des habitants juifs des territoires.

Rabin, nouveau chef travailliste, s'inquiète publiquement du danger que constitue à l'intérieur du "Grand Israël" la présence de plusieurs millions de Palestiniens.

Le 23 juin 1992, Rabin remporte les élections israéliennes. Le nouveau gouvernement annonce le gel dans la création de nouvelles implantations mais refuse d'empêcher la croissance naturelle de celles qui existent. La colonisation n'est donc absolument pas remise en cause ; de plus, Israël conservera la charge de la sécurité des habitants juifs des territoires occupés, même en cas de mise en place de l'autonomie palestinienne. L'Administration Bush donne son soutien sans réserve à Rabin, ainsi que des garanties bancaires.


L'ACCORD INTERIMAIRE DE PAIX : 13 SEPTEMBRE 1993


Le nouveau gouvernement Rabin abandonne dans ses discours les références à un grand Israël. On affirme ne pas vouloir encourager la colonisation des territoires occupés, mais on perçoit très vite les difficultés du nouveau dialogue avec les Palestiniens. Les Israéliens refusent d'aborder toute question de fond (autodétermination des Palestiniens, degré de souveraineté de ceux-ci), évoquent le principe d'un processus d'autonomie par étapes avec des élections. Les illusions d'un dialogue sont dissipées dès octobre 1992, et la violence reprend dans les Territoires occupés, et grandit des deux côtés.

En décembre, le gouvernement Rabin décide de déporter hors des territoires occupés 418 Palestiniens accusés d'être des activistes islamistes. L'OLP ordonne la suspension de la présence palestinienne lors des négociations de Washington. Le conseil de sécurité condamne l'Etat juif, mais Israël refuse de revenir sur cette décision, déclarant que toute sanction compromettrait le processus de paix.

Pourtant, dès septembre 1992, des proches de Pérès et des responsables de l'OLP s'entretiennent, et ces entretiens s'officialisent à Oslo. L'OLP devient ainsi enfin représentant officiel du peuple palestinien pour les négociations à Oslo. Ces rencontres redonnent une vie au processus de Washington : à la fin avril 93, les négociations reprennent en effet à Washington, Israël s'étant engagé à un retour des bannis. Pendant toute cette période, à Washington, Rabin s'est comporté comme s'il n'avait pour interlocuteurs que la délégation palestinienne issue des Territoires occupés. Cependant, on a pu se rendre compte de ses liens avec l'OLP, et le gouvernement israélien en a pris acte..

Le 13 septembre 93, Arafat reconnaît le droit d'Israël à vivre en paix et dans la sécurité, et accepte les résolutions 242 et 338, en rejetant la violence.



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