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CE QUE PREVOIENT LES ACCORDS D'OSLO : LA TERRE CONTRE LA PAIX


Le gouvernement israélien et l'OLP se déclarent "d'accord sur le fait qu'il est temps de mettre fin à des décennies de conflit, de reconnaître leurs droits légitimes et politiques réciproques, de s'efforcer de vivre dans la coexistence pacifique, la dignité et la sécurité mutuelle, et de parvenir à un règlement de paix juste, durable et global ainsi qu'à une réconciliation historique".

Se met alors en place pour une période transitoire de cinq ans l'autonomie de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Une période d'autogouvernement transitoire de 5 ans est décidée, à l'issue de laquelle sera instauré le "statut permanent" des territoires occupés.

Mais de nombreux points formulés en termes généraux demeurent comme autant de bombes à retardement : le renvoi des questions essentielles montre bien le caractère hypothétique du succès des accords, et il constitue le prétexte possible à une rupture des négociations. La discussion autour des problèmes les plus difficiles (notamment ceux des réfugiés, de Jérusalem, des colonies, ainsi que le problème aigu de l'eau) est en effet reportée aux négociations finales, donc cinq ans plus tard. Les réfugiés palestiniens sont toujours plusieurs millions à attendre que leur sort soit réglé ; regroupés dans des camps, victimes de plusieurs exils et souvent soumis aux discriminations des pays d'accueil, ils réclament le "droit au retour" prévu par les résolutions de l'Assemblée générale des Nations unies...

La déclaration conjointe israélo-palestinienne reflète les rapports de forces et l'état de l'opinion : l'hégémonie des Etats-Unis, alliés d'Israël, l'isolement de l'OLP après la guerre du Golfe, mais aussi une prise de conscience d'une partie de la société israélienne, après des années de violence et d'Intifada, que la paix passe nécessairement par la reconnaissance des revendications palestiniennes.


LA LECTURE ISRAELIENNE ET LES IMPASSES D'OSLO


Mais le gouvernement israélien impose dès le départ une lecture restrictive de l'accord. De nombreux engagements israéliens pris ne sont pas respectés, comme la construction d'un passage sûr entre la Cisjordanie et Gaza, la libération des prisonniers politiques palestiniens, ainsi que le règlement du droit au retour des personnes déplacées en 1967... qui sont pourtant parmi les questions fondamentales du "problème palestinien".

De plus, les barbaries du Hamas servent systématiquement de justification à des mesures unilatérales israéliennes, offrant ainsi aux islamistes une sorte de "droit de veto" sur les pourparlers de paix.

La multiplication des bouclages des "territoires autonomes" vide de tout contenu la coopération économique entre les deux parties. Les restrictions à la libre-circulation des personnes et des marchandises empêchent le commerce et le travail de dizaines de milliers de Palestiniens en Israël. Le niveau de vie de la majorité des Palestiniens s'effondre, le chômage et la pauvreté s'étendent... Le déroulement des opérations prévu par Oslo ne peut dès lors avoir lieu.

Or aucun mécanisme d'arbitrage n'avait été prévu en cas de blocage des négociations. Le gouvernement travailliste peut ainsi renier ses engagements en invoquant, par exemple, des impératifs de sécurité, soutenu bien-sûr par les Etats-Unis, seul pays qui aurait pu faire pression sur Israël.


LA POURSUITE DE LA COLONISATION ET LE DECOUPAGE DE LA CISJORDANIE (OSLO II)


Le refus israélien du principe de l'échange de la terre contre la paix est confirmé par la continuation de la politique de colonisation. En effet, entre 1993 et 1996, le nombre de colons en Cisjordanie passe de 110 000 à 145 000, et celui de Gaza de 3 000 à 5 500. La confiscation des terres et les travaux d'infrastructure sont poursuivis.

Au lieu de se retirer de l'ensemble de la Cisjordanie, à l'exception des colonies dont l'avenir ne devait être discuté que plus tard, le gouvernement Rabin impose en 1995 (accords "Oslo II") un découpage de la Cisjordanie en zones A, B et C.

- la zone A est constituée par les grandes agglomérations ; elle passe sous contrôle total palestinien - à l'exception de Hébron qui bénéficie d'un "statut spécial".
- la zone B comporte pratiquement l'ensemble des quatre cent cinquante villages de Cisjordanie ; la sécurité et la "lutte contre le terrorisme" y sont assurées par l'armée israélienne, qui garde le droit d'y pénétrer, fouiller les habitations, les détruire, procéder à des arrestations, etc.
- la zone C comprend l'essentiel de la Cisjordanie, mais est pratiquement vide de Palestiniens ; elle reste sous occupation israélienne.



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