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LA DROITE ISRAELIENNE AU POUVOIR... BILAN DES ACCORDS D'OSLO CINQ ANS APRES


Quand elle arrive au pouvoir en mai 1996, la droite israélienne, qui ne s'était ralliée aux accords d'Oslo que du bout des lèvres, durcit encore cette stratégie. La colonisation est intensifiée. Pour Nétanyahou, il ne s'agit plus seulement de renforcer et d'étendre les colonies existantes mais d'en bâtir de nouvelles.

Conformément aux appels d'Ariel Sharon, les colons prennent possession des sommets des collines. Pourtant Washington refuse, comme l'administration américaine le faisait dans les années 80, de déclarer qu'elles sont illégales... Les routes de contournement, qui permettent aux colons de se rendre en Israël sans rencontrer de villages arabes, se sont multipliées, enserrant la Cisjordanie dans un maillage étouffant.

Ainsi, après cinq ans, à l'issue de ce qui devait être la "période d'autonomie", l'Autorité palestinienne ne contrôle que 10 % de la Cisjordanie - à peine 30 % si on additionne les zones A et B - et les deux tiers de Gaza. Elle règne sur des confettis éparpillés : pour circuler d'une enclave à l'autre, un citoyen palestinien est soumis à d'interminables barrages et contrôles israéliens. Voyager à l'étranger est encore plus aléatoire et dépend totalement de la bonne volonté de l'occupant. La libre circulation des personnes reste plus que jamais un privilège pour les Palestiniens.

A travers la mise en place de structures de coopération économiques et de sécurité, Israël a créé une dépendance d'une partie des élites palestiniennes, dont le statut, les privilèges et le pouvoir sont liés à l'occupant.


"BILAN" POUR LES DEUX CAMPS


- pour Israël : à l'issue de cinq ans d'autonomie, on peut évaluer les bénéfices que le gouvernement israélien tire de cette situation. Il n'a plus, pour l'essentiel, à assurer la sécurité dans les zones palestiniennes - ce sont les policiers palestiniens qui s'en chargent. Il s'est débarrassé d'une grande partie du poids financier de l'occupation puisque la communauté internationale, par une injection massive de capitaux, aide les Palestiniens à survivre. Enfin, il a pu continuer la colonisation et l'installation de populations juives à Jérusalem-Est.

- pour l'OLP : les accords d'Oslo ont pourtant créé dans le même temps une réalité nouvelle et en partie irréversible. Le fait palestinien est désormais reconnu, y compris en Israël et aux Etats- Unis. Le soutien diplomatique à l'OLP s'est renforcé. Malgré les tendances autoritaires de l'Autorité palestinienne, de multiples institutions se sont développées - appareils d'Etat, conseil législatif élu en janvier 1996, organisations non gouvernementales - sur le territoire même de la Palestine.


CONCLUSION


C'est avec cette situation, cinq ans après les accords d'Oslo, que nous choisissons de conclure ce dossier historique sur la Palestine et Israël au 20è siècle. Depuis, l'arrivée d'Ariel Sharon au pouvoir, le déclenchement de la seconde Intifada, et la multiplication des attentats -souvent islamistes- en même temps que l'intensification de la répression sauvage et la poursuite de la colonisation par l'Etat d'Israël, ont fait évoluer le sort des Palestiniens et de la région toute entière vers une situation toujours plus dramatique qui, si des compromis ne sont pas effectués, ne peut que demeurer insoluble.


Sources


Paix et guerre au Moyen-Orient, Henry Laurens
Le Moyen-Orient au 20è siècle, Vincent Cloarec et Henry Laurens
Les Palestiniens dans le siècle, Elias Sanbar
Les mirages de l'Etat palestinien, article d'Alain Gresh paru dans Le Monde diplomatique (avril 1999)


PJ
mise en ligne : 15.09.2003




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