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LA POLITIQUE ISRAELIENNE : REJET SYSTEMATIQUE DES PALESTINIENS


En mai 1977, la droite israélienne emmenée par le Likoud de Menahem Begin l'emporte ; Begin rencontre Carter en juin et accepte le principe de la conférence de Genève, mais se montre intransigeant concernant la Cisjordanie : aucun retrait israélien n'est envisagé, en raison de "droits historiques du peuple juif" ; de plus, le gouvernement israélien refuse la présence d'une délégation palestinienne à Genève. L'armée israélienne se lance dans une escalade de la violence au sud Liban afin de relancer la tension et de mettre fin aux contacts entre Américains et Palestiniens. Begin favorise une négociation secrète avec l'Egypte à l'insu des Etats-Unis.


L'INTRANSIGEANCE ISRAELIENNE, OU LES ILLUSIONS D'UN REGLEMENT POSSIBLE


Pendant ce temps, les Etats-Unis négocient avec la Syrie une formule de participation des Palestiniens, à condition que l'OLP accepte la résolution 242 ; l'OLP l'accepte.

La conférence est co-présidée par l'URSS et les Etats-Unis, qui se mettent d'accord le 1er octobre 1977 et rédigent un communiqué exigeant le retrait des territoires occupées en 1967 par l'armée israélienne, la garantie des droits légitimes du peuple palestinien, ainsi que la fin de la guerre et l'instauration de relations pacifiques normales.

Mais Carter fait machine arrière, victime des pressions des pro-sionistes et de la droite conservatrice américaine, refusant toute collaboration avec l'URSS. Carter reconnaît un droit de veto d'Israël sur la participation palestinienne à la conférence ; de plus, le gouvernement israélien participera au choix des représentants palestiniens (qui seront bien-sûr extérieurs à l'OLP...). Arafat se montre complaisant, puisqu'il se contente, comme représentant, d'un Américain d'origine palestinienne.


LA RUPTURE EGYPTIENNE, OU L'ABANDON DE TOUTE OPTION PALESTINIENNE


En novembre 1977, Sadate se dit prêt à aller partout pour parler en faveur de la paix, et le 19 il rend une visite historique au parlement israélien à Jérusalem ; il y parle des droits des Palestiniens, sans mentionner l'OLP. Le 5 décembre, l'OLP, l'Algérie, la Syrie, le sud Yémen et la Libye rompent leur relation diplomatiques avec l'Egypte.

L'OLP et la Syrie deviennent adversaires du processus de paix engagé sans eux ; ces évènements marquent l'abandon de toute option palestinienne, et l'OLP se trouve sous la dépendance syrienne et se rapproche de l'URSS.

Au même moment, les extrémistes palestiniens jouent la carte irakienne et se lancent dans une campagne d'assassinat contre les cadres de l'OLP connus pour promouvoir un compromis avec Américains et Israéliens.


LA PAIX ISRAELO-EGYPTIENNE DE CAMP DAVID ET SES SUITES


Israéliens et Egyptiens sont convoqués à Camp David de 5 au 17 septembre 1978 ; Sadate fait beaucoup de concessions, et réussit à obtenir la rétrocession du Sinaï à l'Egypte. La résolution 242 est reconnue par les deux parties, avec cependant des divergences d'interprétation : pour l'Egypte, Jérusalem-Est est un territoire occupé, tandis que pour Israël, l'annexion est un fait accompli.

Le texte de Camp David est la définition d'un traité de paix séparé entre Israël et l'Egypte. L'Egypte retrouvera progressivement sa pleine souveraineté sur le Sinaï, et Israël obtient une entière reconnaissance et une liberté de circulation sur le canal de Suez et le golfe d'Aqaba. Ces décisions représentent bien l'esprit de la résolution de 242. Le monde arabe condamne unanimement cet accord, auquel l'OLP s'oppose.

L'Egypte est absente du neuvième sommet arabe à Bagdad en novembre 1978 ; les Etats arabes y rejettent à l'unanimité les accords de Camp David et veulent le transfert du siège de la Ligue arabe du Caire à Tunis. Les négociations redeviennent difficiles à propos des territoires occupés, le gouvernement israélien relançant sa politique de colonisation et déclarant qu'il n'y aura jamais d'Etat palestinien.

Le traité définitif des accords de Camp David est signé le 26 mars 1979 à Washington. Le 31, l'Egypte est exclue de la Ligue arabe, et toutes ses relations diplomatiques avec les Etats arabes sont rompues par ceux-ci.

Israël renforce l'intégration économique des territoires occupés à l'Etat juif, et met à l'ordre du jour un projet de loi portant sur l'annexion définitive su secteur arabe de Jérusalem le 30 juillet 1980. Sadate décide alors de la suspension des négociations, et c'est la fin du volet palestinien des accords de Camp David. L'évacuation du Sinaï continue régulièrement et se termine le 25 avril 1982. Les relations égypto-israéliennes sont dès lors normalisées.



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