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LA DISSIDENCE PALESTINIENNE : LES LUTTES FRATRICIDES


Certains militants palestiniens contestent la gestion trop personnelle du Fatah par Arafat, et appellent à une direction plus collective. Cette dissidence veut la continuation d'une lutte armée.

Les contestataires reçoivent des encouragements et de l'aide par la Syrie, irritée par la volonté d'indépendance d'Arafat. En septembre 1983, ce dernier s'installe au Liban Nord ; des affrontements ont lieu au Liban entre loyalistes et dissidents palestiniens.

Arafat part à Tripoli, où il est soutenu par les milices islamistes sunnites hostiles à la Syrie ; dès le mois de septembre, les partisans d'Arafat sont repoussés par l'armée syrienne vers les camps de réfugiés de Tripoli au Liban Nord. Les Palestiniens des territoires occupés se solidarisent avec Arafat.

Le 21 décembre 1983, Arafat et 4000 de ses partisans quittent Tripoli sur des bâtiments grecs protégés par la marine française. Les réfugiés demeurés au Liban paient leur allégeance à l'OLP : les Libanais pratiquent massacres, sièges, arrestations massives, le tout faisant au total 6000 morts.


LA POLITIQUE D'ARAFAT ET LES ESPOIRS DE DISCUSSION


Arafat joue la carte égyptienne de Moubarak. Il bascule dans le camp "arabe modéré" cher aux Etats-Unis. Les dissidents, piégés par Arafat, apparaissent comme de simples instruments de la politique syrienne, incapables de trouver une représentativité.

Le FPLP et le FDLP rejoignent l'OLP, tout en conservant le siège de leurs organisations en Syrie. Arafat réussit à forger une alliance des pays arabes modérés, avec l'Egypte, la Jordanie et l'Irak, tout en se rapprochant des Etats-Unis.

L'OLP se dit prête à reconnaître la résolution 242 tout en rappelant les autres résolutions comprenant le droit à l'autodétermination du peuple palestinien et le droit au retour des réfugiés. Cette reconnaissance serait accompagnée de la reconnaissance d'Israël, de l'acceptation de la paix, et de le constitution de l'Etat palestinien en confédération avec la Jordanie. Mais cet accord jordano-palestinien est loin de faire l'unanimité chez les Palestiniens ; de plus, les Etats-Unis refusent de négocier avec toute personne appartenant à l'OLP, même si des négociations semblent possibles.


UNE NOUVELLE DESILLUSION


Mais le 25 septembre 1985, 3 touristes israéliens sont assassinés à Chypre (il s'avérera ensuite qu'il s'agissait d'agents des services israéliens). Le 1er octobre, en représailles, l'aviation israélienne bombarde le QG de l'OLP à Tunis, faisant 72 morts. Le président américain Reagan considère cet acte comme une "réponse légitime au terrorisme". Le 5 octobre, un policier égyptien tue dans le Sinaï 7 touristes israéliens dont des enfants. Il s'ensuit une grande tension entre l'Egypte et Israël, et cela porte un coup mortel au dialogue palestino-jordanien.

En février 1986, la Jordanie renonce au dialogue et accuse Arafat de ne pas vouloir reconnaître la résolution 242. L'OLP est de nouveau isolée sur la scène diplomatique.

L'idée de conférence internationale est acceptée par l'URSS, l'Europe et les Etats arabes, mais pas par Israël et les Etats-Unis.

Un débat interne à l'OLP s'ouvre sur la reconnaissance ou non de la résolution 242, accompagné d'une redéfinition de la politique palestinienne.



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