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Méconnue, la Convention constitutionnelle du peuple révolutionnaire est le résultat d'une rencontre physique et d'une convergence politique entre les mouvements sociaux radicaux des années 1960 aux Etats-Unis. Véritable bombe, le texte propose les résultats des travaux de divers "ateliers" militants réunis à Philadelphie, à l'appel du Black Panther Party, en 1970. Ils prévoient l'émancipation de tous les opprimés des Etats-Unis et du monde (femmes, Noirs, homosexuel-le-s, etc.), et l'organisation autonome et populaire de nombreux secteurs de la société (santé, éducation, police, etc.). Rigoureuse, véhémente, révolutionnaire et extrêmement stimulante pour les luttes d'aujourd'hui, cette "Constitution" fut de surcroît l'œuvre de milliers de ceux que l'intellectuel militant américain George Katsiaficas nomme des gens "ordinaires". Nous publions ici un texte inédit en français de Katsiaficas, consacré à l'histoire de l'élaboration de ce texte. A la suite de l'article sont publiés les rapports des ateliers de la Convention constitutionnelle.




Organisation et mouvement. Le cas du Black Panther Party et de la Convention constitutionnelle du peuple révolutionnaire de 1970

Par George Katsiaficas




Article original : George Katsiaficas, "Organization and Movement. The Case of the Black Panther Party and the Revolutionary People's Constitutional Convention of 1970", in Kathleen Cleaver et George Katsiaficas (ed.), Liberation, Imagination and the Black Panther Party. A New Look at the Panthers and thier Legacy, Routledge, New York-Londres, 2001, p. 143-155.

Traduction : Abdellali Hajjat
Traduit et reproduit avec l'accord de l'auteur.


Des millions de gens "ordinaires" paient de leurs vies les instants décisifs qui déterminent le cours des événements du monde. Bien que leurs actions et pensées soient pris en compte dans la plupart des livres d'histoire, c'est seulement en tant qu'objets affectés par les décisions importantes prises par les leaders, et non en tant que sujets du monde social dont dépendent les décideurs. Les historiens étudient surtout les écrits des leaders du monde et construisent des biographies méticuleuses et bien documentées de ces personnages dans le but d'éclairer les événements importants comme la création des constitutions. Ainsi l'idée que "le peuple fait l'histoire", longtemps incorporée dans le langage des chercheurs en sciences sociales, est rarement utilisée par les recherches historiques sur la seconde guerre mondiale, la guerre de sécession aux États-Unis, et même sur de nombreux cas de mouvements sociaux et de tentatives populaires de changer les cadres sociaux dépassés de la vie quotidienne. Prenons par exemple le cas du mouvement des droits civiques aux États-Unis. Les biographies de Martin Luther King Jr. ou de Malcolm X sont la norme, et non la prise en compte des millions de personnes qui ont changé leur vies et révolutionné la société à travers leur sacrifice et leur lutte, transformant même les visions du monde de Martin Luther King et de Malcolm X. Tous les enfants connaissent le nom de King, mais combien d'étasuniens ont entendu parler de l'assassinat de Fred Hampton [1] et savent à quoi servait le COINTELPRO [2] ? Combien d'entre nous pourraient disserter sur les massacres d'étudiants à Orangeburg, Jackson State ou en Caroline du Nord ?

Même le mouvement tend à considérer les idées des leaders, des partis politiques et des groupes organisés comme les plus significatives. Pas plus que les historiens conventionnels, les penseurs radicaux semblent souvent être incapables de comprendre l'intelligence des foules qui incarnent l'imagination populaire. Il y a plusieurs raisons à cette incompréhension, dont celle de la facilité avec laquelle on peut écrire sur les leaders et les organisations, comparée aux difficultés que l'on rencontre en cherchant à comprendre les événements singuliers dans le flux et le reflux des rassemblements sporadiques de groupes nébuleux - précisément ces incidents qui sont un peu plus que simples actions menées par un regroupement aléatoire de personnes. Parfois les événements charnières sont tellement enveloppés de mystère que les historiens ne sont pas d'accord sur l'existence même des événements en question [3].

L'histoire coopère rarement à nous donner des indications précises sur les manières de pensée des participants aux foules "spontanément conscientes [4]". Un cas exceptionnel est celui de la Convention constitutionnelle du peuple révolutionnaire (CCPR [Revolutionary People's Constitutional Convention]), un rassemblement public multiculturel qui réunit, durant le week-end-end du 5 septembre 1970, entre 10000 et 15000 personnes à Philadelphie suite à l'appel du Black Panther Party (BPP). Arrivés en plein milieu de la répression policière contre le BPP, des milliers de militants venus de tout le pays étaient déterminés à défendre les Panthères. Ils avaient aussi l'intention de refaire ce qui avait été fait dans la "ville de l'amour fraternel [5] "en 1787 par les pères fondateurs de la nation - écrire une nouvelle constitution qui garantit la liberté et la justice authentiques pour tous. Bien que rarement mentionné dans les écrits dominants sur le BPP, cet événement révolutionnaire en lui-même se produisit au point culminant du mouvement des années 1960 et fut sans conteste l'événement le plus capital pour le mouvement pendant cette période critique de l'histoire des États-Unis.

Ce travail de recherche vise à développer une compréhension de l'état d'esprit de la communauté diverse venue à la convention. En examinant les documents primaires produits par la CCPR, j'espère mettre en lumière les aspirations du mouvement populaire. En comparant ces prises de position écrites avec la plate-forme et le programme originaux du BPP, écrits quatre ans auparavant, je cherche à illustrer comment l'intelligence des mouvements populaires peut dépasser les positions les plus visionnaires de leurs leaders et organisations. Dans le droit fil de la tradition qui utilise les documents primaires pour découvrir la véritable nature des événements historiques, et qui rejette les analyses historiques superficielles se fondant principalement sur les biographies individuelles des Grands Hommes et Femmes, je voudrais d'abord discuter la plate-forme du BPP (formulée par Huey Newton et Bobby Seale en octobre 1966), puis analyser la nouvelle constitution proposée à la CCPR. En plus des documents primaires de la CCPR et des comptes-rendus fragmentaires de quelques historiens et activistes, j'utilise mes propres expériences personnelles de participant à la CCPR. Pendant trente années, j'ai conservé une copie des propositions originales élaborées par les ateliers de discussion formés à la suite de la grande séance plénière, qui s'est divisée en au moins dix plus petits groupes de travail. Ces documents véhiculent les prises de position claires sur les objectifs auto-définis du mouvement et dessinent les contours d'une société plus libre. Bien qu'elle ait été pratiquement oubliée des historiens, la CCPR est un moment-clé pour résoudre le mystère des aspirations du mouvement des années 1960. Mon texte parle surtout de la CCPR parce que très peu de choses ont été écrites à son sujet [6]. J'espère que cet article va inspirer d'autres recherches sur la CCPR.

Beaucoup d'auteurs ont étudié l'histoire du début des années 1960, mais beaucoup moins se sont intéressés au moment où le mouvement s'est étendu au-delà des classes moyennes supérieures et de l'élite universitaire, qui ont permis la montée en puissance du mouvement des droits civiques et des mouvements étudiants. Les stéréotypes dominants considèrent que les années 1960 se terminent avec l'assassinat de Martin Luther King, alors que vers la fin de l'année 1969 le mouvement était devenu si massif et si radical que les premiers partisans ne l'ont plus reconnu (et parfois ne l'ont même plus soutenu). En 1970, quand le mouvement atteint son point culminant, les étudiants issus de la classe ouvrière, la jeunesse de la contre-culture, et le lumpenprolétariat urbain (les gens de la rue et sans emploi, et ceux qui s'en sortent par la criminalité) transformèrent sa tactique et ses objectifs. Peu avant leurs assassinats, Martin Luther King et Malcolm X commencèrent tous les deux à envisager la même solution radicale que celle que préconisaient les participants à la CCPR : le système-monde en entier doit être révolutionné afin de réaliser la liberté et la justice pour tous.

Une partie du problème avec les analyses historiques des années 1960 porte sur la profondeur de la rupture de la tranquillité sociale et de la cohésion sociale qui eut lieu aux États-Unis. Pratiquement pas couvertes par les sondages de l'institut Harris et les études de Yankelovich [7], les aspirations révolutionnaires de millions de personnes aux États-Unis en 1970 sont très significatives pour comprendre la vitesse avec laquelle les sentiments révolutionnaires peuvent naître - et la rapidité avec laquelle ils peuvent se dissiper. En 1970, immédiatement après la grève nationale des étudiants [8], les sondages révélèrent que plus d'un million d'étudiants se considéraient comme révolutionnaires [9]. L'année suivante, une enquête du New York Times montra que quatre étudiants sur dix (plus de trois millions de personnes) pensaient que la révolution était nécessaire aux États-Unis [10]. Même si ces chiffres sont substantiels, ils ne prenaient pas en compte les millions de personnes supplémentaires à l'extérieur des universités étasuniennes dans les ghettos, les barrios [11], les usines, les bureaux et les banlieues. Dans un bref moment historique, le mouvement aux États-Unis réussit une rupture décisive avec l'ordre établi. Contrairement aux événements similaires de Mai 68 en France, dont la rupture avec la société établie est reconnue, la "rupture" dans l'histoire étasunienne a été cachée. Ni les militants révolutionnaires, ni les historiens dominants ne veulent reconnaître l'intensité révolutionnaire de cette période, les deux préférant véhiculer les idées socialement plus acceptables comme celles du jeune Martin Luther King ou celles du "pas encore mûr" Malcolm X. Dans ces circonstances, on comprend mieux pourquoi le soulèvement révolutionnaire de 1970 est difficile à rappeler trente ans après.

J'ai écrit ailleurs que la meilleure manière d'appréhender l'imagination populaire est de s'intéresser aux actions et aspirations de millions de personnes, en particulier pendant les moments de crise - grèves générales, insurrections, épisodes de l'"eros effect" [12], et autres formes de lutte collective. La CCPR est un de ces épisodes, et malgré un échec apparent, la convention inaugura beaucoup d'idées qui donnèrent du sens à des millions de personnes engagées à les réaliser. Dans les mouvements révolutionnaires, la dialectique de la défaite signifie souvent que certains aspects de leurs aspirations sont mis en place par le système auquel ils se sont opposés.



Écrire la plate-forme et le programme des Panthères

Il ne fait aucun doute que les individus sont le produit de leur temps, mais nous ne sommes pas que cela, particulièrement lorsqu'on cherche à changer le monde et, comme Newton et Seale, que l'on a un impact allant au-delà de ce qu'on espérait. Durant les courtes années qui suivirent leur décision fatidique d'organiser le BPP autour de la plate-forme et du programme écrits en 1966, Newton et Seale furent tous les deux mis en prison et inculpés de meurtres, et le nombre de membres de l'organisation qu'ils avaient fondée explosa, passant de quelques-uns à plus de 5000. A la fin de l'année 1968, leur journal (le Black Panther) se vendait à 100000 exemplaires par semaine.

Seale et Newton ont collaboré ensemble pendant quinze jours pour produire la plate-forme et le programme [13]. Avec sa modestie typique, Seale se met en retrait et insiste sur le fait que Newton "les a articulé mot pour mot. Je n'ai fait que des suggestions". Après avoir distiller dans leurs textes la sagesse des aspirations à la liberté des Africains, mettant dans le langage des jeunes de la génération du baby-boom les rêves des habitants des ghettos et les besoins basiques des Africains-Américains, ils créèrent le parti. Comme Seale le rappelle :

"Quand nous avons terminé le programme, Huey dit ''Nous devons avoir une sorte de structure. Qu'est-ce que tu veux être'', me demanda-t-il, ''Président [Chairman] ou Ministre de la Défense ?''. ''Je serai le Ministre de la Défense'', dit Huey, ''et tu seras le Président''. ''Ça me va'' ai-je dit. Avec la plate-forme en dix points, le programme et tous les deux, le Parti est officiellement lancé le 15 octobre 1966, dans un bureau du programme de lutte contre la pauvreté dans la communauté noire d'Oakland en Californie" [14].

Au coeur de leur vision se trouvaient deux dimensions de l'héritage de Malcolm X : l'autodéfense armée et la recherche de l'attention des Nations Unies sur la situation critique des Africains-Américains. Mais Newton et Seale n'étaient pas seulement les héritiers de la vision de Malcolm X : ils allèrent plus loin, demandant "le pouvoir de déterminer la destinée de notre communauté noire". Ils insistèrent sur le fait que le gouvernement fédéral devait fournir" le plein emploi à notre peuple", des logements décents" faits pour héberger des êtres humains", et la "fin du vol de la communauté noire par l'homme blanc". Le programme exigeait que les hommes noirs soient exemptés du service militaire, que les prisonniers noirs soient jugés par un jury composés de leurs pairs, que le système éducatif enseigne la "véritable nature de la société américaine décadente". Ce qui attirait le plus l'attention était leur appel à "la fin immédiate de la BRUTALITE POLICIERE et du MEURTRE des noirs". Le point n°7 faisait appel à des "groupes noirs organisés d'autodéfense" et soutenait que "tous les noirs devraient s'armer pour leur autodéfense". Poursuivant l'idée de l'exemption du service militaire pour tous les hommes noirs, le point n°6 déclarait que "nous nous protègerons de la force et de la violence de la police raciste et de l'armée raciste, par tous les moyens nécessaires". Fidèles à leur parole, Newton et Seale commencèrent immédiatement à organiser des groupes de Panthères pour surveiller la police, et l'insistance acharnée de Newton sur son droit d'observer et de critiquer la police - même l'arme à la main - devint légendaire (ou tristement célèbre, selon les points de vue).

Remarquable dans sa capacité à s'inspirer du passé et le faire revivre dans le présent, le programme du BPP fit ressurgir les promesses non tenues comme les "quarante acres et une mule" [15]. Néanmoins il continue à porter les marques de la société dans laquelle il naquit. Les mots "homme" [man] et "hommes" [men] apparaissent à pas de moins de quinze reprises dans les dix points. Même pour ce qui concerne les prisonniers noirs, le point 8 dit : "Nous voulons la liberté pour tous les hommes noirs détenus dans les prisons fédérales, d'État, des comtés et municipales". La phrase suivante, pas soulignée et oubliée dans les discours publics résumant les dix points, étend l'exigence : "Nous croyons que tous les noirs devraient être libérés de nombreuses prisons parce qu'ils n'ont pas eu un procès équitable et impartial". Dans un tribunal, au moment de la composition du jury censé réviser les affaires de ces prisonniers, on argue de "l'intelligence moyenne" des noirs pour les exclure. De même, le point n°2 soutient que "le gouvernement fédéral est responsable et obligé de procurer à chaque homme un emploi et un revenu garanti". Aucune mention des droits des femmes à l'emploi.

Bien que le langage indique les présupposés à l'œuvre, je crois que ni le contenu du programme ni les actions du BPP ne devraient être obscurcis ou détournés par une analyse linguistique rigide. Au moment de l'écriture de la plate-forme, l'usage des termes "homme" pour désigner un "humain" faisait partie du sens commun et n'était pas remis en cause. L'appel de Martin Luther King pour une "société non pas de l'homme blanc, non pas de l'homme noir, mais de l'homme en tant qu'homme" et le livre d'Herbert Marcuse L'homme unidimensionnel sont des exemples qu'on peut aussi citer. Même après que Huey Newton ait affirmé par écrit son adhésion à la libération des femmes et après que le sexisme au sein du BPP ait été condamné officiellement, il continua à utiliser "homme" au lieu de "humain" [16]. Par ailleurs, le BPP s'est opposé au sexisme existant en son sein et dans la société en général. C'est ce qui fait, en partie, qu'il est si important historiquement. Quatre ans après l'écriture du programme, le parti prit une position officielle de soutien au mouvement de libération des femmes, et même avant cela, au fur et à mesure que le mouvement féministe se développait dans la société en général, le BPP se transformait au niveau du fonctionnement interne, de ses déclarations publiques, et de ses pratiques [17].

La plate-forme et le programme furent écrits durant la période nationaliste noire du parti. S'ensuivirent trois autres phases dans l'évolution idéologique du BPP : nationaliste révolutionnaire, internationaliste révolutionnaire et "intercommunaliste" [18]. Seulement quatre années après la naissance du BPP en octobre 1966, il s'est accompli plus de choses que durant les quarante dernières années, ne serait-ce que pour la conscience de soi et le statut des jeunes Africains-Américains des villes. Il est difficile d'estimer à quel point les Panthères ont transformé les jeunes Africains-Américains. Sous l'influence des Panthères, des criminels endurcis se levèrent à 6h du matin pour servir des petits déjeuners gratuits à des milliers d'enfants ; des drogués bousculèrent leurs habitudes et travaillèrent à expulser les dealers des quartiers ; et des hommes habitués à prendre leurs aises avec les femmes apprirent à écouter et respecter leurs partenaires féminins.

Document percutant et visionnaire, le troisième point du programme contenait une analogie souvent négligée entre les Africains-Américains et les victimes juives des Nazis. Utilisant l'exemple des réparations allemandes payées à Israël pour le génocide du peuple juif, Newton et Seale réclamait des réparations pour les Africains-Américains. Déclarant que "les Allemands ont tué six millions de Juifs. L'Americain raciste a participé au massacre de plus de 50 millions de Noirs ; par conséquent, nous estimons que notre exigence est modeste [quatre acres et deux mules]". Aucun avocat d'une cour de justice internationale ne pourrait refuser si belle affaire fondée sur un précédent historique.

Le point final résumait les problèmes et offrait une solution : "Nous voulons des terres, du pain, un toit, l'éducation, l'habillement, la justice et la paix. Et comme objectif politique majeur un plébiscite, supervisé par les Nations Unies, dans la colonie noire auquel seulement les sujets coloniaux noirs seront autorisés à participer, afin que la volonté du peuple noir s'exprime sur sa destinée nationale". Le programme se concluait en paraphrasant la déclaration d'indépendance de 1776 qui reconnaît le droit à la révolution. Les gouvernements, comme il était rappelé, sont créés pour servir le peuple, et "toutes les fois qu'une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l'abolir et d'établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les principes et en l'organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur". Avec ces mots, Huey et Bobby ont posé involontairement les bases de la CCPR qui eut lieu quatre ans plus tard.





[1] Fred Hampton, leader charismatique du Black Panther Party de Chicago, est assassiné dans son appartement par le FBI le 4 décembre 1969 (NdT).
[2] Acronyme de "Counter-Intelligence Program", programme de contre-espionnage élaboré par le FBI pour éliminer les militants politiques radicaux des États-Unis. Voir Ward Churchill et Jim Vander Wall, Agents of Repression: The FBI's Secret Wars Against the Black Panther Party and the American Indian Movement. Boulder, South End Press, 1988 (NdT).
[3] Dans Bitter Grain, the Story of the Black Panther Party (Los Angeles, Holloway House, 1980, p. 157), l'auteur Micheal Newton soutient que l'événement analysé dans ce texte n'a jamais eu lieu.
[4] Je développe ce concept en relation avec le mouvement autonome (ou Autonomen) en Europe pour indiquer que la foule apparemment spontanée peut avoir une grande intelligence sous-jacente. Voir The Subversion of Politics: European Social Movements and the Decolonization of Everyday Life, Atlantic Highlands, N.J., Humanities Press, 1997.
[5] Traduction en grec de Philadelphie (NdT).
[6] En vérifiant dans une douzaine des livres d'histoire les plus importants sur les années 1960 aux États-Unis, je me suis rendu compte que dix d'entre eux ne font aucune mention de la CCPR, et les deux autres contiennent seulement de brèves références. A ma connaissance, ce texte est la première tentative de saisir cet événement dans un travail universitaire. Charles Jones, un des historiens les plus éminents du BPP, souligne le fait que les autobiographies des leaders et les analyses des événements sont plus présents dans l'historiographie des Panthères que les comptes-rendus du travail militant de terrain ou les études longitudinales. Le manque de matériau concernant la CCPR montre à quel point elle est oubliée parmi les événements constitutifs du mouvement. Voir Jones, "Reconsidering the Panther History: The Untold History", in Charles Jones (ed.), The Black Panther Party Reconsidered, Baltimore, Black Classic Press, p. 9-10.
[7] Du nom d'un célèbre spécialiste étasunien en "opinion publique", Daniel Yankelovich (NdT).
[8] En mai 1970, plus de 450 campus étasuniens sont en grève, impliquant plus de quatre millions d'étudiants, afin de dénoncer l'invasion étasunienne du Cambodge (30 avril 1970) et la répression contre les étudiants anti-guerre. C'est la plus grande grève générale étudiante de l'histoire des États-Unis (NdT).
[9] Voir Joseph A. Califano Jr., The Student Revolution: A Global Confrontation, New York, W. W. Norton, 1970, p. 64. En mai et juin 1970 a eu lieu la plus importante grève d'étudiants dans l'histoire des États-Unis. Elle vise à dénoncer l'invasion du Cambodge par les États-Unis et le massacre d'étudiants anti-guerre à l'université de Kent State, qui fait quatre morts et plusieurs blessés (NdT).
[10] New York Times, 2 janvier 1971.
[11] Ghettos latino-américains (NdT).
[12] Concept inventé par l'auteur qui le définit comme la "diffusion intuitive de la tactique et des mouvements sans intervention directe d'organisations". Voir le site www.eroseffect.com (NdT).
[13] Ce processus est décrit dans Bobby Seale, Seize the time!, Baltimore, Black Classic Press, 1991 [1970].
[14] Ibid., p. 62.
[15] Une loi adoptée en janvier 1865 promettait aux esclaves affranchis "40 acres et une mule". Mais Andrew Johnson, qui devient président des États-Unis en avril de la même année suite à l'assassinat de Lincoln, refusa de l'appliquer. La mule du gouvernement sera donc une promesse non tenue... (NdT).
[16] Voir par exemple Black Panther, 15 août 1970, p. 19.
[17] Voir particulièrement Tracye Matthews, "''No One Ever Asks, What a Man's Place in the Revolution Is'': Gender and Politics of the Black Panther Party, 1966-1971", in Charles Jones (ed.), The Black Panther Party..., op. cit., p. 267-304. Toute la partie sur les dynamiques de genre dans le livre de Jones est excellent.
[18] Ce qui signifie la volonté de forger l'alliance de toutes les communautés opprimées pour détruire l'Empire américain et instaurer le communisme (NdT).



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