La ville est située au sud du pays, en Cisjordanie, à hauteur de la pointe nord de la bande de Gaza.
Hebron
est avant tout une ville sainte pour les trois religions du Livre avec les tombes d’Abraham/Ibrahim, de
Sarah, d’Isaac et de Rebecca, de Lea et de Jacob. Ce site s’appelle le tombeau des patriarches, tombeau
d’Abraham ou en Arabe le « Haram al-Khalil ». Son nom arabe, est une référence à Abraham/Ibrahim que
l’on appelait « al-Khalil » ce qui signifie « l’ami ». Historiquement c’est aussi là que David fut sacré
roi d’Israël.
C’est aux vues de toutes ces références bibliques, en accord avec le principe néo-sioniste
de judaïsation de la terre que les colons se sont installés autour d’al-Khalil/Hebron.
La ville est
autrement plus célèbre pour 2 massacres. Le premier remonte à 1929 avec le massacre d’environ 70 Juifs
par les Palestiniens. Certains Juifs rechapèrent miraculeusement au massacre grâce à certains de leurs
voisins arabes. Le second massacre fut commis le 25 février 1994 par Baruch Goldstein, membre du
mouvement d’extrême-droite Kach. Ce dernier a ouvert le feu dans la mosquée (tombeau des patriarches)
sur les musulmans à l’heure de la prière. Outre un nombre extrêmement impressionnant de blessés, on
dénombra 52 morts palestiniens. Suite à ce massacre et aux graves affrontements entre les Palestiniens
et l’armée israélienne, Israël accepta la présence d’observateurs internationaux, les « Tempory
International Presence in Hebron », composés du Danemark, de la Suède, de la Norvège, de l’Italie, de la
Turquie et de la Suisse... Initialement leur mission était entre autres d’observer les progrès de la mise en
place du processus de paix, accords de principes d’Oslo). Depuis, le rôle de ces observateurs est de
récolter à l’aide d’appareils photos et de caméras le maximum d’informations sur les incidents entre
Israéliens et Palestiniens. Ces données sont ensuite étudiées entre représentants palestiniens et
israéliens. Pour information, au mois de juillet 2003, cela faisait plus de 3 ans qu’aucune de ces
rencontres n’avait eu lieu.
L’objectif de la colonisation d’Hebron est la récupération de l’ancien quartier en détériorant au
maximum les conditions de vie des musulmans : couvre-feu durant le Shabbat, bouclage régulier du
quartier, expulsion, réappropriation, destruction, interdiction de réhabilitation des maisons...
L’armée
ne compte pas moins de 2000 hommes pour protéger 400 colons d’origine française ou américaine. La
population palestinienne est de 130 000 personnes pour l’ensemble de la ville et de 42 000 pour la vieille
ville. La communauté juive installée dans et autour d’Hebron est affiliée ou très proche du Kach, parti
d’extrême-droite israélien. L’occupation n’est autre qu’un véritable régime de terreur et d’oppression
quotidienne. Tout le monde s’accorde à dire que les colons d’Hebron sont les plus radicaux d’Israël,
racistes, violents. Ils n’hésitent pas à faire pression sur les observateurs internationaux du CPT
(Christian Peacemaker Team) en graffant des slogans racistes à l’encontre d’observateurs noirs (white
power, kill nigers...), ou sur les medias en caillassant les journalistes palestiniens... Il arrive même que
les colons s’amusent à tirer sur la population du haut de la colline dominant la vieille ville.
Théoriquement, depuis le 15 janvier 1997, le contrôle d’Hebron est partagé en 2 zones. La zone H1 soit
les 4/5 de la ville est sous contrôle de l’autorité palestinienne. La zone H2 est sous contrôle de
l’armée israélienne. Dans les faits, l’ensemble de la vieille ville est passé sous contrôle de l’Etat
Hébreu.
Outre les forces politiques palestiniennes et la résistance armée, la résistance s’organise
aussi sur le quotidien, auprès des enfants, des conditions de vie mais aussi autour du logement. Le
comité de réhabilitation situé à l’entrée de la vieille ville s’occupe grâce à des fonds internationaux
de rénover des maisons délabrées afin de permettre à des Palestiniens de vivre dans des conditions
décentes. Leur action est régulièrement entravée par l’armée israélienne qui bloque ou détruit les
rénovations pour des raisons de sécurité.
Concrètement, la vie dans la vieille ville est quasi-impossible.
Le quartier est régulièrement bouclé, les couvre-feux y sont aussi fréquents qu’arbitraires,
l’armée n’est plus une force d’interposition entres colons et Palestiniens mais de défense des colons
israéliens. Deux observateurs des TIPH sont morts l’an
passé dans une embuscade, les observateurs des CPT se font tirer dessus par les colons, les rues se
vident, les commerces ferment, le quartier est régulièrement bouclé, ...
Les photos présentées ici ont été prises dans la zone H2, la vieille ville sous contrôle militaire israélien.