Depuis la création d'Israël en 1949, le Proche-Orient est devenue une zone de conflit majeur.
Depuis septembre 2000 se déroule dans l'Etat d'Israël et les territoires occupés la 2ème intifada.
Depuis bientôt un mois l'opération israélienne "Remparts" attise les réactions partout dans le monde.
J'ai décidé de faire ce contrepoint afin de mettre au clair beaucoup de choses. Je ne vais y
décrire aucun aspect politique mais exposer la réalité de la vie quotidienne et de l'économie
dans ce qui devra bien un jour devenir l'Etat Palestinien.
Pour commencer, il faut mettre au clair deux choses : ce qu'est la Palestine et ce qu'est une colonie.
Qu'est-ce que la Palestine ?
La Palestine est le nom d'un territoire de 27.000 Km² qui couvre aujourd'hui l'Etat d'Israël
et les territoires palestiniens occupés en 1967.. Après la montée en puissance du sionisme,
la seconde guerre mondiale et de multiples impairs de l'occupant britannique, ce territoire a
été "partagé" en 1947 par la jeune organisation des Nations Unies.
La population arabe qui représentait alors 69% de la population et était propriétaire
de 93% des terres s'est vue attribuer 45% du territoire tandis que les communautés juives
nouvellement arrivées (31% de la population installée sur 7% du territoire) s'est vue
attribuer 55% des terres (les plus fertiles, avec un large accès à la mer), afin
qu'elles réalisent leur rêve de constitution d'un Etat national juif. Les Arabes ont
refusé cette partition. Israël a alors proclamé son Etat sur un territoire non défini
mais la guerre qui a suivi lui a permis de s'approprier près de 78% du territoire de
la Palestine historique. Ce territoire fut vidé de 85% de sa population (en 1948,
800.000 arabes ont été soit tués, soit expulsés ou ont fui vers les territoires voisins).
Les nouveaux migrants ont été installés dans les propriétés palestiniennes quand
le site n'a pas été rasé, reconstruit immédiatement ou recouvert d'arbres pour rendre
le retour des populations locales impossible... On estime à plus de 450 le nombre de villes
et villages ainsi disparus.
A l'issue de la guerre, en 1949, la Cisjordanie (inclus Jérusalem Est) et la bande de Gaza
ont été placées respectivement sous tutelle jordanienne et égyptienne. Quand ces deux
pays perdent l'offensive de 1967, les Israéliens occupent le reste de la Palestine.
Le processus de "reconquête" est relancé par l'installation de colonies de peuplement,
protégées par le pouvoir militaire et financées par le gouvernement central israélien
un peu partout en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Aussi paradoxal que cela puisse
paraître, cette colonisation s'est fortement accélérée au lendemain de la signature des
accords d'Oslo en 1993. Un effort particulier a été déployé pour encercler Jérusalem
Est et l'isoler des territoires palestiniens.
Qu'est ce qu'une colonie de peuplement ?
Une colonie naît de la volonté de quelques émigrants encouragés par l'Etat hébreux
à aller s'installer en Cisjordanie sur les terres non habitées confisquées en 1967 (les
fameuses "terres d'Etat", entendu par extension comme terres de l'Etat d'Israël).
Généralement, ils installent un mirador en haut d'une colline, deux ou trois maisons
en préfabriqué qu'ils entourent d'un grillage barbelé. Un périmètre est défini sur
le cadastre détenu par l'administration israélienne. La compagnie israélienne de
distribution d'eau appuyée par l'armée va chercher l'eau dans la vallée en confisquant
un puits qu'elle creuse plus profondément et qu'elle protège. L'eau remonte vers
l'implantation grâce à une pompe et des pipelines, et la vie s'organise. Pour encourager
la colonisation, le Gouvernement israélien prête à taux 0 les crédits nécessaires
à la construction des logements, encourage les enseignants à aller y former les
jeunes enfants, subventionne les producteurs agricoles et l'implantation de fabriques.
Pour que les colons puissent vendre leurs produits, l'administration non seulement
protège leur acheminement vers les marchés palestiniens voisins et le territoire
israélien mais empêchent les productions palestiniennes potentiellement concurrentes
de circuler normalement. Pour relier ces véritables petites villes entre elles puis
au territoire d'Israël, les militaires confisquent les terres, arrachent les
cultures et démolissent les maisons des Palestiniens qui se trouvent sur le passage
des routes dites de sécurité, mises à la disposition des seuls Israéliens.