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Les conséquences d'Oslo sur les territoires palestiniens aujourd'hui


Suite aux accords d'Oslo et aux différents redéploiements israéliens, les territoires palestiniens actuels (22% de la Palestine historique) ont été découpés en 227 petits îlots séparés les uns des autres par des routes ou des postes de sécurité israéliens. Ces morceaux de territoire sont soit sous l'administration de l'Autorité palestinienne (zone A, qui ne représente que 4% du total), soit sous administration civile palestinienne et administration militaire israélienne (zone B, 22%). Ces zones A et B sont enclavées dans une zone C, totalement sous contrôle israélien, qui représente encore 74% de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Les colonies surplombant les villes et les villages palestiniens plus ou moins autonomes prennent de l'ampleur et la vie des Palestiniens y est régie comme avant "Oslo".

Gaza est tout à fait isolé (le passage protégé pour s'y rendre n'étant accessible qu'à une faible minorité de Palestiniens). Jérusalem est en outre interdit d'accès depuis 1993 à tout Palestinien qui ne détient pas une carte d'identité jérusalémite délivrée par Israël. Le blocus de la capitale économique palestinienne coupe la Cisjordanie en deux. Le Nord et le Sud ne sont plus reliés que par "la vallée de la mort", nom donné à une route sinueuse et montagneuse reliant Ramallah à Bethléem où deux camions peuvent à peine se croiser. Aux heures de pointe, il faut ainsi plus de deux heures pour faire un trajet qui avant 1993 ne prenait que 30 minutes.

Ces morceaux de territoire n'ont en outre aucun accès extérieur à Israël, ce qui permet à ce dernier d'exercer un contrôle total sur toutes les frontières et les déplacements des Palestiniens vers l'étranger : le nouvel aéroport de Gaza n'échappe pas à la règle...


Conséquences sur la vie quotidienne des populations


Aujourd'hui les terres continuent d'être confisquées et l'eau d'être détournée.

Le quadrillage du territoire a des conséquences graves sur la vie quotidienne des Palestiniens. Le secteur agricole a été fortement touché et de plus en plus d'exploitants quittent les terres qui leur restent faute d'eau, de possibilités d'acquérir des semences résistantes, de commercialiser à bon prix leurs produits en Palestine ou à l'étranger. Selon Amnesty International, de 1967 à 1991, 60% des terres de Cisjordanie ont été confisquées aux Palestiniens. La construction de routes de contournement (routes qui évitent les villes et villages palestiniens et relient les colonies entre-elles) et la poursuite de l'entreprise de colonisation malgré les accords a fait monté ce chiffre à 73% en 1998. Les effets les plus immédiats de ces confiscations sont les pertes de ressources agricoles essentielles et une réelle menace pour la survie des familles rurales concernées.

L'eau est rare et chère, les Israéliens détournant à leur profit et celui des colons près de 85% des ressources aquifères palestiniennes. Aujourd'hui encore, les exploitants agricoles doivent demander l'autorisation d'importer des plants, des graines, des tracteurs, des outils etc, s'ils sont en provenance d'autres pays. Si l'administration israélienne estime que le même produit peut être acheté à une firme israélienne, l'autorisation n'est pas accordée.

Si elle l'est, le produit arrive alors dans l'un des ports ou aéroport israéliens ; il faut alors au Palestinien un permis de circuler en Israël pour réceptionner sa marchandise. Un permis de circuler doit aujourd'hui être demandé à l'autorité palestinienne qui s'adresse à son tour à l'autorité israélienne. Il n'est accordé que pour un voyage. Si l'administration portuaire n'a pas dédouané la marchandise, pour une raison ou une autre, le Palestinien devra réitérer sa demande. Ainsi, il est souvent plus facile, bien que beaucoup plus cher, de passer par des agences de "clearing" et de transport israéliens. L'économie palestinienne se voit ainsi non seulement privée d'un ensemble d'activités importantes et lucratives mais aussi du contrôle des différentes étapes de son activité. Il en va de même pour la vente de leurs produits. Un agriculteur ou une coopérative qui souhaite vendre ses produits à l'étranger doit en avoir l'autorisation puis avoir un permis de transporter et de livrer sa marchandise à une société israélienne (les palestiniennes n'existant pas encore) qui la stockera, plus ou moins au frais, et s'occupera de toutes les formalités administratives. Les produits palestiniens peuvent rester bloqués plusieurs semaines dans les ports israéliens pour "raisons de sécurité". Ces pratiques ajoutent un coût considérable aux produits palestiniens et affaiblissent leur compétitivité sur nos marchés par rapport aux produits israéliens mais aussi aux produits des autres pays du pourtour méditerranéen.



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