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« À l'heure où notre pays sort d'une épreuve grave, il nous faut agir : nous devons refuser l'impuissance et trouver des solutions aux problèmes des Français. Nous avons également besoin de respect : nous devons nous rassembler autour des valeurs républicaines. La crise que nous venons de connaître révèle des faiblesses et des insuffisances. (...) Mais cette crise nous permet de prendre conscience des progrès, nombreux, qu'il nous faut accomplir. Nous avons devant nous une vraie opportunité, nous devons la saisir. » [1]

« L’épreuve », « la crise » : telle est la dénomination choisie par le gouvernement français pour évoquer les révoltes (ou « émeutes urbaines ») exceptionnelles qu’ont connu les quartiers populaires en octobre et novembre 2005. Quelques semaines plus tard, des débris et des cendres s’élève donc une « opportunité », au sens le plus purement politicien du terme : celui d’un prétexte à « saisir », en bon opportuniste, pour présenter comme remède la moindre perfidie, et comme « progrès » les plus grossières régressions. Adressées théoriquement en priorité à « la population des zones urbaines sensibles (ZUS) » [2], les dispositions législatives de la « loi pour l’égalité des chances », concernant tous les Français, furent contestées à juste titre par une lutte importante et en partie victorieuse, largement portée par les universités.

A trois mois d’intervalle, la France connut ainsi deux importants mouvements sociaux – cette notion même sera à expliciter, les émeutes de novembre 2005 étant formellement éloignées de ce que le sens commun associe à un « mouvement social », et dès lors souvent désignées – à tort – comme « apolitiques ». Il n’est pas ici question de proposer une analyse de ces évènements, et on ne procèdera pas non plus à une argumentation autour du texte de la « loi pour l’égalité des chances » et notamment du Contrat Première Embauche – qui furent amplement décortiqués et critiqués pour ce qu’ils sont : des dispositifs régressifs, faisant suite à de nombreux textes et réalisations allant depuis plusieurs années dans le même sens. Ouvrons simplement quelques pistes de réflexion, pour tenter une mise en perspective des deux mouvements.


« Premiers licenciés, premiers embauchés » : la précarité, ses temporalités et ses espaces différenciés

A l’origine de la « loi sur l’égalité des chances », il y eut donc la volonté affichée par le gouvernement de répondre aux émeutes d’octobre et novembre 2005, et plus globalement aux « problèmes », « insuffisances » et « faiblesses » des quartiers populaires, et singulièrement des « jeunes ». En effet, dans les quartiers classés « sensibles », le taux de chômage des moins de 25 ans atteint souvent 40%, surpassant de loin le taux national. Pour ces jeunes issus de milieux populaires et souvent de l’immigration, comme le reconnaît d’ailleurs explicitement le gouvernement, les handicaps s’accumulent : discriminations (sociales et/ou racistes) à l’embauche ou au logement, problèmes scolaires, précarité, chômage, etc. Ces constats rejoignent les analyses menées depuis de nombreuses années par des sociologues, notamment par Saïd Bouamama [3] , qui insiste par exemple sur l’aggravation constante des discriminations, notamment dans l’accès à l’emploi et dans l’emploi, touchant prioritairement ceux qu’il nomme les « populations issues de la colonisation », jeunes et moins jeunes, qui furent les « premières victimes du processus de précarisation généralisée » enclenché depuis plus de deux décennies.

Il existe d’ailleurs des similitudes frappantes entre le sort des travailleurs immigrés et celui de leurs enfants. En effet, l’immigration de travailleurs fait fonction de « variable d’ajustement économique ». « Premiers licenciés, premiers embauchés », les travailleurs immigrés ont subi de plein fouet la crise économique et le chômage de masse à partir des années 1970. Cet aspect est d’autant plus accentué par la proposition de 2006, émanant de Nicolas Sarkozy, de réforme du CESEDA (Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile), qui renoue avec les années 1960 et 1970 et tend encore plus à réduire les immigrés à leur force de travail – en exigeant par exemple d’être sous Contrat à durée indéterminée pour obtenir un titre de séjour (là est tout le sens de l’expression « immigration choisie »… par le patronat). Nous vous renvoyons à l’analyse exhaustive publiée par le collectif d’associations « Uni(e)s contre une immigration jetable » (voir notamment pages 19 et suivantes).

Or, selon Saïd Bouamama, les jeunes Français issus de cette immigration (et, plus généralement, les habitants des quartiers populaires) font aujourd’hui également office de « variable d’ajustement » dans l’économie française – et constituent selon les termes du sociologue une catégorie de « nouveaux prolétaires » hyper précarisés et hyper flexibles. Cette précarité, associée aux éléments que nous relevions plus haut, est bien sûr une des composantes de la poudrière qu’une bavure policière peut faire exploser, comme cela arrive chroniquement en France – la mort de deux adolescents le 27 octobre 2005 constituant le dernier détonateur en date.

On peut ainsi parler d’un décalage spatial et temporel dans la diffusion de la précarité à la société française. Les « quartiers de relégation » ont été et sont toujours les premiers touchés – ce qui ne veut pas dire que la précarisation du reste de la société est négligeable. Surtout, décalage ne veut pas nécessairement dire division.

On connaît en effet les effets pervers du « discours dominant », politique et médiatique, qui dit le monde social et, ce faisant, en donne une représentation - opérant en son sein des classifications et des divisions. Or, ces dernières, notamment pendant des situations de « crise », peuvent avoir un impact non négligeable sur le réel, voire le structurer – des acteurs de la société se les appropriant et s’y reconnaissant [4]. Ainsi, nos deux « mouvements » furent des moments privilégiés de la mise en œuvre d’un tel mécanisme, qui, quand il est conscient, rentre dans le cadre d’une stratégie politique vieille comme le monde : diviser pour mieux régner. Si ce jeu de la division fut particulièrement grossier durant le mouvement étudiant, notons tout d’abord qu’il fut employé à un autre niveau pendant les émeutes de novembre 2005.


De la division entre « jeunes » (I) : la « racaille » et les « vrais jeunes »

En octobre et novembre 2005, un discours ambiant tenta en effet à droite comme à gauche de distinguer, au sein des quartiers populaires et selon des termes employés par le ministre de l’Intérieur, la « racaille » des « vrais jeunes ». Ce discours fut notamment fustigé dans un article des sociologues Stéphane Beaud et Michel Pialoux [5], critiquant cette « vision binaire du monde des cités », et affirmant notamment (preuves à l’appui) que contrairement aux propos tenus par Nicolas Sarkozy, la majorité des jeunes hommes ayant participé aux émeutes en octobre et novembre étaient des jeunes « ordinaires » (c’est-à-dire non connus des services policiers et judiciaires). Les sociologues proposaient justement d’interroger cette « diffusion » de la « désespérance sociale » et de la violence jusque chez des jeunes étudiants ou ouvriers des quartiers populaires a priori moins sujets aux comportements émeutiers que la soi disante « racaille ».

Cette distinction s’intègre dans une idéologie globale et pernicieuse, actuellement très en vogue. Les « vrais jeunes » sont en effet en d’autres termes « ceux qui veulent s’en sortir », tandis que la « racaille » désigne les délinquants et autres fainéants qui, de surcroît, ne respectent voire n’aiment pas la France et ses « valeurs républicaines ». On connaît le danger d’un tel langage idéologique, qui nie les réalités sociales et économiques, étouffées sous le discours de la « responsabilité individuelle » et de la « liberté » des acteurs. Car cette distinction permet de se laver les mains en brandissant une « élite » qui justement « veut s’en sortir », comme parfait contre-exemple des discours sociologiques jugés misérabilistes par de nombreux hommes politiques et journalistes. Cet « élitisme » exprime toute la perversité du concept – proclamé « grande cause nationale » pour l’année 2006 par le gouvernement Villepin – d’ « égalité des chances ». « Egalité des chances » n’est en effet ni égalité des résultats, ni égalité des conditions, et ce concept s’oppose en réalité à celui d’égalité (désormais considéré comme désuet) : « car là où il y a égalité, par définition il n’y a pas besoin de chance ; et là où il y a chance, il n’y a pas égalité, mais hasard, gros lot ou lot de consolation... Le mot chance ne renvoie-t-il pas au monde de la loterie, un monde où l’on parie ? Un monde où quelques-uns gagnent... et où la plupart perdent ? » [6]

Lors des émeutes de novembre 2005, toute cette rhétorique a permis de nier d’une part la responsabilité personnelle des policiers et de Nicolas Sarkozy dans le déclenchement des émeutes de novembre, et d’autre part la réalité du terrain – celle, entre autres, d’un sentiment de révolte largement partagé.


De la division entre « jeunes » (II) : les « jeunes des quartiers » et les « étudiants »

Le mouvement des mois de février et mars 2006 fut à son tour un théâtre privilégié pour la mise en scène d’une division dangereuse, opérée par certains journalistes à coups d’enquêtes grossières, entre les « jeunes des quartiers » et les « étudiants ». Ces mêmes journalistes, si frileux pour évoquer les émeutes urbaines autrement que par l’indignation et si peu prompts habituellement à se faire les avocats des quartiers populaires, trouvèrent en effet là un filon que beaucoup ont exploité. Il s’agissait de rencontrer des « jeunes » (sous-entendu jeunes des quartiers populaires, issus de l’immigration et en situation sociale précaire) qui jugeaient inutile le mouvement contre le CPE, et déclaraient finalement que «le CPE, c’est mieux que rien » (un slogan étudiant répondant : « c’est pas mieux que rien, c’est pire que tout ! »), et que ce serait cracher dans la soupe que de refuser un emploi, quel que soit le contrat de travail. S’il est impossible, en l’absence d’enquête de grande envergure, de savoir si une telle opinion est largement partagée, quelques remarques s’imposent :

  • D’une part, cette opinion ne fut pas le monopole de jeunes de quartiers populaires, puisqu’on la retrouve partout, et notamment dans les facultés ; elle peut témoigner entre autres d’une forme de cynisme lié à un désabusement, ou simplement du fait que beaucoup aujourd’hui ne croient pas aux luttes sur le terrain de l’emploi, face à l’obsédante réalité du chômage (qui tend tragiquement à devenir la seule « question sociale » recouvrant toutes les autres – dont celles de la précarité et de la pauvreté).

  • D’autre part, il s’agit cette fois de faire des « jeunes des cités » un bloc homogène et à part, présenté comme totalement hermétique aux autres « catégories » de jeunes (« les étudiants ») et même opposé à elles (les tenants de ce discours jubilant devant les « preuves » que seraient les tristes vols de téléphones portables et autres tabassages accomplis pendant certaines manifestations parisiennes). Le fait que des militants des quartiers populaires aient pris position et manifesté en tant que tels contre le CPE ne fut absolument pas relayé, tout comme fut passée sous silence la simple évidence que les universités sont le lieu d’études de jeunes gens de toutes les catégories sociales – présents en proportions comparables dans la lutte.

Si la déconstruction de ce discours journalistique est un préalable, reste à se poser les questions essentielles. Celle, par exemple, de l’absence de solidarité du reste de la société envers les révoltés de novembre – qui semble bien témoigner d’une forme d’intériorisation des représentations dominantes imposant certaines classifications et divisions. Et si, se substituant au mutisme et à l’indifférence de la plupart des organisations « de gauche », les étudiants en lutte tentèrent de tisser un lien entre leur mouvement et celui de novembre – exigeant par exemple en Coordination nationale à Toulouse le 25 février 2006 « l'arrêt du traitement répressif des mouvements sociaux, l’amnistie des lycéens qui ont participé au mouvement contre la loi Fillon, des personnes poursuivies suite à la révolte des quartiers populaires en novembre 2005, des étudiants et des lycéens qui ont participé au mouvement contre le CPE » – cette demande fut marginale et absolument pas relayée. Car si répression policière et justice d’exception (fermeté exigée par le ministre de l’Intérieur, donc peines anormalement lourdes, nombreuses comparutions immédiates, etc.) furent de rigueur pour traiter les deux mouvements, reste que pour beaucoup, enfermer un étudiant est plus scandaleux qu’enfermer un « émeutier », qui n’apparaît ni comme sujet conscient de la portée de ses actes, ni comme porteur d’une lutte politique.


De l’émeutier au policé : la question des moyens de la lutte et de leur légitimité

Chez nous, les gens savent la différence entre morfler et en parler
L’indifférence est générale, et on sait plus comment y pallier
[7]

En novembre 2005, nombreux furent les articles et interventions discutant du caractère politique des émeutes. Car s’il ne fait aucun doute que ces évènements sont politiques par leurs conséquences, les avis divergent quant au caractère proprement politique d’une « émeute urbaine », et quant à la « conscience politique » des émeutiers [8]. Il n’est pas question pour nous de nous substituer à des individus ou encore de décoder leurs actes pour les traduire. Tentons simplement de questionner l’émeute comme « mouvement social » et comme évènement politique.

On peut ici convoquer la sociologie, pour laquelle la définition du mouvement social pose problème [9]. Une définition basique assimilerait mouvement social à action collective, reposant sur un « agir-ensemble intentionnel » et se développant dans une « logique de revendication », qui en soi constituerait un acte de participation politique. Demeure la question des moyens, c’est-à-dire des pratiques. Sera en effet considéré communément comme mouvement social un mouvement dont les demandes sont exprimées par des moyens familiers et parfois très codifiés (grève, manifestation, occupation de bâtiments, etc.), puisant dans un « répertoire d’action collective » [10] attestant en quelque sorte de sa légitimité. Or, une émeute urbaine échappe aux représentations communes de ce qu’est un mouvement social ainsi qu’au champ de la légitimité, et on a pu voir par exemple des militants communistes faire des déclarations lamentables fustigeant les émeutiers de novembre comme n’employant pas « la bonne méthode » – ce qui leur permettait de ne pas se « risquer » à les soutenir d’une manière ou d’une autre, et voilait au passage l’abandon des quartiers populaires par les organisations politiques de gauche depuis de nombreuses années.

La typologie de l’action collective d’Anthony Oberschall [11] et sa définition d’un « modèle éruptif » peuvent nous permettre d’envisager l’émeute par rapport aux autres « mouvements sociaux ». Le modèle éruptif concerne un groupe social peu organisé et « segmenté », c’est-à-dire « faiblement intégré » (le groupe intégré étant celui qui, disposant entre autres de mécanismes de représentation, a une chance d’être entendu des autorités supérieures). Au sein de ces groupes, les mobilisations sont rares, et quand elles surviennent, elles sont souvent relativement brèves, violentes, et faiblement structurées, fautes de dirigeants ; elles sont également plus sujettes à une répression forte. Ce modèle convient manifestement au cas des émeutes de novembre 2005. Diverses quant à leurs déroulements et aux motivations des acteurs, celles-ci n’en furent pas moins le jaillissement d’une colère, d’un ras-le-bol et d’un désespoir évidents, ce qui en soi est politique. Logique, légitime, la révolte le fut assurément. Violente et éphémère aussi, et tout l’enjeu des prochaines années est sans doute celui de la structuration, de l’organisation – bref de l’intégration politique au sens d’Oberschall – et bien sûr de l’union des forces de part et d’autre des périphériques.

*

Du côté étudiant, la question de la légitimité fut également posée, mais cette fois au sein du mouvement lui-même, par ses acteurs et détracteurs. Les assemblées générales virent en effet s’affronter dans certaines universités partisans et opposants au CPE, mais également partisans et opposants aux blocages des universités, ou encore partisans et opposants au vote à bulletin secret pour décider ou non des blocages et occupations des locaux. Ces débats furent bien souvent menés avec un souci de ce qui fut appelé la « démocratie ». Quelques remarques s’imposent ici. Il est assez surprenant de constater que pour beaucoup, agir démocratiquement signifie reproduire à petite échelle le fonctionnement « démocratique » de l’Etat. Ainsi, la légitimité d’un mouvement social se réduirait à sa conformité avec ce qu’on nomme la « démocratie » – principalement, en l’occurrence, la place laissée à l’expression d’opinions frontalement opposées et le principe du vote à bulletin secret. Peut-être est-ce là une des retombées des cours d’éducation civique républicaine : faire du révolté un être policé.

Le sable des pavés n’a pas la mer à boire
Ca sent la marée calme dans les amphis troublés
[12]

Bien sûr, il n’est pas question de condamner cela, ni de donner des leçons ou de prétendre là encore détenir « la bonne méthode ». Mais à cette forme de mimétisme, on pourrait opposer – comme certains le firent – l’idée qu’une action collective a des logiques de fonctionnement potentiellement multiples et originales. En effet, action collective ne signifie pas a priori action de la majorité, ni action concertée dans un équilibre des forces entre « pro » et « anti ». Elle peut ne pas reproduire dans son organisation les règles figées du régime démocratique – au contraire, en tant qu’elle s’inscrit dans une situation exceptionnelle, elle peut tendre à réinventer ses propres règles et formes de légitimité. Ainsi, on peut dire que le simple fait qu’une partie (même minoritaire) des étudiants, dans l’évidence partagée, se soulève contre une loi scandaleuse, rend leur mouvement légitime – et on peut logiquement considérer que c’est à eux seuls de définir et de décider de leurs modes d’actions de manière collective (et non en glissant un papier dans une urne protégée par un isoloir), tant qu’ils peuvent les assumer. [13]


En conclusion : du courage et de la virilité comme valeurs politiques et économiques

« La vie, la santé, l’amour sont précaires. Pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? » [14]

Il est assez amusant de constater que les plus sécuritaires des sécuritaires en matière d’ordre public sont ceux qui défendent avec le plus de poésie l’insécurité comme « loi » dans le domaine de l’emploi (précarité signifiant avant tout absence de sécurité quant au contrat de travail, aux revenus, aux droits sociaux, etc.). Ceux qui martèlent le plus fort le discours de la peur sont également ceux qui brandissent le plus fièrement celui du courage.

Ainsi, en novembre 2005, les « sauvageons » et autres « racailles », stigmatisés par les fabricants et les marchands de peur, furent matés par ces derniers, qui savent se transformer à la moindre alerte en distributeurs de matraque et d’écrous. On ne compte plus les apparitions télévisuelles virilistes de N. Sarkozy s’adressant au courage d’une troupe de CRS, faisant parfaitement écho aux méthodes locales de ses fonctionnaires.

De son côté, Dominique de Villepin sut lui aussi donner la preuve de son courage et de sa virilité. Parfaitement en phase avec l’idéologie libérale qui fait de la précarité une valeur car représentant le risque, source de courage (le MEDEF distinguant « risquophobes » et « risquophiles »), il tint bon face aux manifestants – « la situation du pays » se trouvant pendant plusieurs semaines « suspendue... aux couilles du Premier ministre » [15]... jusqu'à ce qu’il lâche. Et le mouvement étudiant, constituant un nouveau précédent, a ainsi à coup sûr généré une crainte dans la « France d’en haut », qui, on peut l’espérer, lui a fait ranger pendant quelques précieuses secondes son soi-disant « courage » au placard.



[1] Projet de loi pour l'égalité des chances, exposé des motifs, janvier 2006
[2] ibidem
[3] Voir par exemple Saïd Bouamama, L’affaire du foulard islamique, La production d’un racisme respectable (Le Geai bleu, 2004), dont sont extraites nos citations
[4] Voir Pierre Bourdieu, Ce que parler veut dire (Fayard, 1996)
[5] Stéphane Beaud et Michel Pialoux, « La "racaille" et les "vrais jeunes", critique d’une vision binaire du monde des cités » (article paru sur liens-socio.org le 30 novembre 2005)
[6] Alain Bihr et Roland Pfekkerson, « L’égalité des chances contre l’égalité » (article paru dans Le Monde diplomatique en septembre 2000)
[7] La Calcine, « Sous le ciel » (Des maux s’insèrent, 2003)
[8] Voir par exemple l’article de Françoise Blum, « Ils sont entrés en politique » (paru dans Le Monde le 11 novembre 2005)
[9] Voir l’ouvrage synthétique d’Erik Neveu, Sociologie des mouvements sociaux (La Découverte, « Repères », 2005)
[10] Charles Tilly, La France conteste de 1600 à nos jours (Fayard, 1986)
[11] Anthony Oberschall, Social Conflict and Social Movements (Englewood Cliffs, Prentice Hall, 1973)
[12] Léo Ferré, « La violence et l’ennui » (1969 - 1980)
[13] Pour un exemple d’argumentation de cette tendance « dure » du mouvement étudiant, lire le quatrième communiqué du « Comité d’occupation de la Sorbonne en exil »
[14] Laurence Parisot, présidente du MEDEF, septembre 2005
[15] Voir « Les couilles de Villepin », excellent article publié par le Collectif Les mots sont importants en mars 2006

Photos : Benoist Buttin, Tomas Astudillo, Damien Boisson-Berçu


PJ
mise en ligne : 19.05.2006




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