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II - Mystères de l’immigration et de l’identité nationale



Parmi vos ouvrages, Du bougnoule au sauvageon, voyage dans l'imaginaire français a été publié en 2002. S'il devait ressortir en 2007, quels chapitres ou précisions ajouteriez-vous ?

La principale modification porterait sur le titre et ses développements subséquents. En 2007, cela donnerait Du bougnoule au sauvageon, aux sous-hommes, au Kärcher, à la racaille. Cela me semble plus en phase avec l’extension récente, en France, du champ lexical du vocabulaire de la stigmatisation. Il n'est d'ailleurs un secret pour personne que ce vocabulaire s’est enrichi de l’apport personnel du nouveau Président de la République française.


Mais pas seulement…

En effet. D’autres pensionnaires illustres du cénacle politique, intellectuel et artistique français y ont aussi abondamment contribué. Leur totale impunité est d'ailleurs un signe patent du laxisme moral en la matière. Je pense notamment à Pascal Sevran et à ses réflexions d’une haute portée philosophique sur les capacités génésiques des Africains et leur conséquence sur la désertification de l’Afrique. Je pense aussi à Georges Frêche et ses remugles à connotation hitlérienne sur ces « sous-hommes » que seraient selon lui les Harkis, pourtant serviteurs doublement fidèles à la France dans son armée en Algérie et dans son économie en France métropolitaine. Je pense également à Hélène Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuelle de l'un des temples du mérite républicain, l’Académie Française, auteure de borborygmes sur la polygamie africaine à l’origine selon elle du soulèvement périurbain de la France, à l’automne 2005. Je pense enfin à Alain Finkielkraut, grand théoricien de l’humour « noir » sur une France « risée de l’Europe avec son équipe de football Black, Black, Black ».


Que vous inspire à cet égard le discours prononcé le 26 juillet 2007 à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar par le Président de la République française ?

Je trouve consternante la prestation de M. Sarkozy lors de la première tournée africaine de sa présidence, en juillet dernier. Et plus consternant encore le silence de la kyrielle des intellectuels qui participent de son aréopage. Et plus consternante enfin la satisfaction béate de sa plume, Henri Guaino, qui se propose de populariser la parole présidentielle par l’impression du pensum fondateur de « Sarkozy l’Africain »… Ce discours du Président Sarkozy renvoie à des stéréotypes coloniaux primaires et ses propos outranciers révèlent sa vision d’une « anthropologie raciste », selon l’admirable expression de Thomas Heams, maître de conférences en génétique à Paris (cf. à ce propos les pages Rebonds dans Libération du 2 Août 2007). Ainsi donc, l’Africain est figé dans la nostalgie. Ainsi donc, à l’instar des pédophiles, cela est « inné » chez lui, suggère le président. L’Africain, dit-il, « ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès… » C’est vrai qu’il y a de la répétition chez l’Africain. La première fois c’était à Verdun en 1916, la deuxième fois à Monte-Cassino en 1944. Mais il y a aussi de la répétition chez les Français eux-mêmes. Il s’agit d’une répétition dans l’ingratitude, marquée par les massacres de Sétif (Alger), Thiaroye (Sénégal) et Madagascar. Et cela ne relève pas de la répétition de ma part, mais de la réitération pour que cela soit définitivement ancré dans la conscience nationale française : la France est le seul pays au monde à avoir pratiqué une répression compulsive au sortir de la Deuxième Guerre mondiale à l’encontre de ses colonies, au moment où le Royaume-Uni accordait leur indépendance tant à l’Inde qu’au Pakistan… M. Sarkozy soutient que la France n’est pas responsable ni de la corruption, ni de la dictature en Afrique. S’agit-il d’une méconnaissance de notre histoire nationale, ou plus simplement de mauvaise foi ? Le Président de la France semble ignorer l’existence de M. Jacques Foccart et des réseaux de la Françafrique. Il semble ignorer l’assassinat en 1958 à Genève de Felix Moumié, chef de l’opposition camerounaise. Il semble ignorer le supplice de Patrice Lumumba, Premier ministre charismatique du Congo indépendant, en 1961. Il semble ignorer le supplice de Mehdi Ben Barka, figure de proue de l’opposition marocaine et du Tiers-monde… Toutes ces personnalités ont été éliminées avec l’aide des réseaux gaullistes, l’ancêtre du parti de M. Sarkozy… La Belgique, elle, a reconnu depuis belle lurette sa responsabilité morale dans les dérives de son système colonial. Mais la France, pour sa part, persiste à louvoyer, quand bien même elle a été grandement bénéficiaire de son aventure coloniale, tant en termes économiques qu’en termes d’influence diplomatique dans le monde… Etre grand, c’est assumer ses propres actes, c’est s’assumer sans fioritures. Il est à craindre que la France ait encore des progrès à faire dans ce domaine.


Pensez-vous, à l'instar des militants de l'association Survie, par exemple, que le terme de « décolonisation » n'a aucune valeur concrète sur le terrain ?

Elf-Total au Gabon est le bras armé de la diplomatie souterraine française en Afrique, comme a tendu à le démontrer le procès fleuve des dérives de la firme pétrolière française. Bolloré en Côte d’Ivoire, 250 entreprises françaises au Sénégal, une dizaine de bases militaires disséminées en Afrique notamment à Djibouti, au Tchad ou en Côte d’Ivoire, encore, sans parler des amitiés très « particulières » des présidents africains avec leurs homologues français successifs… L’indépendance africaine est bel et bien une fiction. Cela dit, je trouve particulièrement incongru que des pays aussi démunis que les pays africains se soient appliqués durant des décennies à financer les partis politiques d’un pays riche, la France, qui de surcroît les a particulièrement exploité pendant des siècles. En vertu de quel principe autre que celui de la vénalité et de la veulerie ? En vertu de quel principe le groupe Bolloré – vacancier émérite du nouveau président français – disposait-il, jusqu’en juin 2007, du monopole des transactions de la filière café-cacao en Côte d’Ivoire ? En vertu de quel principe ce même groupe dispose-t-il toujours, aujourd’hui encore, de la maîtrise du secteur stratégique des transports (transport maritime et logistique, transport ferroviaire et concession du terminal à conteneurs de Vridi) ? En vertu de quel principe Bouygues (télécommunications) et les grandes banques françaises (Crédit Lyonnais, BNP et Société Générale) font-ils de même au Sénégal ? Cinquante ans après l’indépendance des pays africains, l’Afrique n’a-t-elle donc pas su susciter de cadres compétents ? Ce laxisme cache-t-il une forme de corruption rampante des élites des deux côtés de l‘Atlantique ? Quelles en sont les contreparties ? Des « charters de la honte » ? Le plus blâmable n’est peut-être pas celui que l’on croit dans cette affaire. Le plus blâmable, ce sont d’abord les dirigeants africains, ensuite les élites. Ce sont eux qui ont trahi et compromis le développement futur du continent.


Pourtant, dans son ouvrage La force qui nous manque paru en 2007 aux éditions Les Arènes, la juge Eva Joly écrit ceci : « Au Kenya, en Zambie, en Afrique du Sud, à Madagascar, en Algérie, en Angola, en Tanzanie ou au Nigeria, je ne rencontre aucune fatalité, mais un énorme et vieux mensonge : pour un dollar donné, les pays occidentaux en retirent deux de la terre africaine. » Est-ce un constat que vous avez pu vérifier sur le terrain ?

L’Afrique est le continent qui a connu la plus forte dépossession de l’histoire de l’humanité, et ce continent continue de servir de dépotoir de la planète et d’exutoire à ses maux. Le plus infâmant dans tout cela est que des présidents africains tels Mobutu (Zaïre), Houphouët-Boigny (Côte d’Ivoire), Omar Bongo (Gabon), Sassou Nguesso (Congo) aient saigné leur pays pour entretenir le train de vie des politiciens français, sans que ceux-ci ne leur soient d’aucun secours dans la difficulté. Mobutu, une fois destitué, s’est vu interdit de séjour et de soin en France. Il a dû errer longtemps avant de trouver refuge… au Maroc, pays qui abrite d’ailleurs sa sépulture. Affaire à méditer longtemps.


Dans le film Bamako d'Abderrahmane Sissako, Aminata Traoré a cette phrase : « L'Occident s'est créé et s'est infligé deux peurs : le terrorisme et l'immigration. » Nos sociétés occidentales en ont-elles seulement conscience, ou ont-elles délibérément opté pour la politique de l'autruche ?

Toute conscience se pose en s’opposant. L’Occident a constamment forgé des concepts pour assurer sa domination sur le reste du monde. Il en a été ainsi des théories du « res nullius » et du « fardeau de l’homme blanc », qui ont permis de justifier nombre de conquêtes coloniales. Cette société a constamment besoin d’un ennemi extérieur pour cimenter sa cohésion et perpétuer sa suprématie. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, par exemple, toute une littérature belliqueuse a développé la thématique du « péril rouge », autrement dit le communisme. Puis, avec l’implosion en 1989 de l’empire soviétique, la même littérature fleurit désormais à propos du « péril vert », c’est-à-dire l’Islam. Dans la stigmatisation, « le juif bolchévique » a cédé la place au « nazislamiste ». Notons que, toujours au sens de cette littérature, le « péril vert » n’est qu’un jalon intermédiaire. Il s’agit du prélude à la naissance du « péril jaune ». Celui-ci est constitué par la Chine et l’Inde, et il ne sera d’actualité que lorsque ces deux pays majeurs d’Asie auront parachevé leur phase de montée en puissance, c’est-à-dire vers l’an 2025. A cette date, il y a fort à parier que l’Occident aura perdu le monopole de la puissance et donc son rôle prescripteur. Il devra, par la force des choses, composer avec ces autres composantes de la planète... Dur métier pour celui qui a constamment imposé. Dur apprentissage de la diversité. Cette échéance inéluctable explique donc cette frénésie d’acquisition de gages territoriaux et énergétiques, que ce soit en Irak, en Afghanistan, au Darfour ou dans les Balkans. Ce faisant, l’Occident ne cherche rien d’autre qu’à aborder la prochaine étape en position de force.


Selon Djohar, co-auteure des textes du rappeur Rocé, « aujourd’hui, bien qu’on ait tout un discours contre le racisme, de fait aucune déconstruction n’a été menée à grande échelle. Et tous les mouvements ont tendance à focaliser sur la personne qui est l’objet de discrimination, pas sur la personne qui discrimine et sur le phénomène de la discrimination lui-même ». Pensez-vous que la tendance va en s'inversant ?

L'affirmation est un peu courte. Nicolas Bancel et Pascal Blanchard, dans leurs ouvrages Les zoos humains ou La fracture coloniale ont effectué un considérable travail de mise à nu de la réalité française. A un degré moindre, Du bougnoule au sauvageon, voyage dans l'imaginaire français et surtout Déconstruction des mythes fondateurs de la grandeur française, deux textes dont je suis l'auteur, ont précisément fait, comme de juste, ce travail de déconstruction. Le principal problème, aujourd’hui, c’est de porter tous ces travaux à la connaissance du plus grand nombre. Par ailleurs, les contributions du Mouvement des Indigènes de la République vont aussi en ce sens.





Le mardi 19 juin 2007 au journal de 18 heures sur France-Info, la journaliste évoqua l'entrée au gouvernement de Fadela Amara et de Rama Yade en ces termes : « deux femmes issues de l'immigration ». Pourquoi leur appliquer ce qualificatif s'il ne s'applique pas aussi à l'actuel Président de la République, dont la famille fut peut-être, chronologiquement et historiquement parlant, française APRES les familles de ces deux femmes ? Pendant combien de générations encore, comme le disait le sociologue Abdelmalek Sayad, certains français seront-ils considérés comme étant « issus de l'immigration » ?

Longtemps. Très longtemps encore. La différence entre M. Nicolas Sarkozy, d’un côté, et Mmes Fadela Amara et Rama Yade, de l’autre, est qu’en France jamais le président, d’origine hongroise, ne sera suspecté d’« égorger des moutons dans sa baignoire », alors que cette suspicion pèsera toujours, peu ou prou, sur les personnes d’origine arabe ou africaine du fait même de cette origine et du fait même de la volonté de M. Sarkozy, responsable au premier chef de la généralisation de ce cliché démagogique à vocation électoraliste. Ce cliché va lui coller à la peau, longtemps après son départ du gouvernement, de la même manière que « le bruit et l'odeur » des immigrés ont durablement plombé son prédécesseur Jacques Chirac, obérant son discours humaniste… Par rapport à la séquence antérieure, la promotion de Rachida Dati, de Rama Yade et de Fadela Amara constitue un léger mieux par rapport à Tokia Saïfi, qui avait bénéficié d’un strapontin et d’une aide parcimonieuse dans le premier gouvernement de Jean Pierre Raffarin en 2002. De par son extrême discrétion, la modicité de sa fonction et le peu de considération accordée à son département, elle eut droit au titre de « premier titulaire évanescent du ministère du développement durable ». Le second titulaire évanescent de ce poste aura été Alain Juppé, sous la présidence Sarkozy, en juin 2007 avec une durée de vie de trois semaines. Il est heureux que les représentants des grands corps de l’Etat fassent à leur tour l’apprentissage de la précarité, eux qui veulent tant l’infliger aux catégories défavorisées de la société. Ils y gagneront en modestie et en humanité.


S'agissant de Rama Yade…

Rama Yade sera particulièrement sous observation. Devra-t-elle limiter sa défense des Droits de l’homme aux seules instances internationales et donc ne disposer d’aucun droit de regard sur les violations des Droits de l’Homme en France ? Si tel devrait être la cas, elle risque de servir d’alibi pour la bonne conscience chronique de la mauvaise conscience du pouvoir français. Ce gouvernement multicolore apparaîtra rétrospectivement comme un conglomérat de personnalités bariolées sans grande expérience, sans véritable stature politique, comme un gadget médiatique, un assortiment pour plateaux de télévision. Qu’elle garde à l’esprit la malheureuse expérience de son prestigieux aîné : le général Colin Powel, ancien chef d’état major interarmées des Etats-Unis, premier secrétaire d’Etat afro-américain de l’Histoire, qui s’est couvert de ridicule avec son éprouvette remplie de poudre de perlimpinpin brandie devant le Conseil de sécurité de l’ONU pour justifier l’invasion américaine de l’Irak. Il est à espérer que Rama Yade ne sera pas la nouvelle « Uncle Ben’s » à la sauce française… Cela étant dit, il est à espérer aussi que ces nouvelles promues ne se révèlent pas être un gadget exotique visant à masquer une xénophobie d’Etat, comme en témoignent les rodomontades du nouveau président français et la création d’un Ministère de l’Identité nationale et de l’Intégration. Relevons au passage que Fadela Amara, qui rejetait haut et fort toute sujétion à la tête de son mouvement Ni putes, ni soumises, s’est révélée être très soumise aux sirènes du pouvoir de droite. Il est des faiblesses coupables voire mortelles. Pour la crédibilité de nos engagements, gardons présent à l’esprit l’impérieuse nécessité de donner toujours l’exemple d’une « éthique de conviction ». L’exact contraire, en somme, de l’opportunisme d’occasion.


C'est un peu le processus que vous dénonciez en 2002 dans Du bougnoule au sauvageon…

Effectivement. Au-delà de l’actualité immédiate, force est de constater que cinq siècles de colonisation intensive à travers le monde n’ont pas encore banalisé la présence des « basanés » sur le sol français. Idem pour les treize siècles de présence continue, matérialisés par cinq vagues d’immigration, qui n’ont toujours pas conféré à l’Islam le statut de religion autochtone en France – pays où le débat, depuis un demi-siècle, porte sur la compatibilité de l’Islam et de la République, comme pour conjurer l’idée d’une agrégation inéluctable aux peuples de France de ce groupement ethnico-identitaire, le premier d’une telle importance sédimenté hors de la sphère européocentriste et judéo-chrétienne… Réelles et fondées sont les interrogations. Mais, par leur déclinaison répétitive - Islam et modernité, Islam et laïcité, etc., les variations sur ce thème paraissent surtout renvoyer au vieux débat colonial sur l’assimilation des indigènes. Comme pour démontrer le caractère inassimilable de l’Islam dans l’imaginaire français. Comme pour masquer les antiques phobies chauvines françaises. Malgré le brassage survenu en Afrique du Nord et les copulations ancillaires de l’outremer colonial. Malgré le mixage démographique dans le sud de la France depuis la conquête de la Septimanie en 719 et le peuplement des Pyrénées par les 150 000 Morisques fuyant l’inquisition espagnole en 1610. Malgré les vagues successives des réfugiés du 20e siècle d’Europe, d’Afrique, d’Indochine, du Moyen-Orient et d’ailleurs… Au delà des joutes spéculatives, à savoir si « l’Islam est soluble dans la République ou, à l’inverse, si la République est soluble dans l’Islam », la réalité s’est elle-même chargée de répondre au principal défi interculturel de la société française au 21e siècle. Soluble ou pas, hors de toute supputation, l’Islam est désormais bien présent dans la République d’une manière durable et substantielle, de même que la démographie française relève d’une structuration interraciale et sa population d’une configuration chromatique.


Que penser du fait que l’intitulé du secrétariat d’Etat échu à Rama Yade joigne « Affaires étrangères » et « Droits de l’homme » ?

« Secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères chargée des Droits de l'homme », c'est un borborygme. Les Droits de l'homme sont en principe universels, sauf à considérer que la France ne commet pour sa part aucune violation des Droits de l'homme. L'intitulé des fonctions de Mme Rama Yade-Zimet signifie sa mise à l'écart des violations françaises qui interviendraient sur le sol national (charters de la honte, sans-papiers, etc.). Il lui sera donc loisible de dénoncer tous les pays du monde, sauf le sien. Voila en clair l'intitulé de sa mission.


Autre « lapsus » : le vendredi 20 avril 2007, dans le journal de 7h30 de France Inter, la journaliste Agnès Bonfillon annonçait des dégradations survenues la veille au cimetière de Notre-Dame-de-Lorette, situé près d'Arras dans le Pas-de-Calais. Mais, rassura-t-elle l'auditeur, « seules des tombes du carré musulman ont été profanées »… Quelques semaines plus tôt, pourtant, la même journaliste ouvrait son journal avec les mots de « douleur », « horreur » et « consternation » à propos de la profanation de tombes juives dans un autre cimetière. En quoi cette différence de ton va-t-elle dans le sens de ce que vous écrivez en page 69 de l'ouvrage Du bougnoule au sauvageon : « Par un faux effet d'optique [la France] se donnera l'illusion de venger ses avatars d'Algérie et, par un philosémitisme actif, l'illusion de sa Rédemption, substituant une arabophobie à une judéophobie, en somme une injustice par une autre injustice, feignant par là même d'ignorer que l'injustice ne se combat pas par une autre injustice » ?

« Les murmures de Yad Vashem », qui dictent selon ses propres dires la conduite du nouveau président français, ne sauraient occulter les râles des suppliciés de Sétif (Algérie) et de Thiaroye (Sénégal), pas plus que la longue complainte contemporaine du peuple palestinien. Les camps de concentration hitlérien ont abouti à la liquidation d’êtres humains du fait de leur origine ethnico-religieuse, de la même manière que l’esclavage et les zoos humains ont provoqué l’anéantissement mental et physique d’êtres humains, transformés en cadavres vivants du seul fait de leur origine ethnico-religieuse. Les deux actes sont hautement condamnables. Les deux doivent être condamnés et induire la même réparation. Il ne saurait y avoir une concurrence mémorielle. Cela relève de la dignité de l’espèce humaine et, à ce titre, cela est moralement non négociable.


En page 122 de Du bougnoule…, vous qualifiez la France de « patrie de la mémoire courte ». Le discours du 6 mai 2007 du nouveau Président de la République énonçait ceci : « Je veux en finir avec la repentance qui est une forme de haine de soi, et la concurrence des mémoires qui nourrit la haine des autres. » Que cela augure-t-il pour la suite selon vous ?

S’il est vrai que la repentance est « une forme de haine de soi » et que « la concurrence des mémoires nourrit la haine des autres », il aurait été plus judicieux alors de ne pas se livrer à la repentance initiale. Il est en effet malsain de privilégier une repentance au détriment d’autres. La haine des autres se nourrit de la discrimination que l’on institue dans le traitement des diverses composantes de la mémoire meurtrie de la France. La question pourrait se révéler sacrilège, mais posons-la toutefois pour la clarification du débat : si les Juifs exterminés dans les camps hitlériens n’avaient pas été des ressortissants d’Europe – autrement dit : si les Juifs relevaient d'une population issue de l’Afrique noire, de l’Amérique latine, du monde arabe, ou d’Asie –, auraient-ils bénéficié de la même sollicitude dans la reconnaissance du génocide dont ils ont été victimes ? L’extermination des Juifs, il est important de le rappeler, s’est produite sur le continent européen, incarnation à l’époque de la civilisation. Plus précisément, cette extermination a même été le fait de deux pays, l'Allemagne et la France, qui représentaient alors l’apogée de la civilisation, à tout le moins au regard des peuples de ce continent. La repentance concerne donc au premier chef ces deux pays… De la même manière, l’esclavage et la déportation massive des Africains ont été aussi principalement le fait de l’Europe. Là aussi, la repentance concerne au premier chef les pays qui s’y sont livrés, à savoir principalement la France, le Royaume-Uni, l’Espagne et le Portugal… Il est à cet égard singulier d'observer que, dans ces deux cas de figure, la France est impliquée. Le problème devait donc être posé en ces termes, sans faux-fuyant. Le débat aurait gagné en sérénité. Esther Benbassa, intellectuelle française qui ne saurait être suspectée d’antisémitisme, préconise d’ailleurs la reconnaissance de tous les génocides.


Concernant le traitement des « pages noires », vous dites : « Les deux [shoah et massacres coloniaux] doivent être condamnés et induire la même réparation » : pouvez-vous préciser ce que vous entendez par « réparation » ? Par ailleurs, vous dites qu’ « [Esther Benbassa] préconise d’ailleurs la reconnaissance de tous les génocides » : vous employez ici le terme de « reconnaissance ». Que préconiser ? Réparation ou reconnaissance ? Et quelle doit être la forme de cette reconnaissance ?

Il ne saurait y avoir de discrimination dans la souffrance. Le génocide juif est une aberration de l’esprit, condamnable de la manière la plus absolue. Il était juste et sain que les pays concernés reconnaissent leur responsabilité. La traite des Noirs et l’esclavage se sont déroulés sur plusieurs siècles. Ils sont expliqués rétrospectivement comme un fait de civilisation à une époque donnée, une curiosité historique en somme. L’esclavage est aussi une abomination. Il doit être condamné comme tel, au même titre que les autres formes d’extermination.


Vous dîtes : « Il aurait été plus judicieux alors de ne pas se livrer à la repentance initiale. Il est en effet malsain de privilégier une repentance au détriment d’autres ». Pour notre part, nous sommes convaincus qu’il faut sortir du vocabulaire de la « repentance », que vous reprenez ici à votre compte. D’une part, aucun groupe (associatif, politique, etc.) sérieux et qui dispose d’une tribune ne réclame à notre connaissance de « repentance ». C’est au contraire un terme utilisé par les pseudo-historiens, philosophes et hommes politiques réactionnaires pour disqualifier tout besoin de reconnaissance exprimé par les descendants d’esclaves et de colonisés (dont les revendications liées au passé sont en fait profondément ancrées dans leur situation présente). D’autre part, vous parlez de « repentance initiale », alors que s’agissant du rôle de l’Etat français dans la déportation et donc dans l’extermination des juifs, il s’est agi justement de reconnaissance (de responsabilité) et nullement de repentance (que personne ne réclame)…

J’ai sciemment utilisé les expressions en vogue au sein de l’élite, notamment le nouveau Président de la République. Je préfère pour ma part, dans la mesure ou la France est un pays adulte, qu’elle assume sa propre histoire avec ses faits glorieux et ses méfaits. La réaction a été trop vive car le pouvoir français dans ses discours, son enseignement a toujours cherché à magnifier son action, tout en taisant ses actions hideuses et en se permettant de faire la morale au reste de l’Humanité ! C’est ce décalage entre sa posture moralisatrice et son bilan par moments sujet à caution qui fait problème. D’autre part, la France ne peut pas être, pendant une quinzaine d’années, le théâtre d’un débat public à portée pédagogique sur son comportement durant la Seconde Guerre mondiale, multiplier les gestes à l’égard de la fraction de la population française de culture ou de religion juive, et d‘un autre côté réduire à sa portion congrue, le débat sur la colonisation, qui a tout de même duré cinq siècles avec son cortège d’abus, d’horreurs et de dépersonnalisation, le tout couronné par une « loi sur le rôle positif de la colonisation »… Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans ce pays.





Pensez-vous qu'il s'agit d'une des raisons pour lesquelles la disparition, le 9 juin 2007, du cinéaste sénégalais Sembène Ousmane, auteur notamment de Camp de Thiaroye en 1987 – film toujours inédit sur les écrans français à ce jour en dépit ou à cause d'une puissance thématique très polémique – n'a quasiment pas été saluée par la presse française ?

Le film Camp de Thiaroye n’est pas du tout polémique. Il est surtout révélateur, dans toute leur ampleur, des turpitudes françaises lors de la Deuxième Guerre mondiale. Pour cette raison, il reste sans « exposition » sur les écrans français. Ce comportement est en lui-même révélateur de l’exception française. Sa projection aurait eu une valeur pédagogique et thérapeutique… Saluer comme l’a fait le Président de la République la mémoire de Guy Môquet, ce jeune communiste français fusillé durant la Deuxième Guerre mondiale par les Allemands, est un acte de justice. Mais cela aurait été pédagogiquement exemplaire si cet hommage s’était accompagné de la condamnation des bourreaux, c'est-à-dire cette police française zélée qui a livré à la mort un compatriote, au seul prétexte qu’il était un patriote français. C’était en cela que le supplice de Guy Môquet eut été exemplaire des dérives infâmantes et odieuses de l’appareil étatique. Cette même police a aussi été maître d’œuvre de la rafle du Vel' d'Hiv et n’a jamais été condamnée pour cela. Une prophylaxie sociale aurait commandé d’exalter la lumière de la France, sans négliger de stigmatiser sa part d’ombre. Mais vous voyez Nicolas Sarkozy condamner la police, le socle de son pouvoir sécuritaire ?


Page 112 de Du bougnoule au sauvageon, vous situez à la date de 1990, c'est-à-dire l'année de la crise puis de la première guerre du Golfe, la « césure entre la communauté musulmane et l'opinion française à propos de l'engagement français au sein de la coalition internationale contre l'Irak ». Une deuxième guerre du Golfe a éclaté depuis. Au-delà du fait que votre phrase induit le fait que la communauté musulmane et la communauté française forment deux entités séparées – en 2002, les esprits étaient peut-être moins à cheval sur ces questions qu'en 2007 ! -, pensez-vous qu'il soit envisageable dans les années qui viennent de revenir à une société française sur le modèle d'avant 1990 ?

Il y a toujours eu une césure entre la communauté musulmane et l’opinion française. Aux ratonnades du temps de la guerre d’Algérie ont succédé la réclusion des Harkis, pourtant loyaux à la France, puis les fanfaronnades « musculatoires » qui ont émaillé et continuent d’émailler le langage populaire français durant la période d'indépendance des pays arabes : « Faire suer le burnous », « Les idées mais pas du pétrole », etc. Mais depuis 1990 et l’arrivée à maturité de la troisième génération issue de l’immigration – quel borborygme ! –, l’opinion française a pris conscience d’un fait majeur : la présence durable sur le sol français de la présence des « basanés » et de la « souillure » qu’ils allaient infliger à la blancheur immaculée de la démographie nationale. Une crainte déjà exprimée, par anticipation, par l’un des plus célèbres journalistes français, face à l’afflux d’Italiens en France : « Déjà un surcroît d’émigrants latins risque d’aggraver une rupture déjà sensible dans la structure humaine du pays. Ce sont donc des Nordiques qu’il nous faut », prophétisait en effet Jacques Fauvet, futur Directeur du journal Le Monde, longtemps avant « l’excroissance » arabo-africaine. Mais voilà, les choses ne sont pas aussi simples : les Français s’opposeront aussi au plombier polonais, pourtant un blond de première qualité, lors du débat sur la ratification du traité constitutionnel européen, le 29 mai 2005. Que penser de ce micmac intellectuel ? Réflexe phobique ou éternelle insatisfaction ? Le mental français baigne dans la complexité et le débat public dans l’hypocrisie. Personne ne se formalise dans ce pays qu’un citoyen français servant dans l’armée israélienne – le caporal Gilad Shalit –, en opération de guerre contre un peuple ami de la France (les Palestiniens), réclame la protection diplomatique de la France. Ou bien qu’un réserviste de l’armée israélienne brigue le suffrage des Français en sa qualité de conseiller du ministre de l’Intérieur… Simple hypothèse d’école : imaginons, du temps de l’idylle franco-irakienne, qu’un franco-irakien se soit enrôlé dans l’armée irakienne et combatte l’invasion américaine de l’Irak. N'apparaîtra-t-il pas immanquablement comme « suspect » voire comme un « terroriste » ? En tout cas jamais il n'apparaîtra comme un patriote… Dans la même logique, l’accusation d’antisémitisme est aujourd'hui une arme de destruction massive. Elle est destinée à dissuader toute critique de la politique israélienne. L’étranger l’est toujours dans le regard de l’autre. Il le restera jusqu’à ce que la France ait besoin de lui. Voyez Yannick Noah, joueur camerounais de tennis, puis compétiteur franco-camerounais du circuit mondial, finalement vainqueur français du tournoi de Roland-Garros. Idem pour Zinedine Zidane et l’équipe multicolore victorieuse du Mondial 1998.


Comment la France est-elle perçue aujourd'hui de l'autre côté de la Méditerranée, notamment dans les régions où vous avez travaillé, par les pouvoirs en place ainsi que par les populations ?

La France est une aubaine pour les dirigeants en place, discrédités et ultra-minoritaires. La « lutte contre le terrorisme » est leur meilleur certificat de survie. Pour les populations, les choses vont tout autrement. La France pose problème. Il ne s'agit pas uniquement du terrorisme, pas uniquement du « fascislamisme ». Il s'agit aussi, et dans les mêmes proportions, de l’arrogance occidentale et du mépris des droits vitaux des peuples du Tiers-monde. « La France fait partie du problème et non de la solution des problèmes du Monde arabe », avait magistralement résumé le journaliste libanais Joseph Samaha au lendemain de la Guerre d’Israël au Liban en juillet 2006, déplorant la partialité française et son alignement inconditionnel sur les Etats-Unis et sur les positions de l’hôte libanais du président français. Comment peut-on concevoir, sans trouble de conscience, qu’un dirigeant d’un des pays les plus riches et les plus puissants de la planète, Jacques Chirac, soit l’hôte permanent de la famille d’un dirigeant d’un pays sinistré par la guerre, de surcroît assassiné du fait de sa propre politique ? Il existe une limite à l’amitié et à l’indécence… De même, la France convoque d’urgence une conférence sur le Darfour pour forcer un « couloir humanitaire », mais se voile la face dès qu’il s’agit de la Palestine. Saviez-vous qu'il y a des Casques bleus sur tous les points chauds du globe, sauf en Palestine ? Le président George Bush s’impatiente à propos du Kosovo, qu'il veut propulser vers l’indépendance avant fin 2007, estimant que dix ans d’atermoiements étaient insupportables, alors que la Palestine se débat contre l’hypocrisie occidentale depuis cinquante ans. La duplicité du discours occidental est une des sources majeures de tension dans le monde. Elle est génératrice de violence.


Depuis quelques années et singulièrement depuis le 1er décembre 2003, il y a en France une personnalité qui déclenche les passions : Dieudonné. Lors d'une conférence donnée à Lyon le 12 avril 2007, vous déclariez avoir compris sa démarche jusqu'à sa poignée de main avec Jean-Marie Le Pen. A l'époque, François Bayrou avait commenté la rencontre entre ces deux hommes par la phrase suivante : « C'est peut-être leur antisémitisme qui les rapproche » (émission A vous de juger, France 2, 16 novembre 2007). Pourtant, l'explication de Dieudonné tenait en une phrase : « On ne fait la paix qu'avec ses ennemis », et il s'était dans le même temps rendu au QG d'autres candidats – mais l'information n'avait pas été relayée dans les mêmes proportions… Quelques mois plus tard, le même François Bayrou axait sa campagne présidentielle sur une volonté de « faire travailler ensemble des personnalités de droite et de gauche ». Une fois élu à la présidence, Nicolas Sarkozy s'est à son tour empressé de reprendre le credo de François Bayrou – credo qu'il avait pourtant combattu de toutes ses forces au cours de la campagne, affirmant qu'il n'était « pas sérieux de vouloir faire travailler ensemble des personnalités de bords opposés » – recrutant à tour de bras dans les rangs de « l'opposition ». Mieux : le 20 juin 2007, le Président Sarkozy invitait Jean-Marie Le Pen à l'Elysée et la presse saluait cette fois un « geste d'ouverture inédit »… Question : ce qui pose problème ici, sont-ce des mots, des faits et des gestes, ou est-ce la façon dont ceux-ci sont rapportés ?

Il importe de ne pas banaliser l’infâme, mais d’établir une claire démarcation entre compromis et compromission. Faire travailler gauche et droite dans l’espace démocratique est une chose, dédouaner un personnage qui a érigé la xénophobie comme principe de vie et programme de gouvernement en est une autre. Nicolas Sarkozy a phagocyté la thématique de l’idéologie du Front national, la vidant de sa substance et siphonnant du même coup l’électorat lepéniste. En recevant Jean-Marie Le Pen à l’Elysée, c’est en tant que vainqueur qu’il reçoit un vaincu sur son propre terrain. Un grand seigneur qui couvre de sa sollicitude son vassal idéologique défait, puisque Nicolas Sarkozy ratisse non seulement les lepénistes, mais largement au-delà… La visite de Dieudonné à la Fête du Front national, elle, avait l’allure d’un voyage à Canossa. Un acte gratuit d’autant plus inexplicable que ce geste fort émanait de l’un des porte-drapeaux les plus audacieux de la contestation du racisme institutionnel français – dont Le Pen n’est finalement que le plus tonitruant représentant –, et qu'il ne s’est pourtant accompagné d’aucune remise en cause de la doctrine lepéniste, d’aucun regret pour ses excès de langage ou pour son comportement – guerre d’Algérie, noyade de l’étudiant marocain Brahim Bouarram dans la Seine le 1er Mai 1995, etc. La crédibilité suppose une intransigeance sur les principes intangibles. Le laxisme idéologique entretient la confusion mentale et justifie a posteriori tout le débauchage politique dont la vie française a offert le spectacle depuis la campagne présidentielle 2007 et l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Il y a des mutations qui retentissent comme des désertions. A défaut, la lutte des classes cède le pas à la lutte des places et cette dérive dévalorise le combat politique… Ce qui fait problème avec Dieudonné c’est la main tendue à Jean-Marie Le Pen. Ses mots relevaient de l’humour grinçant mais néanmoins salutaire pour autant qu’ils secouaient de leur léthargie mentale le landerneau politico-médiatique. La visite à Le Pen, dans son fief, a absous totalement le chef du Front national et relancé le chauvinisme récurent de la société française. Je n’aurais rien eu à redire si Dieudonné s’était adressé aux électeurs du Front national. Dieudonné, à tort ou à raison, était perçu comme un symbole. Et il n’est pas sain que les symboles soient galvaudés par des gestes inconsidérés.


Néanmoins, parmi les multiples questions dérangeantes qu'il a contribué à mettre sur la table ces dernières années, Dieudonné a formulé celle-ci : pourquoi le concept d'« immigration choisie » s'applique-t-il seulement aux personnes et non aux matières premières ?... Y'a-t-il selon vous une méconnaissance de ces enjeux-là par le grand public ?

Dans l'esprit des Occidentaux, l'Afrique est un champ expérimental privilégié. C'est en Afrique que se testent les médicaments – voir à ce propos l'admirable film La constance du jardinier. L'Afrique détruit quotidiennement sa faune et sa flore pour nourrir quotidiennement les Européens de poissons frais (voir à ce propos le non moins admirable film Le cauchemar de Darwin et les ravages de la perche du Nil sur l’écologie du bassin du lac Victoria). C'est l'Afrique aussi – mais pas uniquement – qui fait office de dépotoir des déchets toxiques (voir à ce propos le scandale du cargo panaméen à Abidjan)… L'Afrique est le continent de l'immigration choisie et des sinistres écologiques ciblés. L'Afrique est ce continent dont le patrimoine artistique est pillé pour l'édification de grands musées à la gloire de la culture universelle (musée du Quai Branly en France), mais dont les ressortissants sont renvoyés chez eux en guise de déchets de l'humanité… Au titre de la contribution à une morale universelle de comportement, l'Afrique en particulier, le Tiers-monde en général, ont pourtant offert à l'humanité au 20e siècle, Nelson Mandela et le Mahatma Ghandi, l'apôtre de la non-violence, en contrechamp des prestations occidentales en ce domaine durant la même période : Hitler, Mussolini et Staline. Comprenne qui pourra.



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