#14
Aux abois


Qui la condamne le plus, mais fier face au miroir, ne voit pas la flamme qu’il a au fond des yeux ?

Qui sème la haine récolte le feu

Car qu’ils le veuillent ou non, leurs politiques et leur violence institutionnelle, physique et verbale, sont le terreau purement logique de l'irrespect des institutions et du refus de leur jeu politique. Et cette violence ne peut être renvoyée dos à dos avec celle de citoyens, comme si elles se valaient : les institutions - au service des citoyens - se doivent d'être irréprochables, et elles ne l'ont jamais été, jusqu'à ces temps difficiles où, talonné par une horde de cerveaux malades, un amoncellement d'élus se met au garde à vous devant l'extrême droite, sans culture et sans mémoire, sans perspective et sans honte. Porc ou porcelets, qu'importe, puisqu'ils se roulent dans la même merde, et puisque les mêmes balles sifflent quand leurs chargeurs se vident, quand leurs paroles annoncent le pire, dans les urnes ou dans la rue... Car ils préparent ensemble le terrain à ce qui leur échappera, quand leur vote sera devenu l'arme la plus destructrice...

Les voilà déjà qui s'avancent, en file droite et chacun son tour, pour glisser une douille de plus dans le barillet de la haine.

C'est comme une roulette russe avec, dans le barillet, une balle dans chaque trou...

L'angoisse monte... Et la paranoïa sait de quoi se nourrir, quand les prophètes du chaos sont dans notre ligne de mire, quand nos armes se gavent de mots, quand nos convictions tirent,

Un doigt sur la gâchette et le reste aux abois.


Pool !


janvier 2006
illustration : akimbo


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