#15
Comme un cycle


Si le mépris est éternel, son fonctionnement est circulaire : le trait qu’il dessine rattrape son origine. Mais face à l’amnésique, son ressassement semble novateur : s’il est lâche et passéiste, et même complice de l’inavouable, le mépris s’autoproclame « courageux » et « créateur ».

Equation de l’innovation cyclique réactionnaire, ou comment faire du neuf avec du vieux

1. puisque le monde tourne ainsi, les grosses panses s’accordent : exploitation flexible, immigration choisie, redressement des déviants, coups de matraque – à l’ancienne.
2. puisque le monde ne tourne plus ainsi, code du travail, droit d’asile, éducation, dialogue, défendus par les belles âmes, deviennent des valeurs réactionnaires.
3. puisque le monde l’a dit, le passéisme des grosses panses innove, crée, ose.

Récidive

Acquérir – ruiner les acquis. Construire puis détruire, et détruire comme on construit.
Comme un cycle du mépris, quand ils décident d’en haut, bien peignés et le col droit.

Comme un cycle de l’isoloir, tous les cinq ans, en rangs dociles, et sa conscience pour soi.
Comme un cycle de la rue, quand il le faut, bordel organisé, et l’évidence pour tous.

Comme un cycle de la foule, une purgation collective, quand la rue invective et si les trônes s’écroulent.


mai 2006
illustration : akimbo


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