#17
Sablier


Il y a ce sable qui tombe et qui joue pour les flammes. Ceux qui le voient descendre et ne lèvent pas le doigt. Et puis ce grain de sable jeté dans l’engrenage, qui sent que le temps pour lui est une question de pages, espère d’autres grains pour former une plage...

Il y a ce qui s’égrène et qui n’est d’aucun rêve. Et toute ruse est vaine, quand le temps soude les chaînes : le sable chute en haut et s’accumule en bas, crée l’espace ici et l’étouffement là-bas. Contrat social, d’embauche, d’intégration... « Appel d’air », tu jactes, ta tête est vide comme ces pactes.

Il y a la « reconduite » qui se fera dans l’heure. Renverse le sablier et scrute ces images : cette heure qui suit est comme une sombre page, un air de déjà vu qui n’inquiète qu’une marge, quand les crosses obéissent comme à l’heure des carnages. Des képis dans l’école, comme l’alcool sur la plaie.

Tout va bien, à la minute près.



Je sais des assassins qui ont le cran d’arrêt
Et qui sont beaux comme les cons qui vont voter


Et ils comptent les secondes pour monter sur le trône. Il y a celui qui rêve aux affiches sur les murs, et fantasme en l’avenir dans une urne. Et puis celui qui sait le cirque depuis tant d’années, et n’oubliera jamais de ne pas aller voter.

C’est vrai, j’oubliais, autant savoir à qui tu tends le bâton...



Il y a ce sable qui tombe et qui joue pour les flammes. Ceux qui le voient descendre et ne lèvent pas le doigt. Et puis ce grain de sable jeté dans l’engrenage, qui sent que le temps pour lui est une question de pages, espère d’autres grains pour former une plage...

Et qu’ils s’y échouent tous pour un dernier naufrage.

S'oublier


janvier 2007
illustration : akimbo


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