
Katarsis - Requiem pour une tainp (Almereyda, JP / JP)
Cette terre est un champ de cadavre que nos consciences labourent au scalpel
Ça sent le gaz, fais briller l’étincelle
Baptise le pavé avec la sueur d’un flic
9 m², évasion, veines ouvertes : suicide
Ce qui t’emmerde, c’est qu’on trouve les mots pour exprimer ce malaise
Pas juste cantonnés à jouer les macaques cagoulés sur des braises
Je prends la parole, quand d’autres perdent espoir
Une façon d’équilibrer une balance pas foutue de reconnaître de l’or en barre
La lucidité : son éclair foudroie
J’ai pas l’écume aux lèvres mais des rêves où tu crèves d’effroi
Comparution immédiate : ferme ta gueule, paie ta dette
Et l’abattoir s’abreuve toujours du sang des bêtes
Marre de n’avoir pour seul repère la lumière de tes gyrophares en guise de réverbère
La jeunesse de ce pays ne fait qu’attendre d’être vieille pour mieux mourir
Comme tous ces vieux qu’on stocke en hospice quand ils n’ont plus rien à offrir
Mépris, insulte : vous appelez ça le talent ?
La rue tire trois lattes d’espoir, elle relève l’affront
Pour être à la hauteur, petite pute, il faudra autre chose que tes talons
Que la caisse claire éclate les enceintes
Dites-le sans crainte
Requiem pour une tainp
Quand la colère marque de ses empreintes
Dites-le sans crainte
Requiem pour une tainp
Requiem pour une tainp
Tu veux du concret ? Je t’en donne
Ce qui t’étonne, c’est que notre ambition ne s’arrête plus à la pose de carrelage dans tes Hilton
Des preuves de notre insolence, j’en ai des tonnes
Qui croulent sous le poids de la résignation de modestes francophones
Des familles en équilibre sur la pointe d’un schlass
A subir les caprices de cette putain de garce
Une matraque guidée par l’ivresse du crime
Rafle, et le sang ruisselle sur les murs de ta ville
Maintenant, le fossé se comble et la vermine ne veut plus avoir à rougir de son patronyme
Et demande qu’on l’entende, non : exige la parole
Alors ravale ta sourdine, laisse tomber le protocole
Intimidation, pression, police, vol, viol, mépris, méfiance, morgue
C’est ces poèmes et ces vers tachés d’hémoglobine
Ma drogue qui m’exclut, me condamne et m’assassine
Que nos propos agacent et froissent ne me gênent le moins du monde
Ça prouve que leur impact fait le dégât d’un jet de fronde sur une pyramide de verre
Je viens souffler ma colère, ternir l’éclat insolent qu’affichent tes ministères
Il y a le cocktail qui vomit le feu de ses tripes
Le verre éclate sur la façade froide de cette République
Que la caisse claire éclate les enceintes
Dites-le sans crainte
Requiem pour une tainp
Quand la colère marque de ses empreintes
Dites-le sans crainte
Requiem pour une tainp
Requiem pour une tainp
Extrait de l'album Souledad disponible sur le site de Katarsis
octobre 2008
illustration : akimbo