#21
Noir de seum


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Noir de seum

Noir de seum (Al Benzina, JP, Shaman, Almereyda / Shaman)


Frérot, le barillet fait la bise aux porcs
De Paname à la grosse pomme
Whisky sec au corps
Les rues sentent la morgue le 17 octobre
Des grammes d’herbe pour maquiller les sales cernes
Les zombies traversent les bidonvilles de Nanterre
Et Jack Daniels arrose l’homicide au faciès
Les damnés de la « té-c » butinent ce sale spliff à l’odeur de plastic
Les neurones ruminent ce sale film
Les deux pieds dans l’urine du bitume des parkings
Mes salauds tisent, mes salauds dealent des saloperies
Alcoolisme, narcotiques
Et l’héroïne frelatée se pique à la carotide
Au pays de Sarkozy

Putain de Sarko-lepsie
T’es encore endormi ?
Tu pensais peut-être à un nouveau départ avec en chef de file un nain en costard ?
Encore une fois : une carotte dans le fion, tu te l’es carrée bien profond
Tu croyais quoi ? Au messie ?
Tu pensais peut-être que ta vie avait de l’importance ?
Ça fait des lustres que je me bats plus que pour ma panse
Ventre creux mais idées claires
Mon existence, je laisserai personne la mettre plus bas que terre
J’ai jamais cru aux promesses, même pas en Dieu
C’est pas pour me laisser guider par ces « vards-cre »
Qu’en veulent qu’à ma signature en bas de page
L’unique raison pour laquelle je vote, c’est en hommage
Aux combats menés, et à ceux qui m’attendent, moi et mon entourage
Je leur dois bien ça
Comme porter haut les couleurs de l’Afrique en pleine guerre d’Angola
Voilà : ressentir dans sa chair l’humiliation séculaire
Sentir le froid des fers sur les chevilles de tes pairs
La seule différence, et elle est de taille
C’est que d’un passé commun
Les bourreaux avaient mon teint et ma taille

Du haut d’un banc, pupilles dilatées, on voit mieux le monde
Le vice s’achète, se fume
Esprit pieux qui tombe
Les cadavres pourrissent dans les placards
Les vers se nourrissent
Bouteilles, alcool, chaque verre nourrit
Les vieilles rancœurs fermentent
Les vieilles rengaines des énarques
République des portes fermantes
Les proches, les potes, moi-même, déceptions sur déceptions
Le tout sur un joli fond de récession
L’insomnie flirte avec les cernes
Si on pouvait s’endormir au stop
Plutôt que refaire sa vie sous kaléidoscope
Mais mes idéaux me bloquent, pas besoin de viser haut
Juste sur leurs têtes
Voir son envie de glisser aux drogues
Tester les vices et autres prods
Une nuit pestée au poste
Comme beaucoup dans leurs semaines
Mais les anciens acceptent la faim jusqu’à la semelle

Du gasoil sur les doigts, des tessons dans la gueule
Seul à pillave le soir, les ongles noirs de seum
L’incendie éclaire nos cœurs
Vos péchés se lavent à l’eau salée de vos pleurs
Des gorgées, des taffes pour que les paupières se couchent
Raser les murs, ça affûte les coudes
Jamais été question de dialogue, cousin
Encore moins quand le charter est un aller simple pour la morgue
La rhétorique d’un kamikaze
Le cerveau pété ne chante que le carnage
Boire à la bouche des gouttières
Bave pas
T’imagines pas la matière grise dans le « ne-cra » de mes frères
Un pit qui bouffe des guêpes, bête de vertige
Quand tu passes des maux de tête au traumatisme
Plus foi en la morale d’Oswald qu’en celle du Code pénal
Tu vois : je fraye pas avec des « lope-sa »
Bois à ta chute
Claque des phases entre deux mollards, deux insultes
MC, autant de foutre dans ta bouche que dans la chatte de Kouchner
Ma prunelle s’embrase, je suis amer
Les offrandes d’un P38 en réponse au sécuritaire
Sa mère !


avril 2009
illustration : akimbo


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