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Aimé Césaire
Discours sur le colonialisme
Présence africaine, 1955

Aimé Césaire - Discours sur le colonialisme

savoirs
politique


92 pages
1ère parution : 1950
  

Aimé Césaire est décédé le 17 avril 2008. Il était l’un des symboles de la lutte identitaire « nègre » et anticolonialiste, et un très grand écrivain.

A l’heure où tant de ceux qui se roulent avec délectation dans le fumier françafricain ou le racisme et le néocolonialisme verbal et concret y vont de leur petite courbette d’hommage et de leur larme de crocodile, il nous semble plus judicieux d’injecter cette piqûre de rappel.


« Colonisation : tête de pont dans une civilisation de la barbarie d’où, à n’importe quel moment, peut déboucher la négation pure et simple de la civilisation. »

« On me lance des faits, des statistiques, des kilométrages de routes, de canaux, de chemins de fer. Moi, je parle de milliers d’hommes sacrifiés au Congo-Océan. Je parle de ceux qui, à l’heure où j’écris, sont en train de creuser à la main le port d’Abidjan. (…) Je parle de millions d’hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme. »

« colonisation = chosification »


En 1950, en pleine guerre d’Indochine, trois ans après les tueries de Madagascar et cinq ans après les massacres du Nord-Constantinois (Algérie), alors que l’Empire colonial français ne tremble pas encore dans son ensemble, Aimé Césaire publie un pamphlet sanguinaire qu’il vomit à la face de l’Europe.

Son point central est simple : l’Europe hypocrite se rachète une virginité en dénonçant le nazisme et en commençant de construire une Europe institutionnelle et économique sous couvert d’humanisme, alors même qu’elle continue d’être une puissance coloniale exploiteuse et massacreuse. Au cœur du colonialisme, une idée simple : la supériorité d’une race sur d’autres. Ainsi, le bourgeois du 20e siècle, « chien de garde du colonialisme » ou non, « très cultivé, très humaniste, très chrétien (…) porte en lui un Hitler qui s’ignore » : dès le 19e siècle, « c’était déjà Hitler qui parlait » dans l’entreprise coloniale. Et l’Europe coloniale est « condamnée, y revenant comme par vice, à remâcher le vomi de Hitler ».


« Cela n’a pas eu l’heur de plaire à tout le monde. Il paraît que c’est tirer de vieux squelettes du placard. Voire ! »

PJ
19.04.2008


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