01. y’a pas d’arrangement
02. tomber la chemise
03. double peine
04. tombés des nues
05. quinze ans
06. je crois que ça va pas être possible
07. je suis
08. tout semble si...
09. on est chez nous
10. oualalaradime
11. le manouche
12. né dans la rue
13. le petit robert
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En 1998, la France découvre un nouveau groupe : Zebda. Ou plutôt, on découvre une chanson :
« Tomber la chemise », n°1 dans les charts. Pourtant, Zebda en est à ce moment à son troisième album, le premier sorti en 1992 et le second trois ans plus tard. Cela dit, ce serait précipité que de parler pour Essence Ordinaire d’album de la consécration ou même de reconnaissance. On peut aujourd’hui affirmer que cet album a été en partie victime du succès de son premier single. Il ne s’agit pas de dire que ce titre est mauvais ou contraire à l’esprit du groupe mais force est de constater qu’il a occulté le reste. Pour beaucoup, Zebda est étiqueté « groupe festif »,ce qui n’est pas faux, mais très réducteur.
Et pour s’en rendre compte, il suffit d’écouter l’album.
En fait, on peut presque découper le disque en trois parties :
-première partie :chansons 1 et 2, titres festifs
-seconde partie :chansons 3 à 9, titres conscients
-troisième partie :chansons 10 à 13, qu’on peut qualifier de « récits nostalgiques ».
Il va de soi que ce découpage est assez artificiel et qu’on ne sent pas cette partition à l’écoute, l’ensemble étant très cohérent.
Chose rare, cet album est complet, dans le sens ou toutes les chansons sont bonnes, il n’y a rien à rejeter. Les titres vont du très bon à l’excellent, en passant par le remarquable. Certains trouveront les titres comme « Tomber la chemise » ou « Y’a pas d’arrangement » ou encore « Je crois que ça va pas être possible » très moyens voire mauvais, mais il s’agit là d’une simple saturation comme en on connaît avec des titres trop diffusés. Si on écoute ces chansons avec une oreille neuve, on les trouve bonnes. Ce sont d’ailleurs les seuls titres pouvant être contestés, et comme on l’a constaté pas pour de bonnes raisons.
Pour ce qui est des titres excellents il y en a plusieurs.
On peut parler de « Double peine », une chanson ou on trouve un florilège de formules percutantes dont Zebda a le secret et notamment le refrain :
« je suis celui qu’on a puni deux fois, ici et puis là bas » ou encore cette phrase qui dit: « je sais où je gène, et que j’ai des airs de celui qui t’chourre l’oxygène ».
Ou encore « Tombés des nues », la chanson suivante, dans laquelle on continue sur la même thématique et dans le même registre. Ce titre raconte l’arrivée d’un immigré lambda en France et explique à la façon « petit prince », comment quelqu’un qui arrive dans ce pays subit à la fois la difficulté à s’adapter, le changement de culture et le rejet des autres ...et tout cela sans s’y attendre. Une formule choc ici encore « mon visage est une page qu’on arrache pas » qui répond à tous ces gens partisans de « l’intégration à la française » qui dans la tête de beaucoup serait plus justement nommée « digestion » car on se rend compte qu’il y en a qui pensent que le fait de ne pas manger de porc est un refus de s’intégrer !
La huitième chanson est un titre excellent de plus, cette fois sur le sujet de l’avancée inquiétante du Front National que connaissait le Sud il n’y a pas si longtemps :
« N’attends pas qu’ils reviennent
Même s’il n’ont pas d’arme tu vois
N’attends pas qu’ils reviennent
Ils ont pris quatre villes déjà
N’attends pas qu’ils nous tiennent
Même s’il n’ont pas d’arme ils sont là
N’attends pas qu’ils reviennent »
Ce refrain suffit à résumer la chanson.
Et on pourrait continuer longtemps comme ça à dire du bien de cet album, en prenant chaque chanson et on en faisant l’éloge...
Cet album est sans doute le plus abouti du groupe, tant sur le plan des mélodies que sur celui des paroles. Zebda y affirme un esprit d’engagement et on y sent tout le mélange culturel qui fait le groupe Toulousain, et qui montre son attachement à ce pays, tout en redonnant un sens au mot
« intégration », son sens véritable qui consiste à faire cohabiter des cultures différentes et non à en imposer une comme étant souveraine et intouchable.
Un album à découvrir ou redécouvrir d’urgence, en oubliant s’il le faut le succès de « Tomber la chemise », et à posséder dans sa collection.
Adis 01.01.2002
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