liste des disques
Baloji
Hôtel Impala
Hostile, 2008

 Baloji - Hôtel Impala

01. intro
02. tout ceci ne vous rendra pas le congo
03. entre les lignes
04. ostende transit
05. le reste du monde
06. la petite espèce
07. a l’heure d’été
08. septembre
09. repris de justesse
10. coup de gaz
11. hôtel impala
12. de l’autre côté de la mère
13. où en sommes-nous ?
14. liège bruxelles gand
15. nakuenda

  

La mémoire est mon bien le plus précieux

En 2005, Baloji, ancien membre du groupe liégeois Starflam, reçoit du Congo une lettre de sa mère. Il ne l’a pas vu depuis 25 ans. Elle lui pose des questions sur toutes ses années, et il décide de lui livrer en chansons une partie de son histoire, depuis son arrivée à Ostende (Belgique) en 1981 jusqu’à son retour à venir à Lubumbashi (Congo).

Pour ce faire, Baloji, toujours armé de sa voix tonitruante et d’une plume aussi percutante que complexe, s’entoure de nombreux musiciens et choristes. Ce qu’il propose sont des chansons, accessibles même si elles ne s’embarrassent pas des formats : nombre d’entre elles sont longues et se permettent des ruptures formelles parfois surprenantes – comme pour épouser des sentiments confus : ceux de l’enfance, de l’adolescence et du temps présent.

Je fais semblant de ne pas entendre leurs consignes
Rester en marge, pour lire entre les lignes


Il faut dire que Baloji a de quoi remplir cette première « autobiophonie » : enfant illégitime loin de sa mère et de son pays d’origine, il connaît les vicissitudes d’une famille recomposée qu’il quitte à 16 ans ; puis petite délinquance, drames touchant des proches, rap, illégalisme sans-papier, arrestation par la police rafleuse belge et enfermement dans un centre de rétention… Chassant toute pudeur, les textes de Baloji touchent autant qu’ils peuvent dérouter. Mais aucune trace chez lui de ces pleurnicheries repentantes et monastiques tant à la mode chez les bien-pensants de notre côté de la frontière : autant de tendresse que de rage, autant de mélancolie que de reproches dans ses couplets.

Vu d’ici, l’Europe est un port de plaisance
Où les porcs se dépensent, le cœur à la place de la panse


Si on retiendra notamment le diptyque Hôtel Impala/De l’autre côté de la mère – père et mère(s), électrique et acoustique, coup de poing et hommage –, trois morceaux-clés semblent baliser Hôtel Impala. Le surpuissant Tout ceci ne vous rendra pas le Congo, tout d’abord, qui ouvre le disque sur un panorama offensif du pays d’origine avant que l’avion n’atterrisse en « terre d’accueil ». Puis au cœur du disque, le superbe Septembre se fait le bilan des premières années et s’ouvre sur le présent et la question, très délicate pour Baloji, de l’expression des sentiments. Et en fin de parcours, Nakuenda, bâti autour d’un texte éloquent de Marvin Gaye, annonce le retour et les retrouvailles autant qu’il conclut, dans le doute et au cœur d’une montée en puissance congolaise saturée et surprenante, ces 25 années de vie.

I never shoulda left home

Un disque unique, dont on attend avec impatience la suite.

PJ
29.04.2008


DONNEZ VOTRE AVIS
» Réagir et lire les réactions à cet article




© Acontresens 2002-2017