liste des disques
In Vivo
Deuze
In Vivo, 2008

 In Vivo - Deuze

01. fokjfume
02. fais vite
03. gitane
04. fourmi
05. cycles
06. pas à pas
07. interfunk
08. epouvantail
09. humantape
10. skisdans
11. ashram acoustik
12. khol acoustik
13. baleines acoustik
14. double u live
15. trente
16. torapamavoa nicolas
17. trompé de planète

  

Fais vite...

Six ans après un premier album éponyme en trio, In Vivo sort en duo son second (et dernier) disque via internet. Bien malgré eux, les membres du groupe ont dû faire traîner leur projet, dans un monde où tout est vitesse.

Exit les guitares nerveuses et groove de Farid : seuls la guitare acoustique, le sitar et autres cordes de Densio portent désormais les mots de Djamal. Nouveau style qui accompagne une évolution déjà entamée dans la plume de Djamal, qui écrit de plus en plus des chansons : textes épurés visant l’émotion sans atours, refrains simples et efficaces.


Il y a eu et il y aura ce qui sera et ce qui fut
Il y a eu et il y aura ce qui fut et qui sera…


Enveloppé dans le bourdon mélodieux du sitar, Djamal déclame dans Cycles un texte obscur et mystique affirmant la boucle des événements, l’éternel retour, la transmission de mots et d’actes quasi-inchangés. C’est cette question du temps qui est centrale dans la plupart des textes : le passé enfantin et le futur parental, l’avenir incertain mais certainement pire, l’âge qui avance et les années qui passent… vite.


C’est ma seule sortie : une fuite comme défense

Dans un petit conte philo-funk, Skisdans, Djamal propose sa propre « allégorie de la caverne », faite d’allers-retours entre son « bloc » et « cet autre monde », origine de ce regard qu’il veut décalé – des deux côtés du périphérique – et qu’il avait développé dans le schizophrène Yeti en 2002. Le clivage entre Djamal le banlieusard et son rap hardcore d’une part, et Djamal alias « Mr Torapamavoa », auteur de morceaux (trop ?) ludiques sur des sujets graves d’autre part, s’estompe en fait dans ces chansons d’In Vivo : ni graves ni légères, ni faciles ni trop complexes, toujours sensibles et finement écrites. Une sorte de réconciliation, dans la fuite amarrée.

Tu seras seul sur la route… à quoi tu t’attendais ?


Avec Pas à pas, Djamal signe un texte magnifique, sibyllin, rempli de ces « silences traduits en discours », à propos d’un homme jamais nommé, errant dans un « monde qui ne l’épouse pas ». Un nœud dans ce disque, qui se termine justement par un surprenant Trompé de planète : morceau offensif, comme une marche de guerre, mais où la bouche ne grogne que des sons, loin des mots et de leur poids peut-être finalement trop lourd. Quinze ans après ses premiers morceaux, Djamal n’a sans doute pas fini de surprendre.


Et les mots que je dépose là… sont une offrande à rebours.

PJ
15.12.2008


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