liste des interviews pages 1 - 2 - 3


Rennes, 1er décembre 2001. Avant la soirée évènement des Transmusicales, durant laquelle doit se produire La Caution, Nikkfurie, producteur et MC du groupe, nous reçoit dans sa chambre d'hôtel. Six mois après la sortie du fabuleux album "Asphalte Hurlante", rencontre avec l'un des artistes les plus doués et les plus prometteurs de la scène rap française.


Nikkfurie - La Caution Pour commencer est-ce que tu peux nous présenter le parcours de La Caution ?

Nikkfurie : Alors La Caution c'est deux rappeurs, Hi-Tekk et Nikkfurie, et un DJ, DJ Fab. On a fait le schéma classique, on a commencé à rapper il y a six ans de ça, on a fait beaucoup de concerts, des mixtapes, des compilations, qui ont fait que de fil en aiguille on est arrivé à sortir notre premier maxi chez Assassin Productions, qui s'appelait "Les Rues Electriques", qui a plutôt été bien accueilli. Ensuite on a enchainé sur notre album, qui a été très bien accueilli aussi, et voilà on est là.


Concernant votre passage chez Assassin Productions, comment s'est passée la rencontre, qu'est-ce qui a fait que vous êtes allé vers eux ?

Nikkfurie : En fait on avait rencontré Maître Madj d'Assassin Productions par l'intermédiaire d'un de ses cousins qui est un pote à nous, et avec Nobel de La Contrebande, un ami à nous, Madj a pensé à La Caution pour l'Avant-Garde, une série de maxis qui sortaient. Donc on est venu, ça collait, on a fait le morceau de l'Avant-Garde ; on a fait écouter différentes maquettes, ça intéressait, et on s'est dit pourquoi pas faire un bout de chemin ensemble ?


Vous avez fait le Tour de l'Espoir en première partie d'Assassin l'année dernière. Qu'est-ce que vous retenez de cette expérience ?

Nikkfurie : Déjà Assassin c'est un des trois pionniers du rap français, qui a eu beaucoup d'écho, et c'est un groupe qui remplit les salles donc ça a été positif pour nous à ce niveau là. En même temps on était une première partie un peu à l'essai, c'est à dire que si ça le faisait pas on n'aurait pas continué. Donc voilà on a bossé, on n'avait que "Les Rues Electriques" qui était sorti en vynil, donc très peu diffusé etc... on est arrivé avec des nouveaux morceaux, des titres de l'album qu'on jouait avant, comme "Souvent" et "Culminant". On jouait ça sur scène à partir de DAT, et on essayait de donner tout ce qu'on pouvait pour faire impression au public qui ne connaissait pas les morceaux, qui ne connaissait pas La Caution, et ça s'est très très bien passé, les gens ont été grave réceptifs, on a été une très bonne première partie je pense. On arrivait à faire monter la pression et quand Assassin arrivait c'était le feu. On n'a fait que les 20 premières dates parce qu'après on a quitté Assassin.


DJ Fab vous accompagnait sur scène. Il signera des prods sur le prochain album ?

Nikkfurie : Ouais en fait nous on fonctionne par rapport à la qualité, on sait qu'on peut avoir de la qualité maison, c'est à dire moi, Fab, et certains producteurs qui tournent autour de nous, comme Yogi, DJ Duke, qui sont des gens proches et qui font des sons qui peuvent être susceptibles de nous intéresser. Maintenant pour les prochains trucs et pour tout ce qu'on fait si on trouve le son mortel on le prend, que ce soit moi qui l'ait fait, Fab, ou quelqu'un qui n'est pas forcément dans notre entourage.


Quand on écoute votre album "Asphalte Hurlante" on voit que le fond et la forme sont très liés, la musique met dans l'ambiance du morceau. Comment se passe le travail d'écriture par rapport aux sons ?

Nikkfurie : Déjà ça me fait plaisir que vous me disiez ça, parce que c'est vraiment le but. En fait si on pouvait caractériser notre style ce serait ça : arriver à faire ressortir une ambiance de l'alchimie texte/son. C'est à dire t'es dans une autre pièce, y'a un morceau de notre disque qui tourne, l'ambiance tu vas la ressentir, et c'est ce qu'on essaie de faire ressortir le plus possible. En fait c'est un truc qu'on a naturellement. On va sélectionner des sons en fonction de l'ambiance. Par exemple pour notre album on avait d'autres sons qui auraient pu plus accessibiliser le truc. Sur un morceau comme "Rétrospectives" l'alchimie du texte et du son est mortelle, même si c'est super deep et que ça va concerner que des gens qui aiment le hip-hop, et nous on aime le hip-hop. "Rétrospectives" c'est un thème rue et on aurait pu le faire sur un son de gangster à la Def Squad, ça aurait balancé un peu plus, mais quelque part au niveau de la recherche artistique ça nous aurait moins correspondu. On a essayé justement de vraiment faire l'alchimie sans calcul, avec plein d'influences : l'électro pour certains trucs, pour "Rétrospectives" c'est plus rock voire pop rock, voire même country avec de l'harmonica etc... Rock pour "Asphalte Hurlante" qui est un morceau super deep, et dont ce soir vous allez avoir l'exclusivité de voir le remix, très rock. Vous êtes les premiers à qui je dis ça (rires). En fait on n'a pas de barrières, on fait en fonction du thème. "Asphalte Hurlante" ça fait très métallique, ça fait ressortir une froideur et en même temps une chaleur. En même temps on a travesti le mot asphalte, c'est un peu comme tu dis "ce mec là c'est une pute" (rires). Voilà, on essaie de vraiment faire coller un thème au son, on va pas parler de roses sur un son à tendance métallique, et parler de trucs super hardcores sur un son funky.



pages 1 - 2 - 3 page suivante



© Acontresens 2002-2014