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Six mois après notre rencontre avec Djamal, nous profitons du festival Froggle Rock 2002 à Verneuil-sur-Avre pour nous entretenir avec les concepteurs musicaux d'In Vivo, à savoir Farid à la guitare, et Densio à la guitare et au sitar. Occasion d'en savoir plus sur eux et leur histoire, ainsi que sur la conception de leur excellent premier album... en attendant le suivant qui suscite bien des interrogations et des attentes.


Densio, tu es sans doute le moins "connu" des 3 piliers d'In Vivo. Peux-tu nous raconter tes débuts ?

Densio : En fait j'ai commencé à faire de la musique avec des membres de groupes comme No One is Innocent par exemple. Mais j'ai jamais eu de groupe qui a signé ou marché, donc pour gagner ma vie je vendais des instruments de musique, des guitares, et c'est comme ça que j'ai appris pas mal de techniques de jeu, en fréquentant des tas de musiciens différents. C'est comme ça aussi que j'ai rencontré Lofo, avant même que Farid en fasse partie : j'équipais plein de groupes pour la scène. Après je suis resté dans les instruments de musique mais au lieu de vendre aux particuliers j'étais chez les grossistes et je faisais de l'import-export.
Farid : Ouais il faisait des affaires (rires).
Densio : Et après j'ai fait de la relation artistique, ce qui m'a amené à signer des groupes en France et aux Etats-Unis.
Farid : Tous les mecs du cercle Lofofora allaient voir Denis sur Pigalle, c'était le gars qui te faisait économiser de la thune, qui te conseillait en guitare.


Et In Vivo c'était pour toi une envie de se fixer avec un groupe ?

Densio : Ouais In Vivo c'est à la fois une envie et une réalisation, parce que des envies de groupe j'en ai plein, j'ai plein de groupes. Je peux citer Molock BââL, mon groupe de speed-metal avec qui je joue depuis dix-douze ans... enfin voilà plein de groupes comme ça. Donc ça a pas été spécialement une envie, ça a été une cristallisation des envies de chacun. On a fait un disque, on est maintenant en concert. Ca aurait pu m'arriver avant, c'est arrivé maintenant et c'est tant mieux parce que je suis paré pour ça, dès que c'est arrivé j'étais prêt, j'avais déjà plein de savoirs, avant même d'avoir fait beaucoup de concerts.
Farid : Pour expliquer un peu, Denis était prêt musicalement, mais après il est comme moi : pour entrer dans un groupe il faut une histoire, une amitié, un vrai déclenchement. Un jour je suis allé voir Denis avec mes morceaux, il m'a dit ok on y va, et l'histoire s'est faite. Souvent il y a plein de bons musiciens comme ça mais qui n'ont pas rencontré une histoire de groupe qui fait que tu peux aller jusque là.
Densio : Oui, jusqu'à démarcher. J'avais une vision très très idéaliste de la musique, genre "c'est la magie, entre pairs", etc, alors que si tu vas pas chercher le contrat personne viendra te l'amener. Ca c'était dans les rêves dans les années 60, aujourd'hui c'est fini. Et moi je pensais pas en terme de contrat. Faut se dire parfois que c'est un métier, un business, et qu'il faut avoir la démarche de démarcher.

Oliv'man, Djamal, Densio
Oliv'man, Djamal et Densio le 6 juillet 2002 à Fégréac

Farid, tes débuts avec Lofofora ?

Farid : Je suis arrivé au premier album. Pascal, le guitariste, qui était d'ailleurs un super pote de Denis, a lâché l'affaire en studio, donc je suis arrivé à ce moment là dans Lofo.


Tu composais avec eux ?

Farid : Oui on composait tous ensemble. Il y a un album dont je suis assez fier, c'est l'album "Peuh !", le deuxième, dans lequel j'avais beaucoup composé, et aussi dans "Dur comme fer" sur lequel j'avais pu inviter Denis sur Les liquides de mon corps. Lofofora c'était un groupe très classique au niveau de la composition, t'as un refrain, j'ai un couplet, on mélange le tout et ça fait un morceau.
Densio : Pour revenir à Pascal, ce qui est très drôle c'est qu'il était guitariste dans Kabal sur scène, et c'est aussi un lien avec Vincent (batteur d'In Vivo sur scène, ndlr) et moi, puisque Pascal jouait avec Vincent au lycée. Et moi j'ai joué avec Pascal.
Farid : Et avec le chanteur de No One is Innocent qui était leur pote aussi.
Densio : Ouais c'était vraiment une histoire de potes.
Farid : J'ai rencontré Denis à une époque où j'avais envie d'arrêter Lofofora et de faire autre chose, je lui ai proposé de monter dans l'histoire avec moi. J'avais rencontré Djamal avec le maxi Lofofora/Kabal, on était parti en tournée et donc vécu des trucs ensemble. En fin de compte, et c'est le cas pour In Vivo, ce qui est bien c'est que toutes ces histoires se sont faites d'abord sur l'amitié. J'ai connu Djamal en chantant, pas en faisant copain-copain. La première fois c'était avec Assassin pendant la tournée "Homicide Tour", j'avais vraiment kiffé. Donc voilà In Vivo on l'a créé sans se prendre la tête, ça s'est fait tout seul. Peut-être que Denis n'avait jamais fait de scène, je veux dire 200-300 concerts, mais il connaît tellement bien son boulot que ça s'est fait tranquillement.
Densio : (avec une voix aigüe) J'ai trouvé ma voix (rires). Et c'est pour ça qu'on m'interview rarement d'ailleurs (rires).

Farid et Djamal
Farid et Djamal le 6 juillet 2002 à Fégréac

Densio, tu avais eu l'occasion de monter sur scène avec Lofofora ?

Densio : Ouais. La Cigale et le Bataclan.
Farid : On l'a invité que dans les trucs bien (rires).
Densio : Super expérience la première fois, c'était au Bataclan, et on avait prévu de le faire au rappel, et il m'ont fait monté sur un fly à roulette, j'étais tout seul au milieu de la scène avec le spot, y'avait 1500 fous furieux qui gueulaient (avec une grosse voix) "Ouais Lofo !!", et moi j'arrive avec mon sitar, et les mecs font "Ho hippie !!" (Farid mort de rire). Mais au bout de trente secondes, tout le monde a fermé sa gueule devant le son du sitar, et on a fait le morceau, c'était magique, avec Reuno (chanteur de Lofofora, ndlr) que je connais depuis super longtemps... beaucoup d'intensité.
Farid : Ce qui est bien c'est que Lofofora ça doit être le premier groupe métal au monde à avoir inviter un sitariste sur scène, et c'est hallucinant comme dit Denis de voir les gens fixer le sitar en chambrant au début mais fermer leur gueule au bout de trente secondes, avec une grosse acclamation à la fin… J'avais aussi invité Ekova, je connaissais Medhi qui joue du oud. C'était mon truc dans Lofo, j'amenais ces ambiances en mariant l'Orient et le métal, et ça va hyper bien ensemble.



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