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Votre premier album « Bum Cello » est sorti chez Comet Records, c’est bien Doctor L qui avait assuré la production ?

Cyril : Doctor L nous a juste rejoint pour le mix, mais il a aussi transformé les mises à plat complètement.


J’ai lu que vous ne vous reconnaissiez pas totalement dans cet album ?

Cyril : Au début ça fait un peu un choc mais en fait c’était bien, on l’a laissé faire, comme ça a été enregistré 2-3 jours chez M en campagne, c’étaient des impros totales, enregistrées juste après notre premier concert de Bumcello au Cythéa (une salle où on jouait régulièrement) à Paris. On a enchaîné directement en studio et on a passé quelques nuits avec Doctor L car il travaillait très tard la nuit, c’est un genre de vampire de studio, très productif tard la nuit, mais il faisait tellement de nuit blanche qu’on n'a pas réussi à le suivre.
Vincent : On y est allé une fois, mais on était tellement fatigué avant qu’il commence à bouger un bouton qu’on a dit qu’il fallait qu’on rentre. On avait chacun des enfants qui venaient de naître, on étaient jeunes pères… lui aussi remarque, mais voilà, on n'avait pas les mêmes horaires, on n'est pas des gens de la nuit.
Cyril : Moi j’aime bien jouer la nuit mais je suis plutôt diurne.
Vincent : Moi pareil, j’adore jouer la nuit parce qu’on fait les concerts, mais si j’avais pas la musique, je me lèverais très tôt le matin en fait.

Vincent

Pourquoi avoir changé de label pour ce nouvel album, qu’est-ce que ça a changé pour vous ?

Vincent : Beaucoup de choses…
Cyril : Financières déjà parce que Comet, on les adore, mais ça n'aurait pas avancé aussi vite ce dernier album. Vincent Frèrebeau qui a créé Tôt ou Tard, on le connaissait déjà, il était venu nous voir plusieurs fois au Cythéa, il trippait sur la musique, il commençait à montrer un intérêt. Il avait le back up de Warner, il est devenu indépendant après avec une bonne distribution. Vincent avait déjà bossé avec lui pour Dick Annegarn et d’autres projets, un truc très personnel…
Vincent : Pour Franck Monnet aussi… Je le connaissais bien à travers différentes expériences studios, je voyais comment il était en tant que directeur de label…
Cyril : Très amical…
Vincent : Je savais que c’était quelqu’un qui était assez business-man mais en même temps il avait besoin d’ouvrir son label Tôt ou tard, qui avait un côté très chanson française, un peu rétro comme Thomas Fersen, il voulait aussi montrer qu’il avait une vision, pas de l’avenir parce qu’on n'a pas cette prétention, mais…
Cyril : Internationale…
Vincent : Oui parce que nous par exemple on a joué dernièrement à Bratislava et aux Etats-Unis alors que les autres groupes et artistes du label ne peuvent pas trop le faire... nous on le fait sans problème.


Il y avait des ambitions derrière ?

Vincent : Oui, il s’est dit je peux présenter mon label avec des « produits » différents, d’ailleurs il avait déjà signé Latin Playboys en licence, c'est-à-dire qu’il les distribue. Ca c’est un groupe extraordinaire que peu de personnes connaissent en France. En fait Latin Playboys quand on écoute on se dit que ca sonne « latin ».
Cyril : Ce sont deux musiciens de Los Lobos en fait.
Vincent : Avec Tchad Blake qui a mixé pas mal d’albums incroyables, c’est vraiment un disque magnifique qui a été vendu à moins de 600 exemplaires en France.
Cyril : C’est de leur faute ils veulent pas faire de promo (rires).
Vincent : Tchad Blake a aussi un peu bossé avec Vanessa paradis pour le mix de son album, c’est un mec vraiment fort.
Cyril : C’est vrai que Vincent (Frèrebeau) nous a amené dans vraiment autre chose, mais Comet c’est vraiment eux qui ont lancé Bumcello au début, et grâce à ça on a été racheté, et grâce à cet argent ils ont pu produire les nouveaux disques de Tony Allen. Ca les a vachement aidé financièrement et je pense que la vocation de Comet c’est de faire naître des artistes, les faire grandir.
Après si on était resté chez Comet, je pense qu’on aurait attendu trop longtemps, et le groupe ne se serait peut-être pas cassé la gueule mais un peu dilué parce qu’il fallait qu’on enregistre. On en avait envie et eux disaient qu’il fallait trouver quel genre de musique on voulait faire, je leur ai dit que nous on n'était pas du genre à construire des albums des mois à l’avance. Même si plus tard on le fera peut-être, pour l’instant on n'avait pas envie de ça.


Vous aviez comme une sorte de divergence sur la ligne à suivre ?


Vincent : Non pas de divergences, mais quand t’es un petit label et que tu mets de l’argent dessus, on n'a pas envie de partir au hasard, alors que chez Tôt ou tard, Vincent (Frèrebeau) voulait sortir très vite quelque chose pour lancer une énergie, peut être que sur le prochain album il sera plus prudent.
Cyril : Il n'a pas encore remboursé les frais de Nude For Love alors il sera peut-être un peu plus long (rires). Mais nous on va le pousser.
Vincent : Ces histoires de label c’est un peu délicat quand tu fais des musiques où tu sais à la base que, même si on a des chansons comme Death In Brest ou Beautiful You qui sont des titres assez fort, enfin je pense, moi je les adore...
Cyril : Ils auront une longue vie je pense.
Vincent : Mais le fait qu’on soit à deux, un violoncelliste, plus de 30 ans, moi je suis très « rock’n roll », mais j’ai pas envie de m’inventer des histoires, avoir une attitude, un look machin. Je suis pas près à faire ce qu’a fait M l’année dernière, genre des interviews un peu provo, moi ce qui m’intéresse c’est plus proposer aux gens notre vision de la scène. Les disques c’est encore une autre chose car je ne sais pas encore trop comment ça va évoluer au niveau du discours.
Au niveau de la scène par exemple à Brest c’était vraiment fort, il y avait une énergie vraiment incroyable de fête que je retrouve comme quand tu fais des bonnes soirées où c’est vraiment la fête. Nous sur scène on est les premiers surpris, des fois y a des trucs qui sortent, on ne sait pas d’où ça arrive, ça j’adore. Ca a existé avec beaucoup de groupes mais nous qui tournons énormément toute l’année…
Cyril : ... on voit des groupes mais on la sent moins cette énergie.
Vincent : Des groupes qui nous ont vraiment scotchés… excepté aux Trans bien sûr, car il y a quand même des choses supers intéressantes, c’est assez rare, que ce soit en hip-hop , en hard-rock ou n’importe quoi… je suis rarement surpris par les concerts.


C’est à partir de ce constat que vous vous êtes mis à jouer ensemble ?

Cyril : Ouais c’est pour avoir une liberté totale, pas de répètes, jouer ensemble sur le moment.
Vincent : En plus à deux on a tendance à être nous-mêmes assez généreux chacun, on n'avait pas besoin d’avoir un groupe avec beaucoup de monde, déjà à trois avec M on fait un son assez important en soutenant les chansons, donc là à deux sans chanteur… A l’origine c’était assez instrumental, c’est pour ça qu’on est souvent mis dans l’électro d’ailleurs. Mais j’aime bien le rock pour la danse d’abord, le rythme, le côté répétitif. Même si on joue avec instrument et on utilise pas de séquenceur, ou de sons samplés, la façon dont on enregistre et on se séquence nous-même peut se rapprocher des musiques électroniques.


Oui souvent on a l’impression de production importante, d’un dj derrière…

Cyril : Exact.



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