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Revenons sur l’album Nude for Love, le titre est-il une référence au film « In the mood for love » ?

Cyril : Ce titre est un jeu de mot sur « in the mood for love », qui est à l’origine un vieux standard des années 40 dont le film a repris le titre.
Vic Moan a composé le titre « I'm in the nude for love » qu’on a enregistré sur son premier album et on lui a demandé de réutiliser ce morceau réarrangé ; et on a pensé que « Nude for love » c’était aussi une bonne sonorité pour l’album.
Vincent : Vic Moan c’est quelqu’un qu’on adore, qui a la cinquantaine, on voulait lui montrer qu’on pouvait reprendre une chanson et que si ça marchait ça voulait dire que c’était un standard, qui pouvait être réutilisé. Lui qui n’a fait qu’un disque dans sa vie, c’est quelqu’un qui n’est pas reconnu à sa juste valeur, c’est un façone de lui rendre hommage.
En même temps ce titre, « In the mood for love », ça l’a tellement marqué dans sa jeunesse que transformer en « In the nude for love » ça faisait très punk pour l’époque car ça fait un peu débile…
Cyril : « Nu pour l’amour ».
Vincent : C’est pas « naked », c’est « nude », il y a un côté "tout nu pour l’amour", c’est un pléonasme. En même temps il y a un truc très simple et très évocateur avec peu de mots, et j’adore ça. Je trouve que ça sonne bien avec « Bumcello », parce que dans « Bum » y a un côté sexuel mais qu’on ne voulait pas trop évoquer, c’était pas juste de l’humour, c’était un mot à double sens.


C’est aussi en accord avec la pochette de l’album ?

Cyril : Ouais, très blanc, très nu.

C’est une sobriété qui interpelle...

Vincent : Ca fera plaisir au mec qui l’a conçu c’est ce qu’il désirait. En plus quand tu l’ouvres, au début c’est caché, mais tu découvres le poster qui a été fait par quelqu’un qui nous connaît vraiment bien, qui nous a vu jouer très souvent. Je le connais depuis que je suis né, et Cyril depuis pas mal de temps maintenant. C’est vrai qu’il a pris les photos très vite mais c’est assez fin par rapport à nous.


Vous pouvez nous expliquer d’ailleurs comment a été conçu ce poster ?

Vincent : Alors en fait il y a des photos qui ont à voir avec notre vie familiale...
Cyril : ... nos enfants.
Vincent : Après il y a des photos qui ont à voir avec l’environnement de celui qui les a faites. Mais ces deux environnements se coupent beaucoup dans le sens où ça symbolise un peu Paris pour nous, un Paris super multiculturel, métissé avec un côté simple et direct, ça a à voir avec le masque, toutes les photos ont à voir avec le travestissement : travestissement religieux avec des symboles, travestissement musical par rapport à ce que l’on fait, on passe d’un style à un autre, travestissement des enfants mais aussi des personnes plus adultes avec des perruques. Et puis chaque photo a un rapport avec la fête et un côté un peu effrayant.
En plus il y a un vrai travail artistique. Chaque photo a un détail qui renvoie à la photo d’à côté, par exemple au niveau de la couleur. Il y avait une autre pochette hors commerce et qui devait être celle du disque en vente, mais qu’on n'a pas pu faire pour une histoire d’argent, et où il y avait des morceaux de photos et tu pouvais prendre les yeux que tu voulais, le front que tu voulais, comme les jeux d’enfant où tu peux tout échanger, c’était génial aussi, dommage.


N’est ce pas trop dur de fixer un morceau alors que vous fonctionnez surtout à base d’impro ?

Tous les deux : Ouais, c’est certain.


Alors comment fonctionnez-vous dans ce cas là pour adopter une forme définitive ?

Vincent : On ne fonctionne pas vraiment pareil tous les deux.
Cyril : On teste des choses à la maison, il y a toujours plusieurs versions, quand on rentre en studio on trouve toujours d’autres idées, on les réarrange et à un moment on se fixe. En fait un morceau se développe naturellement pour nous, des fois on laisse aller, on le retravaille quelques semaines plus tard.


Quelle était votre ligne directrice pour cet album ? Vous cherchiez une mélodie ou alors ce n'était qu’à partir d’improvisation ?

Vincent : Il y a les deux.
Cyril : On a réécouté des concerts enregistrés sur MD, on a pris des idées des concerts.
Vincent : Je pense que dans les années à venir ça pourrait aller plus loin dans ce rapport avec les concerts, dans l’éphémère, dans ce que l’on veut fixer ou pas et pourquoi pas utiliser des bouts de direct dans un disque.
Si ça ne tenait qu’à moi, je ne ferais pas spécialement de disques déjà… Enfin on en a besoin pour se faire connaître, ça reste un support, mais ce n’est pas comme un livre…
Cyril : ... on s’en sert comme carte de visite, comme c’est distribué dans pas mal de pays...
Vincent : Et puis ça permet aux gens de se faire plaisir en écoutant certaines choses. C’était ça les disques à la base et après c’est devenu plus pro. Les concerts c’est souvent juste pour faire vendre les disques…
Pour moi le principal ce sont les concerts, c’est là où j’ai ma « vraie fonction », où j’ai l’impression de servir quelque chose, le studio j’adore mais... Par exemple un cuisinier, il est cuisinier dans son restaurant, c’est ça son métier mais il n’y a pas de variantes, son métier c’est ce qu’il sert à table. Moi ce que je donne à table aux gens c’est ce que je joue sur scène, plus que le disque, et finalement le disque je ne peux pas concevoir que ce soit ça ma vocation première, même si c’est un truc que j’adore. J’ai pas mal de disques que j’adore à la maison, mais ça ne remplace pas que j’ai eu l’occasion de voir tel artiste faire un bon concert. Par exemple tu vois Blackalicious en concert, ils sont vraiment très très forts.



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