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Tu as pas mal d'invités sur l'album, on retrouve quelques voix féminines notamment celle de Nathalie Loiseau, c'est ta sœur ?

Kwal : Ouais c'est ma sœur, Nathalie, elle a longtemps fait de la chorale, elle chante depuis qu'elle est petite. Sinon dans les invités il y a Ishak, qui est musicien sur scène, et qui a fait un morceau de sitar sur l'album et sur scène, avec les deux autres musiciens classiques traditionnels indiens de Jaïpur qui sont ses deux frères. Ils font de la musique depuis qu'ils ont deux ans, et le contact est vachement enrichissant avec eux.


Comment s'est faite la rencontre ?

Kwal : Ishak habite sur Angers depuis quelques années, et il fait aussi des musiques traditionnelles en solo, il a un très bon niveau de sitar. Il a sorti un album, son histoire à lui elle évolue aussi, donc on est très liés par le spectacle et par le fait que je l'ai rencontré un petit bout de temps avant. Il y a une copine qui est venue faire quelques notes de guitare, il y a aussi une autre copine qui est kabyle, qui a une super voix, c'est la sœur des deux chanteuses de Lodjo, qui est un groupe phare sur Angers, qui fait un style très particulier et c'est vraiment magique ; et donc parmi les trois sœurs y'en a deux qui sont dans Lodjo, et Malika qui a une super voix aussi, qui intervient sur le disque avec son copain qui fait un refrain. Elle a fait pas mal de voix, en particulier dans "L'écorcé vif". Moi j'ai beaucoup apprécié de bosser avec des gens comme ça, travailler personnellement à un moment puis capter plein d'autres points de vue et d'autres idées d'autres gens. J'adore bosser comme ça. Depuis on a rebossé avec d'autres musiciens, en particulier un chanteur indien qui est un mec qui a une voix incroyable, il est venu poser des voix sur des morceaux qui sortiront plus tard ; le deuxième album je lui donnerai vraiment cette direction là : une cohérence musicale où je serai à la base du truc, mais il y aura l'intervention de plein de musiciens, des musiciens palestiniens, des musiciens indiens, africains, comme on part un mois au Mali, des musiciens touaregs. J'essaie d'aller dans cette direction là, de prendre des éléments de musique et de mettre un maximum d'instruments traditionnels ou de voix, ou de tchatche même, parce qu'en Afrique il y a un rap super intéressant. J'essaie de faire de la musique à la fois personnelle et métissée, avec vachement de rencontres, peut-être plus que ce que j'aurai pu faire dans un groupe. Pour la partie spectacle maintenant, il y a vraiment mon univers, mais aussi un gros travail d'équipe avec tous les gens du spectacle, dans lequel chacun à sa place : avec les deux autres chanteurs, on forme vraiment une unité, c'est pas un one-man show, pas du tout. Je suis un personnage parmi d'autres. C'est super fort de bosser comme ça, c'est un travail qui est vraiment hyper cool, de sentir que les gens s'impliquent et qu'on fait une histoire tous ensemble.


Il y a deux excellents morceaux instrumentaux à la fin de ton disque, c'est une voie que tu approfondiras dans l'avenir ?

Kwal : Au début je voulais en mettre pas mal, mais maintenant j'ai envie de mettre de la tchatche, y'a plein de trucs que j'ai envie de dire, mais je pense qu'il y aura des morceaux instrumentaux, parce que je pense qu'il y a des moments où la musique se suffit à elle-même. Je ne sais pas encore combien il y en aura, mais la démarche du titre instrumental ça m'intéresse beaucoup, pour créer l'atmosphère. Si il se passe quelque chose avec des musiciens touaregs ou des musiciens africains, c'est possible qu'on fasse des morceaux instrumentaux, enfin je ne sais pas ça se fera comme ça, ça va évoluer.


Tu pars au Mali pendant ce mois de décembre et jusqu'à début janvier, peux-tu nous en parler ? Pourquoi le Mali ?

Kwal : En fait ça fait un moment que je suis très branché pour partir, pour partir jouer ailleurs, et j'ai eu la chance de rencontrer Christian qui me manage maintenant, et qui lui était déjà très au courant de ce qui se faisait entre Angers et l'Afrique, et c'est comme ça que les choses ont été possibles. C'est vraiment notre rencontre qui a fait ça, on s'est rencontré autour de l'Afrique, du voyage et tout ça. Et comme Angers a une grosse tradition de jumelage avec Bamako, et comme les Lodjo ont monté il y a trois ans l'opération du Festival du Désert qui est un truc unique au monde, un gros festival en plein milieu du désert, on a eu des connexions avec ces gens-là. On jouera à Bamako au Festival du Théâtre des Réalités, ça ce sera milieu et fin décembre, et après on partira dans le désert pour jouer au Festival du Désert ; cette année il y a Robert Pant, plein de musiciens qui viennent de toute l'Afrique et même d'ailleurs... Par exemple Black Fire, un groupe d'Indiens Navajos qui vient d'Arizona. Ca va être un truc multiculturel et ça risque d'être super. Pour nous c'est un truc tellement important, faire des trucs comme ça et avoir la chance de faire ça en étant conscients que c'est une chance c'est super. On espère rencontrer des musiciens à Bamako, puis des Touaregs dans le désert, parce que c'est une culture qui à mon avis mérite d'être chantée, d'être mise en musique, parce que ça fait partie des cultures menacées ; sans dire qu'on y fera quoi que ce soit, qu'on y changera quoi que ce soit, ce sera une opportunité de rencontrer des gens qui peut-être dans vingt ou trente ans seront obligés de bouleverser complètement leur mode de vie. C'est vraiment une pure chance, je le répète. Et il y a toute une jeunesse en Afrique qui est branchée hip-hop, un hip-hop vachement coloré et de ce que j'ai entendu des textes, des groupes vachement mûris, bien réfléchis, il y a des choses très intéressantes qui se font en hip-hop là-bas et il faut vraiment qu'on essaie de rencontrer ces gens-là.


Et au retour d'Afrique ? Une tournée ?

Kwal : En janvier et février. Après on fera une pause au mois de mars-avril, pour rebosser le spectacle sur scène, incorporer de nouveaux éléments, tout retravailler, et repartir pour mai-juin et le tourner tout le temps qu'on pourra le faire, au maximum, fin 2003 et en 2004, tout en préparant en parallèle un nouvel album qui sera dans la continuité de "Règlement de contes", et dont certains morceaux sont déjà dans le spectacle. Il y a deux ou trois inédits qui seront sur le prochain, qui sera aussi j'espère le fruit des rencontres qu'on aura pu faire au Mali ou ailleurs.


propos recueillis par PJ, JB, et Adis à Rennes le 06.12.2002
mise en ligne : 01.01.2003




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