On retrouve La Caution sur mixtape au sein de L'armée des
12 (avec TTC) et vous faites partie des Cautionneurs. Est-ce que tu peux nous
les présenter ?
Nikkfurie : Notre crew originel c'est Les Cautionneurs. En fait La Caution
était à la base composée de 5 personnes, dont deux ont arrété le rap, et 16s64
faisait partie du groupe à part entière. Saphir et Izno étaient plus jeunes.
Par la force des choses on a gardé La Caution à deux, moi et Hi-Tekk, et en
fait on s'est dit que pour regrouper tout ce petit monde on allait créer Les
Cautionneurs. Ca nous tient vraiment à coeur parce que c'est des affinités de
longue date, on a un peu tous grandi ensemble, donc y'a pas de souci de communication.
Après, L'Armée des 12, c'est un truc un peu récréatif on va dire, y'a pas de
limites, c'est une sorte de groupe sans être un groupe. On prévoit pas un album,
chacun a ses projets. Les Cautionneurs c'est un vrai groupe, avec Izno, 16s64,
Saphir le Joallier, et La Caution.
Tu as signé le son d'"Elémentaire" sur le dernier maxi de
TTC, ainsi qu'un son sur le volume 3 de l'Avant-Garde ("La musique, notre lumière").
Tes sons semblent assez prisés.
Nikkfurie : Disons que des gens écoutent notre album et disent "il est
mortel ce son là, j'aimerais bien que tu me fasses un son dans ce délire là"
je leur en ramène un. Mais quand on nous entend rapper dessus, comme y'a une
bonne alchimie t'as l'impression que c'est facile, et t'as plein de gens après
qui voient pas comment rapper sur certains de mes instrus.
Donc sur l'Avant-Garde
j'ai pas fait un truc super expérimental, j'ai fait un truc classique, et que
j'aime aussi, j'aime pas que des trucs expérimentaux. Par contre sur TTC ça
va un peu plus dans tous les sens, ça colle au délire. Sinon je fais plus de
sons pour des mecs qui luttent pour sortir leur maxi, par exemple un mec de
Lyon qui s'appelle Le Lyonnais qui va sortir son maxi sur lequel j'ai fait dernièrement
une prod et un featuring, ou des personnes de Paris qui n'ont encore rien sorti,
que pour des gens déjà connus. Y'a eu la collaboration avec Assassin sur la
compil de King Jaïd ("Sur un air positif", ndlr), sur le morceau
"elle (il) est malade". Sinon j'ai pas fait énormément
de sons. Beaucoup de gens veulent écouter des choses, mais mes priorités c'est
La Caution, ça c'est clair ; j'ai un projet instrumental qui va bientôt sortir,
qui sera barré en couille on va dire, ce sera pas du tout ce que je peux faire
écouter à un rappeur pour lui dire "tiens est-ce que tu veux ça ?" parce qu'il
va péter un plomb (rires). Un peu à la manière de Jay Dee et son projet instrumental
solo. Et déjà rien que ça ça prend beaucoup de temps.
La Caution apparait sur le dernier maxi du groupe belge
Starflam, "Amnésie internationale".
Comment les avez-vous rencontrés et pourquoi cette collaboration ?
Nikkfurie : En fait on les a rencontrés à la base parce qu'ils connaissaient
Assassin, c'est des bons amis à Profecy qui les avaient présentés à Assassin,
et nous on les a croisés sur la tournée d'Assassin. C'est des gens Hip-Hop profondément.
En Belgique c'est le plus grand groupe je crois. Ils sont Hip-Hop grave, ils ont des putains de sons.
On avait des affinités artistiques, ils aimaient
bien ce qu'on faisait, on aimait bien ce qu'ils faisaient, on se croisait de plus en plus par rapport à
la tournée, par Profecy qui est un ami à nous, donc on se voyait à droite à gauche, et un jour ils nous
ont proposé de faire le remix d'un morceau et on a choisi direct "Combattants" parce que le son est
vraiment mortel et le refrain patate, c'est vraiment un morceau qui met la pression. On a appelé le
remix "De soixante-dix à septante" (rires) pour le clin d'oeil par rapport à la façon de parler qu'ils
ont et qu'on a. Le morceau tourne bien, il est sorti qu'en Belgique, c'est encore mieux pour nous c'est
mortel ça va nous faire connaître du public belge. On a fait le festival de Dour avec eux, ils ont eu la
gentillesse de nous inviter c'était mortel on a passé un pur week-end à Liège, on a enregistré le
morceau et on a fait le festival. Starflam ce sont de bons amis.