Vous avez fait un concert à Montreuil le 20 octobre dernier
en souvenir du 17 octobre 61...
Nikkfurie : Le concert à Montreuil s'est très bien passé, c'est une
salle en plus dans laquelle on a fait X concerts ça s'est toujours bien passé,
c'est pas très loin de chez nous, les gens sont là, et c'est une cause qui se
doit d'être soutenue. On a répondu présent on a fait le concert du mieux qu'on
pouvait, comme ce soir on va essayer de faire du mieux qu'on peut. Et j'espère
que ça va faire plus de bruit pour cet événement, même si toute proportion gardée
c'est qu'un concert de rap dans une ville de banlieue, mais bon c'est une petite
pierre à l'édifice, c'est déjà ça.
Dans cette optique militante vous avez posé un titre excellent
sur "Justice en banlieue" la tape du MIB, qui a aussi fait "11'30 contre les
lois racistes". Certains rappeurs sont plutôt proches de cette association.
Nikkfurie : En fait le MIB ça commence sur les quartiers défavorisés,
où les musiques jeunes principales sont le rap, pour les plus anciens le funk,
la soul, etc... C'est un peu réducteur ce que je vous dis mais voilà le rap français
c'est quelque chose d'écouté dans ces quartiers là, et ça parle de choses vécues
par les rappeurs ou leur entourage, et donc c'est obligé que les rappeurs se
sentent concernés par ça.
Ce soir vous êtes aux Transmusicales avec Aesop Rock et Cannibal
Ox notamment. Quelle est l'importance de cette soirée pour vous ?
Nikkfurie : Les Trans c'est un gros festival, c'est une belle opportunité
pour nous, c'est toujours mortel déjà de pouvoir montrer ce que tu vaux sur
scène que ce soit devant 150 personnes ou 1500 personnes. Le fait que le plateau
ce soit nous, Cannibal Ox et Aesop Rock, qui sont des gens dont on apprécie
le travail, ça prouve que y'a une cohérence dans le choix artistique et c'est
plutôt flatteur. On est content de partager la scène avec eux en espérant vraiment
que le public va kiffer et on va tout faire pour.
"on est à contresens de ce que peuvent penser beaucoup de gens dans le rap en France"
Quels sont aujourd'hui les projets de La Caution et de votre
label Kerozen Music ?
Nikkfurie : D'ici peu on espère faire tourner le clip d'"Aquaplanning" qu'on
va essayer de bien placer sur les télés. On a fait un remix rap du morceau "Starlight"
du groupe de house Supermen Lovers, qui est assez étonnant, et dont on joue
une partie ce soir en exclusivité. C'est un concert exclusif pour nous ce soir,
on tente des trucs (rires). Mais c'est aussi le challenge on se dit "pourquoi
pas le faire ?", ça nous apporte quelque chose de tenter ça, peut-être plus
d'adrénaline pour pouvoir faire ça encore mieux. Sinon on va ressortir l'album
"Asphalte Hurlante" en édition deluxe, avec 4 autres morceaux et les instrus
de l'album, en double CD. Beaucoup de gens voulaient les instrus. James Delleck
va sortir son maxi aussi chez Kerozen. Donc voilà on a du pain sur la planche !
Enfin, en quoi selon toi l'expression "à contresens" peut-elle
qualifier La Caution ?
Nikkfurie : Quelque part on est à contresens de ce que peuvent penser
beaucoup de gens dans le rap en France, pas dans le sens qu'on ait des sons
expérimentaux mais plus dans le sens que nous on n'excuse pas la forme par le
fond. T'as des rappeurs dont la forme est naze mais c'est excusé parce que c'est
un texte conscient etc... Par rapport à ça nous on est totalement à contresens.
Si t'es mauvais, t'es mauvais. Si t'as des belles pensées revendicatives etc,
tant mieux, mais faut savoir rapper, faut arriver à bien le faire.
propos recueillis par PJ et JB à Rennes le 01.12.2001
mise en ligne : 01.01.2002