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Votre rap est militant... la rencontre des membres du groupe, ainsi que la décision de faire du rap se sont-elles faites par amour pour le hip-hop ou plutôt dans l'optique d'une démarche "militante" ?

Seg : Les deux ; mais sans s'être concertés avant. Nous sommes issus de la même école : celle où on prenait la parole pour dire quelque chose d'intéressant et essayer de faire avancer la réflexion.


Un titre comme "J'étais là" sur votre premier album semble avoir une portée très large : la manif que vous racontez pourrait se passer aussi bien en mai 68 qu'aujourd'hui, et dans n'importe quel pays ou presque. L'histoire racontée est-elle celle d'une manif vécue par AKRO ?

Seg : C'est le récit d'une manifestation d'étudiants à Liège il y a quelques années qui à tourné au vinaigre suite à la charge démesurée de policiers liégeois. Tous les journaux nationaux ont dénoncé cette violence gratuite et injustifée et ont d'ailleurs comparé ces évènements à mai 68.


Sur le premier album, on retrouvait aussi "Ce plat pays", titre très explicite et critique sur la politique belge et globalement la Belgique : quel écho avez-vous eu dans votre pays sur ce morceau ?

Seg : Sans que l'on s'y attende, c'est le morceau que les radios ont commencé à jouer et nous avons été surpris de l'engouement qu'il a suscité (plusieurs mois dans les charts et playlists des plus grosses radios tant francophones que néerlandophones du pays). Il faut dire que c'était après une très longue période noire et ce morceau a sans doute répondu à un besoin de déchaînement collectif.


Justement, dans "Ce plat pays", tu fais référence à une histoire de meurtre dans le 2ème couplet : quelle est cette affaire ?

Seg : C'est l'assassinat d'un homme politique Liégeois (André Cools - PS) sur lequel plane énormément de flou. D'autres hommes politiques seraient impliqués mais depuis des années la justice piétine (volontairement ?). Il aurait été sur le point de révéler des histoires de financement occulte et de contrat arrangé (l'affaire des hélicoptères Agusta, firme italienne qui voulait conclure un marché avec l'armée belge pour l'achat de nouveaux appareils malgré de nombreuses remarques et notes négatives sur les modèles proposés...).


Tu dis : "les élans séparatistes sont à la une plus que jamais / un mur tombe et dans l'ombre c'est un autre que l'on batit / et c'est toujours le peuple qui en patit". Quelle est votre position sur les mouvements séparatistes ? Ont-ils une part importante dans la population ? Qu'entends-tu quand tu parles d'un "autre mur" ?


SEG : Un autre mur de la honte, mais invisible celui là. Après la chute du mur de Berlin, on constate chez nous un regain des élans séparatistes. Au nord, des flamands radicaux voulant leur indépendance et Bruxelles comme capitale, au sud des francophones endurcis qui veulent le rattachement à la France (si, si...) et au milieu, Bruxelles qui essaie de concilier les deux...


Balo Quel est le succès rencontré par Starflam dans les régions non francophones du pays ?

Seg : Il est aussi important voire des fois plus important que du côté francophone. C'est surprenant et c'est en contradiction totale avec les idées séparatistes (politiques) dont on parlait plus tôt ; cela prouve que la musique n'a pas de frontière.


Peux-tu nous parler de la monarchie en Belgique ? Y'a-t-il un courant anti-monarchique dans votre pays ?

Seg : Oui, il existe différentes tendances, des plus radicales aux plus folkloriques. Chacun choisit son camp. Mais c'est un gros sujet sur lequel il y aurait beaucoup à dire...


Balo dit dans le premier album : "Pourquoi ça fait 15 ans qu'on attend nos papiers pour être belges ? (...) Et ils vont nous l'accorder quand ? jamais ?!" ; a-t-il finalement obtenu la nationalité belge ?

Seg : Oui, au prix de nombreuses démarches et appels. Il a du faire face comme tous les candidats réfugiés à plusieurs disfonctionnements organisés et a du prouver qu'il avait droit à la citoyenneté belge après plus de 15 ans passés sur le territoire.


Quel rapport entretient la Belgique avec le Congo ex-Zaïre ?

Seg : Le même que la France ou encore la Grande-Bretagne avec ses anciennes colonies : une indifférence quant aux réels besoins sur place et l'envie de relancer les échanges entre les deux pays mais à quel prix ?


Retrouve-t-on en Belgique comme en France des histoires de double peine, de charters ?

Seg : Il y a toutes les semaines de nombreuses expulsions et des cas répétés de maltraitance sur des demandeurs d'asile.


Et y'a-t-il des associations qui militent contre ça dans votre pays, à l'image du MIB en France ?

Seg : Oui, de tous les côtés du pays, il reste des associations militantes qui troublent l'organisation des tentatives d'expulsion et qui essaient sans cesse d'alerter l'opinion publique sur la condition des demandeurs d'asile dans les centres fermés. Une des associations les plus médiatisée est "le collectif contre les expulsions" qui génère autour de lui d'autres associations qui militent à divers niveaux comme par exemple la gratuité des transports en commun pour les chômeurs ou la recherche d'une autre mondialisation.



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