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Que pensez-vous du courant anti-mondialisation, qui à Gênes par exemple a rassemblé énormément de monde et partait d'ailleurs d'un mouvement de solidarité envers des sans-papiers italiens ?

Seg : Nous sommes contents de voir qu'il y a toujours du monde pour descendre dans la rue et crier son désaccord de manière solidaire. Notre combat est différent mais complémentaire. Maintenant, savoir si la révolte gagne du terrain ou pas, l'avenir nous le dira. Ce qui nous plait moins par contre c'est cette violence grandissante dans les manifs. A Bruxelles, lors du sommet de Laeken le 14/12, la manif a été savamment organisée par la police pour finir en traquenard. Après avoir détruit deux banques, plusieurs centaines d'anarchistes membres des black blocks se sont retrouvés confrontés aux forces de l'ordre. Bilan de la manif : médias focalisés sur 300 casseurs au lieu des 25.000 manifestants qui avaient quelque chose d'autre à faire passer...


Le titre qui avait énormément marqué les esprits sur le premier album était le freestyle très collectif "Mic smokin'", où l'on retrouvait entre autres Kabal et Assassin. Depuis on retrouve Starflam aux côtés d'artistes Assassin Productions ou "affiliés", comme Pyroman ou Profecy. Comment se sont faites les différentes rencontres ? Qu'est-ce qui vous plait chez Assassin ?

Seg : Les connexions ont débuté en 1993 quand nous leur avons envoyé un exemplaire de la compilation "Fidèles aux vinyl" sur laquelle plusieurs membres du groupe actuel étaient présents. Ils nous ont répondu, encouragé et nous avons continué à entretenir une correspondance régulière. Nous avons ensuite participé à l'organisation de leur concert à Liège et de fil en aiguille, de démos en coups de fil, on a organisé l'enregistrement du morceau "Mic smokin'" pour notre premier album auquel ils ont répondu présent. Squat (leader d'Assassin, ndlr) avait pris Kabal avec lui et le courant est directement passé. Ensuite, c'est clair qu'il y a des affinités au niveau engagement textuel et que cela reste un des 5 groupes qui nous a motivé à faire du rap quand on était plus jeunes.


Vous avez invité La Caution sur le maxi "Amnésie internationale" pour un remix explosif de "Combattants". Que retenez-vous de cette collaboration ?

Seg : Nous connaissons La Caution via Assassin depuis quelques temps et avions tous les deux envie de faire un morceau ensemble. Ils amènent quelque chose de différent dans l'univers rapologique français et ça fait parfois du bien.

Pavé

Vous avez fait la première partie du plus gros concert d'Assassin, à l'Olympia à Paris en juin 2001. Comment avez-vous senti le public français ?

Seg : Nous avons fait une dizaine de dates avec Assassin en France et en Suisse et le passage a l'Olympia restera un excellent souvenir pour nous comme toutes les autres dates où le public, à chaque fois, à été extraordinaire.


Quels groupes de rap francophones appréciez-vous à l'heure actuelle, en Belgique et en France ?

Seg : C'est assez varié, outre Assassin, la Caution etc..., on kiffe Lunatic, Ideal J, Rocca, FF, Sages Po, La Rumeur, Les spécialistes, etc... y en a quand même quelques uns qui font encore du vrai hip-hop...
Côté belge on est down avec De Puta Madre, Rival, FRJ, P50, La Tria et tous les groupes avec qui on est régulièrement en contact.


Qu'est-ce que tu penses de la tendance actuelle qui est, chez certaines personnes, de déclarer que le rap conscient est mort ?

Seg : On ne peut pas tuer l'essence même du rap. Ca fait 20 ans qu'on dit ça. Il y aura toujours des groupes conscients car il y aura toujours des choses à dénoncer, des colères à transcrire sur papier.


Enfin, en quoi selon toi l'expression "à contresens" qualifie-t-elle Starflam ?

Seg : On n'essaie pas de suivre la tendance, au contraire on aime la difficulté, se donner sans cesse de nouveaux challenges.


propos recueillis par PJ le 04.01.2002
mise en ligne : 10.02.2002




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