On a appris dans votre interview sur France Inter que vous aviez loué une maison près de la Roche-sur-Yon durant
un mois et que vous y aviez réellement vécu, tous ensemble, pendant l'enregistrement de l'album...
Djamal : Exactement, on a loué un corps de ferme. La ferme du château du coin.
On s'est dit "on sera loin de Paris, on sera loin de tout le monde",
nos voisins les plus proches c'était des vaches, on s'est dit "au moins on est
tranquilles, elles vont pas nous faire chier". On était tellement tranquilles
je te jure, c'était tellement bien, évidemment de vivre en communauté, de pouvoir
discuter matin midi et soir des morceaux que t'étais en train de faire, de ne
faire que de la musique. De pouvoir jeter ton téléphone portable et d'oublier complètement
qu'il existe, de faire à manger à ton pote, de le voir se lever le matin avec la tête dans le cul...
c'est bête, encore une fois, c'est simple et bête comme le soleil sur la terrasse et
machin et machin, mais ça change tout pour moi, ça changeait tout dans Kabal, ça change
tout dans In Vivo. Pour moi, tu passes d'un truc superficiel à un truc profond, tout
simplement parce que tu vis avec les gens.
Pour finir, en quoi selon toi In Vivo est à contresens ?
Djamal : Je me demande si je fais une liste, ou si j'en trouve un qui vaut le coup (rires).
In Vivo c'est à contresens pour plein de raisons, plein de facteurs, plein de données.
Je vais aller plus loin, je vais dire que c'est plusieurs avenues à contresens, et
qu'In Vivo c'est le carrefour. Le rap est déjà à contresens, le rock,
et la musique indienne. On est tous à contresens, en marche arrière, et on s'est
retrouvé au carrefour, et voilà, on espère que y'a une route qu'on n'avait pas vu avant.
C'est ça (rires).
propos recueillis par JB, PJ et Adis à Rennes le 27.03.2002
mise en ligne : 20.04.2002