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Walk Man 1 : Prairies Saint-Martin



A quelques dizaines de mètres du centre-ville de Rennes existe un « bout de campagne » dans la ville. Une campagne faite de jardins, de chemins non goudronnés et de petites maisons ouvrières. C’est là que L’Arpenteur nous donne rendez-vous : nous nous trouvons seuls avec notre casque, seuls avec la voix d’un homme ou d’une femme, qui nous « ouvre le chemin », non pour une visite touristique à travers ce lieu surprenant, mais pour un voyage vers des souvenirs d’enfance et vers sa propre mémoire, avec pour support cette campagne dans la ville, qui tombe en désuétude et semble se perdre.

C’est notre compagnon-narrateur qui trace la voie, c’est à lui qu’il « appartient d’inventer [notre] parcours », et nous marchons, observons, imaginons « au rythme de [ses] pas » ; pourtant, tout comme nous, il vient aux Prairies Saint-Martin pour la première fois. Car la mémoire n’a pas un lieu unique par essence : la ville - et en l’occurrence les Prairies - est son support mouvant. Support traversé par certains « pour fuir la ville en courant », mais nous, aujourd’hui, « nous avons tout notre temps »…

Alors nous flânons, nous explorons les rues, en quête d’entendre et d’imaginer ce que chaque lieu « raconte » : les souvenirs de notre compagnon d’abord, puis des souvenirs inventés, où nous apparaissons. Car « à visiter ces jardins, on a vraiment l’impression d’y avoir vécu ». Alors nous et le narrateur nous imaginons enfants, nous regardant dans l'eau par-dessus un petit pont ; ou alors, nous contemplons cette surprenante mosaïque de l'oiseau-miroir, encastrée dans une façade, et nous « souvenons » du jour de son inauguration dans le quartier : le regard présent s'invente un passé et une histoire, individuelle ou collective. Et dans notre casque, des sons de l’extérieur parviennent sans que nous sachions s’ils sont présents et naturels ou passés et enregistrés : dans tous les cas, ils sont réels et se superposent parfois, entre le fredonnement de notre acteur, des discussions de passants, les cris lointains d’un homme, des informations à la radio, et, bien-sûr, le bruit de nos pas. Cette sensation de ne pas savoir véritablement ce qui est spectacle et ce qui ne l’est pas est troublante mais féconde : nous sommes partie intégrante du spectacle. Ainsi, les enregistrements (de voix, de bruits) sont comme une invitation, une amorce, un détonateur pour notre imagination propre, pour notre œuvre intérieure, et c’est d’ailleurs sans doute la raison pour laquelle notre agréable compagnon de flânerie nous laisse parfois seul, méditer, regarder, imaginer sans l’aide de ses mots. La voix nous l’a promis d’une phrase intrigante : « la prochaine fois que nous marcherons ensemble, c’est vous qui tracerez le chemin dans votre mémoire ». Car notre expérience et notre parcours sont uniques, tout comme notre vécu et nos souvenirs, et nous nous en souviendrons...

Mais à mesure que nous et notre guide imaginons et nous souvenons, la réalité s’annonce sous forme d’effacement, comme si nous traversions un lieu en voie de disparition : notre mémoire et celle de la ville se confrontent, et la mélancolie des souvenirs souvent joyeux se heurte à la tristesse de ces jardins parfois délaissés et de ces maisons murées. Des autocollants sur toutes les maisons nous interpellent : « bientôt, plus rien, plus personne ». Ce slogan prend tout son sens, et au fur et à mesure, « c’est toutes les images du quartier qui s’effacent »… menacées par la pression de la mairie, qui veut faire de cette campagne habitée un espace vert urbain. Car la ville verticale, bétonnée et gigantesque n’est pas loin : tandis que nous flânons entre deux jardins, notre guide nous arrête subitement. A l’horizon, proches mais semblant lointaines, les tours se dressent. La ville jaillit du sol, comme les souvenirs de notre mémoire.

La marche est agréable, car sa douce tristesse est reposante. Cependant, tandis qu’une intimité naît entre nous et notre guide, la fin approche et notre compagnon s’arrête devant un vieux portail vert : « il s’ouvre sur le vide ». Derrière lui, rien. Et pourtant, « c’est ici que nos chemins vont se séparer ». Le portail grince, mais nous demeurons face à lui, à nous demander ce que la voix peut bien chercher dans ce vide inquiétant. Elle s’éloigne, et nous restons cois, devant une ultime promesse : « je garde votre silence et le bruit de vos pas ». Puis les pas et les sifflements s’éloignent. Nous demeurons seuls face à l’absence, seuls avec notre silence, cette mémoire réelle mais fictive, et le souvenir d’une marche belle mais triste, apaisante mais remplie d’inquiétudes : inquiétudes sur nous-mêmes, inquiétudes sur la ville.



Les Prairies sont-elles un espace que vous fréquentiez ou connaissiez depuis longtemps avant qu’elles deviennent l’espace de votre spectacle ?

Hervé Lelardoux : J’ai le même rapport que beaucoup de Rennais aux prairies Saint-Martin : je connaissais, mais je n’étais jamais allé. J’avais le sentiment que c’était un lieu étonnant, mais je l’ai vraiment découvert quand j’ai démarré le projet. J’avais envie d’une ballade agréable, sans sortir totalement de la ville. Et surtout, c’est un lieu très intéressant quant au rapport entre espace privé et espace public : on est dans un espace public, un lieu de ballade, mais en se promenant, tous les sons de l’espace privé nous arrivent, puisque l’espace privé n’est séparé de l’espace public que par une haie qui n’arrête pas les sons : la vie privée s’expose au public par le son.


Les plans de destruction et de rachat par la mairie de Rennes étaient-ils en cours quand vous vous êtes lancé dans le projet du spectacle ?

Hervé Lelardoux : Non. Quand j’ai commencé à travailler sur le terrain en 2001, j’ai rencontré assez rapidement des gens puisque j’ai fréquenté les prairies pendant longtemps, et j’ai entendu parler de rumeurs. Entre 2002 - date de création du premier spectacle - et 2004, j’ai bien-sûr constaté des changements impressionnants.


Du coup, le parcours a nécessairement une portée autre, puisque ces menaces sont intégrées au texte du spectacle.

Hervé Lelardoux : Je ne pouvais pas passer à côté, parce que je m’appuie sur le réel. La réalité du lieu raconte cela aujourd’hui. Comme je travaille sur la mémoire et sur l’éphémère, j’avais là une illustration directe de mon propos. Dans le premier texte, il y avait déjà des allusions au fait que ce lieu était étrange car à la fois paisible et dévasté, délabré. Ce contraste était réel il y a deux ans, mais maintenant, c’est pire que tout. Je me suis donc posé la question du traitement à apporter à ce problème, sans toutefois bouleverser le projet initial. Je ne pouvais pas transformer totalement le texte ni faire un spectacle manifeste sur cette question. J’avais envie de parler de ces menaces, du désarroi des habitants dont j’ai été témoin, mais je ne voulais pas extrapoler à partir de mon regard finalement extérieur au quartier : j’ai donc pris le parti de quelqu’un qui arrive, et qui voit sur les maisons des autocollants où est inscrit « et bientôt, plus rien, plus personne ». Le personnage que j’ai inventé, celui qui parle, débarque dans ce lieu pour la première fois : il n’est donc pas un guide traditionnel qui montrerait son quartier d’enfance. Je préférais cette idée d’une découverte, faite par deux personnes qui vont dans un lieu pour la première fois, pour voir ce qu’il raconte. Et ce lieu raconte ces menaces, entre autres.


A la fin du parcours, vous donnez un tract de l’association qui s’est montée pour sauver le quartier.

Hervé Lelardoux : Je leur ai proposé car j’avais envie qu’il se passe quelque chose avec eux, et je savais que les spectateurs nous poseraient des questions, et que beaucoup de gens qui découvriraient ce lieu allaient en même temps découvrir le problème. Ces tracts permettent aux spectateurs qui s’y intéressent de se renseigner sur la question.


Et les habitants étaient-ils au courant de ce spectacle qui allait « traverser » leur quartier ?

Hervé Lelardoux : Il y a deux ans, j’avais informé les gens, mais on ne peut pas informer tout le monde. J’avais beaucoup de contacts car j’y ai passé tellement de temps que les gens finissaient par me connaître et par comprendre ce que je faisais ; plus ça allait, plus je les prévenais et les préparais, et bien-sûr je leur demandais si ça ne les dérangeait pas que des gens s’arrêtent toutes les 10 minutes devant leur jardin, etc. Il y a eu tout un temps d’approche. On a joué le spectacle assez longtemps en 2002, il y a eu beaucoup de gens à le faire, et on s’est aperçu que ça se passait très bien. Il y a d'ailleurs des anecdotes très amusantes, d’habitants qui parlaient aux spectateurs et les interpellaient quand ils se trompaient de chemin, etc.


Des habitants ont-ils effectué le parcours ?

Hervé Lelardoux : J’ai incité les habitants à participer. On leur a fait un tarif préférentiel. Je n’ai pas eu toutes les réactions. Il y avait entre autres la personne qui a réalisé la mosaïque de l’oiseau-miroir, et ça me tenait beaucoup à cœur qu’elle participe. Elle l'a fait et elle était emballée. Mon texte intégrait d'ailleurs une défense de cette mosaïque : « j’espère qu’elle résistera aux assauts des bulldozers »...


Un sentiment de nostalgie peut naître à la fois de l’écoute des souvenirs évoqués et du regard porté sur le lieu traversé.

Hervé Lelardoux : Je résiste un peu à ce terme de « nostalgie », que l’on colle assez souvent à mon travail. Pour moi, la nostalgie c’est de dire « c’était mieux avant ». Or, ce n’est pas cela qui m’intéresse. Par contre, la mémoire m’intéresse beaucoup ; mais plus que la mémoire, c’est la capacité à se réinventer une mémoire en permanence, à s’imaginer des choses, à se raconter des histoires. J’ai rencontré un spécialiste de la mémoire à la fac de psychologie de Rennes, et il m’a dit quelque chose qui me correspond parfaitement : un souvenir, ça n’existe pas. Un souvenir ne prend existence qu’au moment où on le convoque, où on l’évoque, où on le nomme. Et un souvenir n’est jamais évoqué de la même manière : sans même parler de la rumeur ou du bouche à oreille, on reformule toujours soi-même ses propres souvenirs. Et il y a une phrase dans Walk Man 1 qui dit : « le plaisir avec les souvenirs, c’est de les réinventer sans cesse ». Je m’intéresse plus à la stimulation du présent qu’à l’évocation du passé. Finalement, la mémoire, c’est du passé qui se re-présente, au sens de devenir présent, et au sens de représentation théâtrale. Les éléments que j’évoque sont de l’ordre de la mémoire propre, car ce spectacle est adressé à chaque spectateur : quand j’écris une phrase - et c’est un travail très particulier -, elle s’adresse à un individu, que je ne connais pas, et qui peut être n’importe qui. Donc je travaille nécessairement sur une mémoire qui, malgré toutes nos différences, nous est commune : l’enfance, les jardins dans l’enfance, etc. Elle nous est donc commune, certes, mais elle est différente pour chacun : je ne veux pas raconter mes propres histoires ni celles de ces jardins, mais je veux permettre à chacun de se raconter ses propres histoires. Et inévitablement, à partir du moment où l’on évoque l’enfance, il y a une certaine mélancolie qui affleure, une douceur liée aussi au rythme de la marche, mais pas forcément de la nostalgie.


La scène finale, face à cette vieille grille qui n’ouvre sur rien et au départ quasi-fantomatique du narrateur, est émouvante et assez dure à vivre.

Hervé Lelardoux : Dans la construction du spectacle, il y a des étapes, liées à une écriture dramaturgique, calculée. Je définirais rapidement ces étapes ainsi. D’abord, on marche dans un espace qu’on ne connaît pas, sur le chemin de halage, où on évoque d’autres chemins, d’autres villes. Petit à petit, apparaissent par bribes des noms et des anecdotes qui appartiennent à la mémoire du narrateur, car ce qu’il y a autour déclenche des souvenirs personnels ; cette étape est assez longue. Ensuite, le narrateur, en traversant et en observant l’espace des Prairies, se met à imaginer des choses qu’il n’a pas vécues, donc à se construire une mémoire fictive. Mais il y a une autre mémoire que le narrateur fabrique, sournoisement : celle du moment qu’il vit avec le spectateur. Il la fabrique à travers des automatismes dans la marche, une chanson fredonnée souvent, des souvenirs rappelés plusieurs fois, etc. En une heure, une rencontre se fait et une histoire commune naît ; à chaque instant, à chaque pas, une mémoire se fabrique. Au final, ce que chaque spectateur a vécu, personne d’autre ne l’a vécu, ne serait-ce que par les gens qu’il a croisés ou les choses qu’il a vues à un moment précis. Et à la fin, le narrateur dit : « la prochaine fois que nous marcherons ensemble, c’est vous qui tracerez le chemin dans votre mémoire », parce que quand il se passe quelque chose de fort entre deux personnes, on peut nourrir des années de souvenirs, en seulement une heure vécue ensemble. Et je me suis dit que le but était atteint quand des gens sont revenus à la fin en nous disant qu’ils avaient vécu le départ du narrateur comme un vrai déchirement. C’est cette richesse de la rencontre qui m’importe, cette intimité née en une heure, entre moi en tant qu’auteur, les deux comédiens en tant qu’interprètes, et chaque spectateur.



Walk Man 2 : parcours immobile



« Pour moi, un spectacle théâtral est composé de multiples matières et éléments, et toute l’œuvre est porteuse de sens au-delà ou indépendamment du texte. Je m’intéresse depuis toujours au son, au mouvement, à la lumière, à des modes de perception qui ne sont pas les modes classiques pour appréhender l’espace : on pourrait dire que je cherche à effectuer une sensibilisation au sensible. Et tout rapport à la ville autre que celui qu’entretient le commun des mortels m’intéresse. J’étais donc très curieux de savoir quelles images mentales ont les aveugles, et comment ils se représentent la ville. »

Dans Walk Man 2, quatre de nos sens sont mis à l'écart, et pour cause : assis sur un fauteuil, dans le noir complet, un casque sur les oreilles, nous sommes guidés par des non-voyants. Nous écoutons la voix de ces aveugles qui entendent la ville et la sentent, à défaut de la voir. Devant cette appréhension sensible totalement étrangère à la nôtre, nous ne pouvons que partiellement comprendre leur mode de perception du monde et en particulier de la ville, comme le rappelle Hervé Lelardoux : « J’étais très tenté d’aller interroger des aveugles parce que j’imaginais qu'ils évoluaient dans la ville comme dans une "architecture sonore". J’ai été un petit peu déçu si j’ose dire, parce que je me suis rendu compte que les aveugles ont finalement un rapport au son identique à notre rapport à la vue : ils sont dans une évidence complète. Avant de commencer le projet, j’ai demandé à Sylvie Ganche, une des aveugles du spectacle, de m’emmener où elle voulait dans Rennes, et de me guider tandis que j’avais les yeux fermés. Moi, j’essayais de coller le son aux images de Rennes que je connaissais ; mais pour elle, ça n’avait aucun sens ; c’était instinctif ; et pour les aveugles, le son est vital, mais le rapport au danger et à l’instant se fait beaucoup plus par le tactile ».

En quatre séquences d'une quinzaine de minutes, trois aveugles ayant tous trois un rapport différent à la cécité et à Rennes parcourent la ville et racontent ce qu'ils ressentent, comment ils appréhendent la ville, et en quelque sorte comment ils la voient. « Sylvie Ganche est une femme d’une trentaine d’années, qui pendant 17 ans voyait de façon de moins en moins nette les formes et les couleurs, ce qui fait qu’elle a des souvenirs très précis et un rapport très étonnant aux couleurs ; à 17 ans, elle a totalement perdu la vue. Elle a vécu à Rennes toute petite. » Dans l'enregistrement, Hervé Lelardoux et elle se trouvent dans le théâtre de l'Arpenteur : le metteur en scène lui donne les indications sur un espace invisible pour elle, dont elle parvient pourtant à percevoir les traits essentiels : « ça l’air assez spacieux, parce que je cherche ma voix »... Puis ils parcourent ensemble la ville à la nuit tombée, et Sylvie Ganche conte ce qu'elle ressent, ce qu'elle imagine d'un espace perçu et vécu par tous - vu par certains, depuis la rue jusqu'à la gare, en passant par le métro. Et les images mentales deviennent matériau de construction de la ville, ou plutôt de sa ville.

« Nasredine Nasli-Bakir est aveugle de naissance, il est prof de musique, il a deux enfants ; à la différence des deux autres, il a un chien. Il vit depuis 1999 à Rennes ». L'homme qui accompagne Nasredine Nasli-Bakir le « suit les yeux fermés » à travers la ville, et c'est cette fois l'aveugle qui indique à l'autre ce qu'il y a autour de lui et l'emmène là où il veut aller : l'aveugle fait voir la ville au voyant. Les anecdotes amusantes se succèdent et nous découvrons les astuces géniales de l'homme pour arpenter la ville à sa manière : pour traverser une place bondée, il suffit de suivre un sac plastique, comprenons de suivre le son qu'il fait pour se frayer le même chemin que la personne qui le porte ; et pour aller à la gare, suivre une valise à roulettes... tout faire pour se mouvoir dans la « ville invisible » qui, elle, nous voit et s'offre à nos sens, quels qu'ils soient : écouter le chant des oiseaux, entendre sa voix résonner, sentir de l'herbe sous son pied... en un mot : vivre la ville.

« Georges Dizien, qui a environ 70 ans, a vu pendant 35 ans : il était chauffeur de bus à Paris, et il a perdu totalement la vue suite à une maladie. Il n’a jamais vu Rennes, et il vit au quotidien à Rennes avec une mémoire visuelle emmagasinée pendant 35 ans : il peut visualiser quasiment tout ; mais quand il est dans une rue de Rennes et qu’il se la représente, il voit une rue de Paris des années 50 ou 60 ». Nous partons donc pour une « visite dans Paris » dans Rennes, décalée dans le temps et dans l'espace... l'idée est lumineuse et appuie une réflexion centrale que l'on peut tirer de toutes les expériences Walk Man : voyant ou non, notre rapport à la ville est profondément marqué par notre vécu et nos représentations mentales. Et la ville n'est pas : seule notre ville existe, consubstantielle à notre mémoire et à notre perception.

Enregistrés au printemps 2002, ces parcours sonores ont une forme elle aussi audacieuse, puisque les textes sont largement improvisés, comme l'explique Hervé Lelardoux : « Je n’ai pas du tout écrit le texte, qui est né de beaucoup de discussions préliminaires de chaque non-voyant avec les comédiens et moi. On a cherché la règle du jeu (le non-voyant joue-t-il à l’aveugle, l’aveugle guide-t-il le non-voyant, les lieux sont-ils connus par les deux, etc.), les lieux qu’on allait traverser, et éventuellement les sujets qu’on allait aborder ou les anecdotes qu’ils allaient évoquer. Après, on se lançait ». Ainsi, le naturel évident de l'expérience lui donne une dimension « réaliste » remarquable, ponctuée d'humour et d'inattendus liés à l'improvisation rendant d'autant plus réussie cette expérience inédite et intrigante, le temps d'un spectacle, qui nous convie en quelque sorte à voir la ville dans le noir...



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