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Walk Man 3 : Petite Rumeur



« La ville se développe, enfle, s'étend. Son cœur se fige, éloigne progressivement ses habitants. La mise en valeur de son patrimoine historique s'accompagne d'une perte d'identité. A coups de flambée de l'immobilier, d'aseptisation sécuritaire, de privatisation de l'espace public, le centre historique se vide de sa matière vivante et devient objet muséal... Vitrine pour les générations futures de ce qu'était la ville avant qu'elle ne s'hypertrophie, se perde, se dilue. »

Tout commence dans un bus, en 2224. Nous sommes douze et nous partons pour un voyage « à destination de Rennes 2004 ». Notre guide nous met en condition et nous donne à chacun un walkman et un casque, grâce auxquels nous resterons en communication avec lui, une fois sortis du bus. Nous sommes place de La République, à la tombée de la nuit, à proximité de la bouche de métro. Voyageurs venus du futur, notre regard sur la ville de 2004 est vierge : « Regardez autour de vous, et laissez vous surprendre. Laissez venir les images. Sous vos yeux, une ville apparaît ». Regarder une ville, « son rythme, ses couleurs, ses espaces, ses lumières », l’arpenter comme un lieu inconnu et fascinant, se « glisser dans [son] mouvement » : faire du gigantisme parfois inquiétant le support d'une œuvre d’art, faire d'un espace traversé souvent rapidement un objet de contemplation esthétique… qu’il va falloir saisir pour comprendre.

Même si, par bribes disséminées dans le texte de notre guide et grâce aux interventions d’une archiviste, nous apprenons certaines choses sur ce que sera la ville en 2224, l’important n’est pas tant ce que la ville va devenir que ce qu’elle est en 2004, la nuit : « la nuit, la ville reprenait son souffle, s’offrait aux regards des flâneurs. Alors ce soir, profitez-en ». En profiter, avant que l’espace public, la rue, les boîtes aux lettres, ou encore les clefs ne disparaissent, avant que le rythme binaire jour/nuit ne s’évanouisse au profit d’une vie 24 heures sur 24, pour une ville à bout de souffle. Profiter de ces images urbaines, de cette image, « une image de la ville qui s’effacera avec le temps »...

Pour la comprendre et la saisir, nous dit notre guide, nous devons expérimenter la ville, et « la ville, côté rue » est un champ d’expérience particulièrement vaste : « vous allez traverser une rue », par « un passage protégé »... La fascination du guide et le faux regard du touriste ébahi sont certes amusants, mais nous nous prenons véritablement au jeu : la ville nous est inconnue... Car dans cette visite guidée, dans un premier temps quasi-pédagogique, nous nous rendons parfois compte que nous ne savons pas voir la ville.

A regarder les façades dissymétriques et la superposition d’architectures d’époques différentes, à imaginer ce « système archaïque de réseau inscrit dans le tracé de la rue » et dans l’« urbanisme souterrain », notre ville nous apparaît comme un palimpseste. Il n’y a qu’à gratter, soulever les couches, et la mémoire de la ville s’offre à notre regard neuf : un boulevard était autrefois canal et le redeviendra... Quant à la mémoire sociale, et même de la lutte sociale, ses strates se superposent à travers des noms de rue évocateurs ou une archive sonore d'une manifestation anti-gouvernementale de 2004... La ville comme palimpseste, mais aussi comme course, comme mouvement perpétuel, avec son rythme effréné (notamment lié à l’automobile) et ses « ruptures » : ses places, son marché.

La ville comme nécropole, enfin : venus de 2224, nous visitons les morts, et - pourquoi pas ? - l’un de nos ancêtres… Et notre guide sait que faire l’histoire de la ville sans faire celle de ses individus serait une grave erreur. Sa fascination pour le bruit des talons des femmes de 2004 est un signe parmi d’autres de cette attirance presque transgressive (son archiviste le rappelle parfois à l’ordre) pour les individus, leur vie, leur histoire, leur mémoire. Il tente alors de nous mettre dans la peau des citadins de 2004 : nos « costumes » en témoignent certes, mais il veut aller plus loin, en nous désignant un immeuble, une cour, une boîte aux lettres comme étant nôtres. Nous passons donc dans la « ville, côté cour », dans « l’envers du décor », dans « la face cachée de la ville ». Comme en 2224, la rue disparaît alors pour nous et nous plongeons dans le gouffre du quartier du Colombier, dans les entrailles de la ville moderne de 2004 : nous découvrons « une autre ville », celle des « premiers pas dans la ville verticale », destinée à s’accroître dans toutes ses dimensions, jusqu'à se perdre.

Mais pour l’heure, c’est la ville endormie de 2004 qui nous intéresse. Tandis que nous arrivons sur un square entre des immeubles, notre guide réclame une archive sonore de la ville ensommeillée, à 3 heures du matin. De visiteurs curieux, nous devenons noctambules, ceux à qui la nuit appartient, ceux qui arpentent la ville même quand elle dort… à la manière de cette femme qui fait « toujours le même rêve : celui d’un homme seul dans la ville, qui arpente les rues indéfiniment ». La ville est comme cette femme qui rêve à ceux qui l’aiment et à ceux qui la vivent. Et notre guide l’aime tellement qu’il en perd la raison : il entend à nouveau le bruit des talons d'une femme et refuse de suivre le parcours prévu. Les explications didactiques et historiques n’ont pas duré longtemps : nous devenons maintenant des acteurs de cette ville de 2004, et nous devons saisir ses rêves, sa vie : nous devons « grimper dans les étages, s’approcher des gens », et si seules les archives sonores nous fournissent des indications, il nous les faut imaginer, « entendre la voix de [nos] ancêtres » pour communiquer avec eux. Mais l’archive ne saurait tout nous dire, jusque dans ces intrigants et hermétiques « espaces privés » : au bout d’un moment, la femme est perdue. La ville est perdue.

Alors nous continuons notre route et découvrons un escalier inconnu, derrière les immeubles et nous menant sur la grande place dallée du Colombier. L’épilogue pointe à l'horizon. Les indications se font plus éparses, évasives, poétiques, à mesure que les douze se dispersent sur la grande place. « Ecoutez résonner le silence de vos pas ». Et avant que le rideau tombe, l’archiviste nous offre les sons des « petites rumeurs » urbaines de 2004, « juste pour écouter » : mettons nous à l’écoute de la ville, marchons dans ses rêves, dans cette nuit qui « absorbe nos pas comme un tapis », avec douceur, avant qu’elle ne se perde…

« Ne bougez pas, écoutez. Dans la rumeur de la ville se cache un silence. C’est celui d’un jeune homme. Il se tient exactement là où vous vous trouvez. Ce jeune homme me fascine. Son silence surtout. Il reste là, immobile. Il écoute les passants, le son de leurs pas, leurs petites rumeurs. Leur voix est une musique qu’il ne comprend pas. Il vient d’arriver, ne parle pas la langue. Dans sa tête se superposent des échos d’une autre ville, lointaine. Des visages lui reviennent. Tendez l’oreille. Entrez dans son silence. Il vous emmènera peut-être un instant avec lui… »



La dimension collective de ce parcours dans le centre-ville la nuit était-elle évidente au début du projet ?

Hervé Lelardoux : Non ; j’avais l’idée d’une trilogie dès le départ, et je voulais trois spectacles individuels. Pour diverses raisons, dans un premier temps, je n’ai pu réaliser que les deux premiers. Puis j’ai commencé à travailler vraiment sur le Walk Man 3, et c’est là que je me suis dit qu’il pouvait être intéressant de revenir à la notion de public, tout en gardant le walkman, qui permet de conserver une écoute individuelle au sein d’un collectif. C’est comme ça que l’idée de groupe est née.


Au sein du groupe apparaissent forcément des comportements intéressants entre les individus, qui entendent la même chose, mais chacun dans son casque.

Hervé Lelardoux : En me lançant dans cette expérience inédite, c’est cela que je voulais découvrir : expérimenter ce qu’est une écoute individuelle à l’intérieur d’un groupe, et voir si le public serait différent d’un public habituel, dans le rapport de chacun aux autres individus et au spectacle. La question du comportement dans le groupe est intéressante car révélatrice des attitudes de chacun au sein d’un groupe, puisqu’il y a forcément un individu qui se met en tête et devient leader du groupe, d’autres qui se fient à l’itinéraire emprunté par les autres, etc. Donc cette expérience renforce mon idée selon laquelle quand on est au sein d’un public, on a d’abord un rapport individuel à l’œuvre. Et le walkman devient alors en quelque sorte un handicap pour provoquer des réactions classiques, notamment pour ce qui est du rire. Mais peut-être cela provoque-t-il d’autres types de réaction, un autre type de communication dans les sourires et les regards échangés. Je pense que c’est très variable d’un groupe à l’autre.


Ce groupe qui participe à un spectacle devient finalement le spectacle lui-même, puisque les passants assistent à des scènes étonnantes, sans compter l’allusion finale à une mise en abyme du spectacle dans le spectacle (l'archiviste nous apprend que se joue, au moment même où nous y arrivons, un spectacle du théâtre de l'Arpenteur sur la place du Colombier).

Hervé Lelardoux : Je savais que ce groupe de douze allait provoquer des regards des autres personnes dans la ville. Déjà, quand je préparais le spectacle seul, mon attitude avec le walkman dans la ville n’était pas une attitude normale : quand on a un walkman, on marche, et il est rare qu’on s’arrête et qu’on regarde autour de soi. De toute façon, la flânerie dans la ville aujourd’hui n’est pas loin d’être suspecte : je fais beaucoup de travail de repérages, d’écriture dans la rue depuis vingt ans, et je sais très bien qu’il faut se mettre dans un abri bus pour avoir l’air normal, et regarder sa montre de temps en temps pour faire croire qu’on attend quelqu’un. Je savais donc que le regard des autres jouerait beaucoup, mais j’avoue que ça a pris plus d’importance que je ne le pensais, surtout dans la façon dont les gens le vivaient à l’intérieur du groupe. Par exemple, certaines personnes ont pu exprimer une gêne, surtout au départ. Mais après, ça devient un jeu, et c’est la source de nombreuses choses. J’avais ainsi conscience dès le début que je mettais le public en scène, et j’avais même imaginé de le faire de manière plus importante : faire tourner le groupe autour d’un poteau, diviser le public en deux groupes pour que chacun se regarde à distance, etc. Mais tout ce qui a pu se passer pendant les spectacles m’a encore plus fait prendre conscience que je mettais véritablement en scène le public. Il y a une anecdote à ce propos : tous les soirs, je traçais sur la place de la République le carré blanc qui marquait le point de départ du spectacle. Des passants me demandaient ce que je faisais, et je répondais que c’était pour un spectacle ; j’ai réalisé que quand les gens me disaient « ah oui d’accord » et continuaient leur chemin, ils avaient compris que j’étais en train de tracer une scène… Et au début du spectacle, je mets le public dans ce carré : c’est une entrée en scène. Et la première phrase que le guide dit au public concerne leurs « costumes de 2004 » qui sont très réussis : ils sont les personnages. Maintenant, concernant cette mise en abyme de l’archive dans l’archive, c’est bien-sûr un clin d’œil : il est possible qu’on assiste à une représentation du spectacle Walk Man 3 en 2224. Mais il y a autre chose : je me suis beaucoup intéressé au rapport au temps dans ce spectacle, qui est très ludique. J’avais l’idée d’une sorte de délire avec le temps, mais qui nous rapproche progressivement du présent, de notre quotidien, parce que c’est ça qui m’intéresse. « Tout autour de vous, derrière chacune de ces fenêtres, à l’heure où je vous parle, des Rennais vivent une soirée ordinaire, malheureusement pour nous ce soir inaccessible » : le guide raconte cela comme quelque chose d’incroyable, parce qu’il voudrait toucher au quotidien, il voudrait aller dans l’espace privé. Et c’est ce qu’il réussit à nous faire faire : progressivement, on se rapproche de nous-mêmes. D’où cette référence au spectacle dans le spectacle : tous les temps convergent vers un point unique, qui est le présent. Et c’est là où la forme et le fond se rejoignent complètement.


Le point de départ, l’espace parcouru et le point d’arrivée se sont-ils imposés dès le départ ?

Hervé Lelardoux : Il y avait une chose évidente : je voulais partir du centre-ville. Et l’espace du départ est le point le plus central de Rennes : j’ai connu l’époque où tout le trafic Bretagne-Paris se faisait par les quais, selon un axe est-ouest. Aujourd’hui, l’axe le plus fréquenté est nord-sud et il est piéton, mais il passe toujours ici. Après, je ne voulais pas aller vers les quartiers anciens, mais vers le sud, vers ces endroits surprenants du centre-ville. Au départ, on voulait faire un parcours en boucle, et je n’avais même pas pensé qu’on pouvait faire autrement. Puis en discutant avec les comédiens, on a totalement renversé cette idée : l’idée d’un parcours interrompu est devenue centrale. C’est un spectacle que j’ai conçu en deux parties. D’abord, un discours sur la ville, sur l’architecture, notamment inspiré du livre Espèces d’espaces de Georges Pérec. Puis je voulais aller vers l’intime et vers le présent ; ma première idée en 2001 pour les Walk Man était d’amener les gens au pied des fenêtres pour écouter ce qu’il se passe à l’intérieur des appartements. Et en travaillant sur ce spectacle, j’ai écrit assez vite la scène de la femme à talons : le son des talons est un des sons les plus percutants quand on enregistre les bruits de la ville. J’aimais beaucoup cette idée du son des talons dans l’archive de 2004, que le guide de 2224 demande à son archiviste d’« isoler », pour le suivre : à travers cette personne isolée dans une foule, on entre de l’autre côté de la façade, dans l’intimité de la ville. J’ai alors été tenté d’aller voir du côté du Colombier, qui à la fois m’attirait et me faisait peur, parce qu’il y a pas mal de fantasmes autour de ce lieu : or, le Colombier est à l’opposé de tous les clichés qu’on lui accole, et j’ai beaucoup aimé l’idée de raconter des choses sensibles et intimes dans un lieu comme celui-là. Et même si on est à cinq minutes du centre-ville, on est dans une autre ville : on traverse de nombreuses étapes de l’architecture de la ville en très peu de temps, on progresse dans le temps et on arrive en 2004. J’ai fouillé le quartier à fond pour trouver un passage qui nous transporterait d’un lieu à un autre, et j’ai finalement découvert cet escalier rouge, qui amène sur la dalle du Colombier par un chemin que peu de gens connaissent. Et c’est là que le spectacle s’inscrit d’une certaine manière dans l’histoire de la ville.


La ville de 2224 est évoquée par de simples bribes disséminées dans le texte, mais suffisamment pour en donner une image noire.

Hervé Lelardoux : Il est rare que je traite d’un thème en particulier dans un spectacle, car j’ai souvent une approche formelle. Là, pour une fois, j’avais une idée précise de ce que j’allais raconter : je voulais évoquer le devenir des villes. C’est un sujet qui m’intéresse beaucoup, j’ai été amené à discuter avec des architectes et des urbanistes, et plus ça va, plus je suis sensible à ces questions. Au départ, j’avais écrit des histoires qui évoquaient précisément la ville du futur. Mais j’ai abandonné l’idée pour plusieurs raisons : d’une part, je tombais dans des clichés de fiction que je ne maîtrise pas bien ; d’autre part, je limitais l’imaginaire du spectateur. J’ai eu alors l’idée non plus d’évoquer le futur, mais d’effacer le présent. Et forcément, ça devient drôle : « vous vous trouvez actuellement sur un trottoir », « devant vous, en très léger contre-bas, une chaussée », etc. J’en suis donc arrivé à évoquer le futur par contraste, par soustraction. Et je pense que je ne me mouille pas trop : si vous me dîtes qu’il est noir, c’est que vous le voyez noir. Même si c’est vrai que c’est un spectacle critique par rapport à la société contemporaine. Quand je parle de disparition de l’espace public, c’est bien parce que je constate qu’aujourd’hui l’espace public est de plus en plus privatisé ; et il y a de nombreux exemples, comme les résidences privées aux Etats-Unis, les vigiles placés devant certains magasins en France, ou encore certaines rues comme la petite rue moyenâgeuse Saint-Georges à Rennes : en plein été, tu ne traverses plus une rue mais des terrasses de restaurant, donc un espace privatisé. Je parle aussi, à la fin du spectacle, de ce jeune homme qui arrive dans la ville, de cet étranger qui parle une autre langue et se retrouve seul face à la ville. Je dis aussi que les centres-villes vont devenir le musée de ce qu’était la ville avant qu’elle ne se perde en immensité, parce que j’ai toujours été critique quant à cette évolution qui tend à mettre sous cloche le passé et à transformer les villes en musée : cette évolution entraîne des dérives caricaturales comme au Mont Saint-Michel ou dans le centre-ville de Paris qui se vide de ses habitants. Et dans les rues d’aujourd’hui, il n’y a plus d’artisans ni de gamins : ce qui faisait la vie de la rue d’autrefois n’existe plus ; et le spectacle dit que la rue aura même totalement disparu en 2224, ce qui peut permettre de faire un jeu de mots sur le titre du spectacle : les « petites rues meurent »… Quant à la manifestation de « la France d’en bas », cela vient du fait que quand je me suis posé la question des sons représentatifs de la ville, l’idée de la manifestation est venue très vite ; et j’ai glissé la phrase « en 2004, c’est dans la rue qu’on descendait pour exprimer collectivement ses opinions », en sous-entendant bien-sûr que cela ne se fait plus en 2224. De nombreuses choses font donc référence à notre société, à la façon dont les villes évoluent, avec un regard critique. Mais finalement, c’est moins une description noire du futur qu’une critique du présent.


Le titre de Walk Man 3 est Petite rumeur. Qu’est-ce que cette « petite rumeur », que l’archiviste évoque sur la dalle du Colombier et que chaque spectateur écoute en même temps que le « jeune homme » du texte ?

Hervé Lelardoux : Pour moi, la rumeur d’une ville est les sons qu’on entend dans la ville ; et ces sons sont forcément provoqués par l’homme. Une rumeur de ville est donc un état d’une présence humaine à un moment donné. La rumeur qu’on entend aujourd’hui n’est pas la même qu’il y a dix ans, et n’est pas la même que dans dix ans : il y a quelque chose d’éphémère dans la rumeur, comme dans la présence humaine au sein de l’histoire d’une ville, car le passage d’un individu dans une ville constitue un tout petit moment de l’histoire de la ville. La rumeur, donc le son, est symbolique de ce rapport éphémère de la vie par rapport à la ville. La « petite » rumeur est la rumeur provoquée par chacun de nous, et qui participe à la rumeur collective, celle de la ville, somme de toutes nos petites rumeurs.


Propos recueillis par ACS-1 et JB le 27 octobre 2004 à Rennes


PJ (photos : JB)
mise en ligne : 11.12.2004




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